L'EI maintient la pression à Kobané

À Kobané, les forces kurdes sont aidées depuis... (PHOTO VADIM GHIRDA, AP)

Agrandir

À Kobané, les forces kurdes sont aidées depuis fin septembre par des raids aériens de la coalition internationale, qui ont commencé plus tôt en Irak.

PHOTO VADIM GHIRDA, AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Crise dans le monde arabe

International

Crise dans le monde arabe

Consultez notre dossier complet sur les soulèvements populaires dans le monde arabe. »

Sur le même thème

Fulya OZERKAN, Serene ASSIR
Agence France-Presse
Mursitpinar et Beyrout

Les djihadistes du groupe État islamique (EI) tiraient au mortier samedi en direction de la frontière turque, au nord de Kobané, la ville syrienne farouchement défendue par les forces kurdes, qui attendent des renforts du Kurdistan irakien.

L'arrivée à Kobané d'un millier de rebelles syriens, annoncée vendredi par Ankara, semble en revanche très incertaine, les dirigeants kurdes syriens ayant affirmé qu'aucun accord en ce sens n'avait été conclu.

Les djihadistes, qui ont lancé le 16 septembre une vaste offensive dans la région de Kobané, sont entrés le 6 octobre dans la troisième ville kurde de Syrie, mais ils n'en contrôlent pour le moment que la moitié.

Ils concentrent depuis plusieurs jours leurs efforts sur le poste-frontière avec la Turquie, située au nord de cette cité devenue le symbole de la résistance à l'EI.

Depuis vendredi soir, les djihadistes tirent des obus de mortier en direction du point de passage, dont ils veulent s'emparer pour couper la ville de la frontière turque.

En réaction, l'armée turque a pris des mesures de sécurité strictes dans le secteur et évacué samedi les collines environnantes, où la presse était déployée, repoussant les médias à plus d'un kilomètre de là.

Moins bien armées et moins nombreuses que les djihadistes, les forces kurdes, qui résistent cependant avec acharnement, doivent enfin recevoir d'ici quelques jours l'aide de peshmergas, des combattants du Kurdistan irakien.

Au nombre de 200 au maximum, selon un porte-parole de cette région autonome, ils devraient transiter par la Turquie, qui a autorisé leur passage. Mais Ankara refuse toutefois de laisser passer des Kurdes d'autres nationalités et d'aider militairement les milices kurdes syriennes qu'elle assimile à des «terroristes» liés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Vingt-deux frappes en Irak

Dans ce contexte, l'annonce par le président turc de l'arrivée de 1300 combattants de l'Armée syrienne libre (ASL) - des opposants au président Bachar al-Assad - en renfort à Kobané a été accueillie fraîchement par les Kurdes syriens.

Ces derniers jugent plus judicieux que les rebelles ouvrent d'autres fronts contre les djihadistes en Syrie, afin de «desserrer l'étau autour de Kobané».

À Kobané, les forces kurdes sont aidées depuis fin septembre par des raids aériens de la coalition internationale, qui ont commencé plus tôt en Irak.

Au total, la coalition menée par les États-Unis a procédé à plus de 600 raids aériens contre l'EI et largué plus de 1700 bombes en Syrie et en Irak, selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient et l'Asie centrale (CENTCOM).

Le CENTCOM a précisé que la coalition avait conduit pas moins de 22 frappes vendredi et samedi en Irak, dont 11 près du barrage de Mossoul (nord), le plus grand du pays, qui avait été repris fin août par les forces kurdes et gouvernementales et dont l'importance stratégique est majeure. En le détruisant, les djihadistes déclencheraient de gigantesques inondations à Mossoul et Bagdad, les villes les plus peuplées d'Irak.

Alors que le président François Hollande affirmait vendredi que Paris allait «accélérer le rythme de ses actions» contre l'EI en Irak, la France a participé à ces opérations de bombardement pour la deuxième journée consécutive, selon le ministère français de la Défense.

Zoumar reprise aux djihadistes

Aidées par le soutien aérien, les forces kurdes irakiennes ont pu reprendre samedi aux djihadistes la ville de Zoumar (60 km au nord-ouest de Mossoul) après des semaines de combats.

«Nous avons pu chasser les combattants (de l'EI) du centre» de la ville et de 11 villages des environs, a déclaré à l'AFP le général peshmerga Karim Atuti.

En dépit des frappes de la coalition, les djihadistes ont pu enregistrer des avancées dans d'autres secteurs de l'Irak ces derniers jours. Dans le nord, ils assiègent ainsi de nouveau le mont Sinjar, où sont prises au piège des centaines de familles yazidies.

Au sud de Bagdad, des combats opposaient samedi les djihadistes aux forces gouvernementales, qui tentent de sécuriser un passage emprunté par des centaines de milliers de pèlerins chiites à l'occasion de la fête annuelle de l'Achoura. Huit soldats ont été tués.

Selon un responsable militaire américain, il faudra plusieurs mois avant que l'armée irakienne soit en mesure de lancer une grande offensive pour reprendre le territoire dont l'EI s'est emparé depuis juin.

Moscou a précisé ne pas avoir donné son accord à l'envoi d'instructeurs russes pour former les troupes irakiennes, comme le lui a proposé le secrétaire d'État américain John Kerry, et a réitéré son refus de partager des informations de ses services de renseignements concernant l'EI.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer