Washington veut ramener la Corée du Nord «sur le chemin du dialogue»

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Le secrétaire à la Défense James Mattis et le chef d'État-Major des armées des États-Unis Joseph Dunford.

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Thomas WATKINS, Nicolas REVISE
Agence France-Presse
Washington et New York

Les États-Unis ont promis de renforcer les sanctions économiques contre la Corée du Nord et ses programmes nucléaire et balistique afin de ramener Pyongyang sur «le chemin du dialogue» et non «le mettre à genoux».

Signe de l'urgence pour Washington, le chef du Pentagone James Mattis, le secrétaire d'État Rex Tillerson, le directeur du Renseignement Dan Coats et le plus haut gradé militaire Joseph Dunford, ont tenu deux réunions exceptionnelles à la Maison-Blanche avec les 100 sénateurs du pays et au Capitole avec les élus de la Chambre des représentants.

En outre, Rex Tillerson se rendra à New York vendredi matin pour présider une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée au régime communiste et à ses programmes militaires nucléaire et balistique plusieurs fois condamnés ces dernières années par des résolutions des Nations unies.

«L'approche du président (Donald Trump) consiste à faire pression sur la Corée du Nord en vue d'un démantèlement de ses programmes nucléaire, de missiles balistiques et de prolifération en resserrant les sanctions économiques et en poursuivant la voie diplomatique avec nos alliés et nos partenaires régionaux», ont expliqué MM. Mattis, Tillerson et Coats dans un communiqué au terme de la réunion à la Maison-Blanche.

La Corée du Nord avait été impliquée entre 2003 et 2009 dans des négociations à six avec la Corée du Sud, le Japon, la Russie, les États-Unis et la Chine.

«Augmenter la pression»

Évitant un ton belliciste, les trois dirigeants ont souligné que les États-Unis étaient «engagés avec des membres responsables de la communauté internationale pour augmenter la pression sur la Corée du Nord afin de convaincre le régime (de la nécessité) d'une désescalade et de reprendre le chemin du dialogue»

Ils ont assuré que l'administration Trump, qui avait joué les gros bras ces derniers jours contre Pyongyang, «recherchait la stabilité et la dénucléarisation pacifique de la péninsule coréenne».

«Nous demeurons ouverts à des négociations tournées vers cet objectif. Mais nous restons prêts à nous défendre et défendre nos alliés», ont martelé les ministres, réitérant la position qu'avait déjà adoptée l'administration de Barack Obama à mesure que la Corée du Nord multipliait les tirs de missiles balistiques et les essais nucléaires.

Mais des parlementaires ont accueilli avec scepticisme les réunions convoquées par l'exécutif.

Le sénateur républicain John McCain a confié à l'AFP qu'il n'y avait pas appris «beaucoup» de choses et le représentant démocrate Steve Cohen a trouvé l'exercice si «ennuyeux» qu'il s'est «presque endormi».

Un peu plus tôt, l'amiral Harry Harris, qui commande les forces américaines en Asie-Pacifique, avait réaffirmé que contre «l'impétueux régime nord-coréen» et son dirigeant Kim Jong-Un, «toutes les options (étaient) sur la table».

Apaisement 

Mais dans un signe apparent d'apaisement, le haut gradé a assuré que les États-Unis «voul(aient) ramener Kim Jong-Un à la raison, pas le mettre à genoux».

L'amiral Harris voit d'ailleurs d'un bon oeil les derniers efforts de la Chine, principale alliée de la Corée du Nord, pour tenter de faire baisser les tensions.

Reste que lors d'un déjeuner lundi à la Maison-Blanche avec des ambassadeurs de pays du Conseil de sécurité de l'ONU, Donald Trump a été très clair: il sera le président qui «s'occupera de la Corée du Nord», y compris par une action militaire si la Chine ne parvient pas à contrôler Pyongyang, a rapporté un diplomate.

Washington réfléchit également à la réinscription de la Corée du Nord sur la liste noire des États «soutenant le terrorisme», aux côtés de la Syrie, de l'Iran et du Soudan, a indiqué un responsable, confirmant ce qu'avait évoqué la semaine dernière Rex Tillerson.

Côté militaire, le bouclier antimissiles THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), dont l'installation a commencé en Corée du Sud, sera opérationnel dans les «prochains jours», selon l'amiral Harris. Washington envisage aussi d'installer de nouveaux missiles d'interception à Hawaï, l'un des territoires des États-Unis potentiellement à portée de missiles nord-coréens.

Enfin, l'amiral Harris a assumé devant des parlementaires sa «responsabilité» pour la «confusion» provoquée par l'annonce le 8 avril de l'envoi du porte-avions Carl Vinson et de ses navires depuis l'Asie du Sud-Est vers la péninsule coréenne. Cette «armada», vantée par Donald Trump, avait fait route dans l'autre sens, vers l'Australie, pour des manoeuvres avec la marine locale.

Le porte-avions et son escorte ont fini par mettre le cap vers la péninsule coréenne, a assuré l'amiral.




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