Le père de Reeva Steenkamp veut que Pistorius «paie pour son crime»

«Ça a été très difficile pour moi de... (Photo Reuters)

Agrandir

«Ça a été très difficile pour moi de lui pardonner (...). Il doit payer pour ce qu'il a fait. Il doit payer pour son crime», a insisté Barry Steenkamp, 73 ans, la voix chevrotante, et trop frêle pour se tenir debout à la barre.

Photo Reuters

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

L'affaire Pistorius
L'affaire Pistorius

Accusé du meurtre prémédité de sa petite amie Reeva Steenkamp lors de la nuit de la Saint-Valentin 2013, Oscar «Blade Runner» Pistorius, champion paralympique sud-africain, soutient qu'il a tué sa copine accidentellement, croyant tirer sur un cambrioleur réfugié dans la salle de bain. »

Susan NJANJI
Agence France-Presse
PRETORIA

Le père de Reeva Steenkamp, tuée par Oscar Pistorius en 2013, a témoigné en pleurs mardi devant un tribunal de Pretoria où il a insisté pour que le champion paralympique sud-africain «paie pour son crime» commis, selon lui, après une dispute du couple.

C'est la première fois depuis le début de la procédure judiciaire en 2014 que l'un des deux parents de Reeva prend la parole devant la justice, qui doit désormais fixer la peine d'Oscar Pistorius, reconnu coupable de meurtre.

«Ça a été très difficile pour moi de lui pardonner (...). Il doit payer pour ce qu'il a fait. Il doit payer pour son crime», a insisté Barry Steenkamp, 73 ans, la voix chevrotante, et trop frêle pour se tenir debout à la barre.

Reeva «devait être terriblement effrayée et dans une souffrance atroce» quand elle a reçu les quatre balles tirées par Oscar Pistorius, a estimé Barry Steenkamp, barbe blanche et mains tremblantes. «J'y pense en permanence», a-t-il confié lors de l'audience retransmise en direct à la télévision.

Selon lui, le couple s'est disputé avant le drame dans la nuit de la Saint-Valentin 2013, une version qui contredit celle d'Oscar Pistorius.

Si l'ancien athlète a été reconnu, en appel, coupable de meurtre, ni la préméditation ni l'existence d'une dispute n'ont pu être établies au cours du procès.

Souvent en pleurs pendant son témoignage, Barry Steenkamp, un ancien entraîneur de chevaux, a indiqué qu'il parlerait «sûrement à Oscar, en privé, une fois le moment venu». «J'aimerais lui parler, oui», a-t-il répété. Et Oscar Pistorius, sur le banc des accusés, d'approuver de la tête, en sanglots.

Barry Steenkamp a expliqué combien la mort de sa fille, un top model de 29 ans diplômée en droit, l'avait «anéanti», lui et son épouse June. «Je l'entends pleurer la nuit, je l'entends parler à Reeva», a-t-il raconté.

Inspiration

Dans la nuit du 13 au 14 février 2013, Oscar Pistorius a tué de quatre balles, chez lui à Pretoria, sa petite amie Reeva Steenkamp, qui était enfermée dans les toilettes. Il a toujours affirmé l'avoir prise pour un cambrioleur.

Reconnu coupable en appel de meurtre, il encourt au moins 15 ans de prison. L'audience pour fixer sa peine, au cours de laquelle les deux parties avancent leurs arguments, est programmée jusqu'à vendredi.

Avant le témoignage de Barry Steenkamp, la défense a appelé mardi deux témoins à la barre, qui ont dépeint un homme «brisé» et généreux.

«J'ai eu affaire à un homme brisé et qui exprimait sa peine», a dit le pasteur Marius Nel, un aumônier de prison qui travaille auprès d'enfants défavorisés.

Il a expliqué avoir contacté plusieurs écoles prêtes à travailler avec Oscar Pistorius pour entraîner des enfants. Une idée qui «enthousiasme» l'ancien athlète, a-t-il affirmé.

Une jeune mère islandaise, Ebba Gudmundsdottir, dont l'enfant est né avec une malformation similaire à celle d'Oscar Pistorius,  a expliqué avoir sympathisé avec l'athlète devenu une «inspiration» pour son fils.

Avant le drame, Oscar Pistorius, qui avait été amputé des deux jambes mais courait avec des lames en carbone, avait acquis le statut de vedette internationale en s'alignant avec les valides aux jeux Olympiques de Londres en 2012.

Lundi, un psychologue avait décrit un Oscar Pistorius souffrant de dépression et incapable de témoigner. Il avait conclu qu'il devrait être hospitalisé plutôt que d'être emprisonné.

Ce à quoi l'accusation avait fait remarquer que le condamné, trop affecté pour prendre la parole, avait pourtant «préféré donner sa version» du drame à la chaîne britannique ITV, qui doit diffuser l'interview le 24 juin.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer