Manning reconnu non coupable de collusion avec l'ennemi

Bradley Manning a été reconnu non coupable au chef... (PHOTO MANDEL NGAN, AFP)

Agrandir

Bradley Manning a été reconnu non coupable au chef d'accusation de collusion avec l'ennemi, dans le cadre de la plus grande affaire de fuites de documents classifiés de l'histoire américaine.

PHOTO MANDEL NGAN, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Fuites de WikiLeaks
Fuites de WikiLeaks

Consultez notre dossier sur la publication de 250 000 câbles diplomatiques américains par WikiLeaks. »

Agence France-Presse
FORT MEADE

La justice militaire américaine a reconnu coupable mardi Bradley Manning, la taupe de WikiLeaks, de violation de la loi sur l'espionnage, pour laquelle il encourt une longue peine de prison, mais l'a acquitté de l'accusation de collusion avec l'ennemi.

>>> Commentez la nouvelle sur le blogue de Richard Hêtu.

Selon le verdict lu par la juge Denise Lind, Manning risque plus de 100 ans de prison après avoir été reconnu coupable de 20 des 22 charges dont il était accusé, en particulier sept condamnations pour violations de la loi sur l'espionnage de 1917.

«Soldat Manning, sur l'accusation No 1, la Cour vous déclare non coupable», a déclaré la juge au début d'une lecture de neuf minutes, au cours de laquelle la salle d'audience était plongée dans le silence.

Le jeune soldat risquait la réclusion criminelle à perpétuité s'il avait été reconnu coupable d'avoir aidé l'ennemi, en l'occurrence Al-Qaïda, en transmettant 700 000 documents confidentiels au site qui les a publiés.

Âgé de 25 ans, le frêle soldat vêtu d'un uniforme bleu, de fines lunettes sur le nez, a écouté le verdict au côté de son avocat civil David Coombs.

La juge a ensuite passé en revue chacun des 21 autres chefs d'accusation.

Elle n'a décrété l'accusé innocent que de l'un d'entre eux, pour la «possession non autorisée et la transmission volontaire» de la vidéo sur la bavure d'une attaque aérienne dans un village afghan faisant des dizaines de victimes civiles.

Mais sur la base militaire de Fort Meade, au nord de Washington, où se tient depuis début juin ce procès en cour martiale, la juge militaire a reconnu le jeune homme coupable de plusieurs chefs de violation de la législation sur l'espionnage, de vols d'informations aux forces armées et de transmission illicite de câbles diplomatiques ou encore de mémos secrets sur les détenus de Guantanamo.

Il a également été reconnu coupable de désobéissance au règlement militaire, de fraude informatique, en insérant un logiciel non autorisé dans le système informatique de l'armée, en détournant les mécanismes de sécurité de ce système et en stockant de manière illicite des informations classifiées.

Pour ces 20 charges, Manning encourt jusqu'à 136 ans de prison. Il avait plaidé coupable de dix de ces charges.

Le procès reprendra mercredi à 09H30 pour sa phase finale destinée à fixer la peine qui lui sera finalement infligée. Cette phase pourrait encore durer plusieurs jours.

«Absurde»

Parmi les premiers à réagir, WikiLeaks a estimé sur Twitter que le verdict illustre un «dangereux extrémisme, en matière de sécurité nationale, de l'administration Obama» et parle de «nouveau précédent très grave en matière de divulgation d'informations à la presse».

«Je m'attends à ce que l'affaire fasse l'objet d'un appel», a quant à lui déclaré à l'AFP Julian Assange, qualifiant la condamnation pour espionnage du soldat d'«absurde».

Le fondateur australien de WikiLeaks a jugé que Bradley Manning était «la source journalistique la plus importante que le monde ait jamais eu», et salué son «héroïsme incontestable». «Les révélations présumées de Bradley Manning ont mis en lumière des crimes de guerre, ont déclenché des révolutions et ont suscité des réformes démocratiques», a-t-il encore affirmé, estimant que ses «crimes» n'avaient fait aucune victime, «à l'exception de l'orgueil blessé du gouvernement américain».

«Soulagée que M. Manning soit acquitté de la charge la plus dangereuse», l'Union américaine pour la défense des libertés (ACLU) juge quant à elle que les «fuites à la presse dans l'intérêt du public ne doivent pas être poursuivies en vertu de la loi sur l'espionnage».

«Il s'agit d'un avertissement adressé aux +donneurs d'alerte+ contre lesquels l'administration Obama mène une chasse d'ampleur inédite sans prendre en compte l'intérêt public de leurs révélations», a aussi réagi Reporters sans frontières.

Le soldat a reconnu avoir transmis quelque 700.000 documents militaires et diplomatiques au site WikiLeaks, lorsqu'il était analyste du renseignement en Irak, de novembre 2009 à son arrestation en mai 2010.

Son avocat avait soutenu que Manning, un être fragilisé par ses troubles d'identité sexuelle, n'était pas un traître, comme l'affirmait l'accusation, mais quelqu'un de «jeune, naïf et bien intentionné», qui a été choqué par ce qu'il a vu en Irak.

L'accusation l'avait au contraire dépeint comme un être égoïste et téméraire, qui savait bien qu'en transmettant des documents à WikiLeaks, ils seraient consultés par les ennemis des États-Unis.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1607523:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer