Pyongyang affirme pouvoir produire des ogives nucléaires

Un véhicule militaire transporte ce qui pourrait être... (PHOTO PEDRO UGARTE, ARCHIVES AFP)

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Un véhicule militaire transporte ce qui pourrait être un missile balistique de type Taepodong, lors d'un défilé militaire à Pyongyang, en avril 2012.

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La menace nord-coréenne

International

La menace nord-coréenne

Depuis plusieurs semaines, la Corée du Nord de Kim Jong-un multiplie les menaces à l'endroit de Séoul et Washington. Si pour plusieurs la stratégie belliqueuse de Pyongyang vise en premier lieu à attirer Washington à la table de négociations, pour certains le discours guerrier du jeune dirigeant nord-coréen, qui brandit notamment la menace nucléaire, inquiète. »

Park Chan-kyong
Agence France-Presse
SÉOUL, Corée du Sud

La Corée du Nord a accentué sa menace nucléaire en affirmant mercredi être capable de lancer des têtes atomiques miniaturisées à partir de fusées longue portée de haute précision, une mise en garde visant clairement les États-Unis.

À Washington, la Maison-Blanche a cependant rétorqué ne pas croire que la Corée du Nord soit en mesure de miniaturiser l'arme atomique comme l'a prétendu Pyongyang. «Nous ne pensons pas qu'ils en soient capables», a déclaré un porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la présidence américaine.

Pyongyang a en outre qualifié d'«imprudentes» des remarques formulées par le Secrétaire d'État américain John Kerry à Séoul cette semaine, et annulé au dernier moment son invitation au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, à se rendre sur le complexe industriel intercoréen de Kaesong, situé sur son territoire.

«Cela fait longtemps que nous avons commencé à miniaturiser (les charges nucléaires, NDLR) et à diversifier nos capacités en termes de frappes nucléaires», a affirmé la Commission nord-coréenne de défense nationale (CDN) dans un communiqué rendu public par l'agence officielle KCNA.

«Nous sommes également parvenus au point où le degré de précision le plus élevé est garanti, pas seulement pour les missiles de courte et moyenne portée, mais également pour les missiles de longue portée», selon ce même communiqué. «Nous ne cachons pas cet état de fait».

La CDN, plus haute instance militaire du pays, présidée par le numéro un Kim Jong-un, a également critiqué les États-Unis pour avoir condamné l'annonce il y a deux semaines par Pyongyang d'un tir d'essai réussi d'un missile balistique depuis un sous-marin (MSBS), en violation des résolutions de l'ONU.

«Un coup de bluff»

Experts et dirigeants occidentaux connaissent de longue date l'existence de l'arsenal atomique de Pyongyang, estimé à entre 10 à 16 bombes conçues à partir de plutonium ou d'uranium enrichi, mais trop volumineuses pour être placées dans la tête d'une fusée.

Le régime nord-coréen a déjà procédé à trois essais nucléaires destinés à réduire la taille des charges atomiques. S'il parvenait à mettre des têtes nucléaires sur des missiles et à embarquer ceux-ci sur des sous-marins, la menace qu'il représente serait considérablement accrue.

Les spécialistes restent toutefois réservés.

Pour Cho Han-bum, analyste à l'Institut sud-coréen pour l'unification nationale, le Nord est à court d'argent et ses dernières affirmations sont «difficiles à croire».

«C'est un moyen pour le Nord (...) d'essayer d'attirer l'attention de l'administration américaine qui est trop occupée à résoudre des crises ailleurs», ajoute Euan Graham du Lowy Institute for International Policy à Sydney.

Les experts s'entendent aussi pour dire que l'annonce par Pyongyang du tir d'un missile mer-sol stratégique (MSBS), une opération particulièrement complexe, était sans doute un coup de bluff, le pays n'étant selon toute vraisemblance pas en mesure d'y parvenir avant 2020.

Étendre le programme nucléaire

Mais ce scepticisme est contrebalancé par les craintes croissantes face au renforcement par Pyongyang des deux programmes - balistique et nucléaire.

La Corée du Nord a mené des tests nucléaires en 2006, 2009 et 2013 et son programme de développement des missiles balistiques est très actif.

Lors de sa visite cette semaine à Séoul, le secrétaire d'État John Kerry avait déjà menacé la Corée du Nord de nouvelles sanctions après les révélations sur le sous-marin lanceur de missiles. Ce à quoi la CDN a répondu mercredi : «les États-Unis et leurs amis doivent arrêter de faire du tapage autour de nos efforts pour renforcer nos forces d'autodéfense».

Pyongyang a par ailleurs annulé sans explication, à la dernière minute, une visite exceptionnelle prévue jeudi de Ban Ki-moon, qui se trouve à Séoul. Il devait se rendre dans la zone industrielle de Kaesong, située en Corée du Nord à une dizaine de kilomètres de la frontière. Cela aurait été la première visite d'un secrétaire général des Nations unies depuis plus de 20 ans dans cet État totalement isolé.

M. Ban a répété mercredi qu'il n'y aurait de règlement durable des tensions qu'à condition que Pyongyang se conforme pleinement aux résolutions du Conseil de sécurité. «Je ne ménagerai pas mes efforts pour encourager la RPDC (République populaire démocratique de Corée, le nom officiel du Nord) à oeuvrer avec la communauté internationale pour la paix et de la stabilité sur la péninsule coréenne et au-delà», a-t-il insisté mercredi.

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