Washington double son aide militaire «défensive» à l'opposition syrienne

Le secrétaire d'État américain John Kerry a annoncé... (PHOTO OZAN KOSE, AFP)

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Le secrétaire d'État américain John Kerry a annoncé samedi, à Istanbul, le doublement de l'aide américaine «non-létale» à la rébellion syrienne qui combat le régime de Damas.

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Nicolas REVISE
Agence France-Presse
Istanbul

Les États-Unis ont franchi samedi un nouveau pas dans leur soutien aux rebelles syriens en annonçant à Istanbul le doublement de leur assistance directe et la livraison d'équipements militaires défensifs, mais toujours pas les armes qu'ils réclament avec insistance.

Au terme d'une réunion de plus de six heures du groupe des onze pays Amis de la Syrie, le secrétaire d'État américain John Kerry a précisé que le montant de cette aide aux opposants au président Bachar al-Assad atteindrait désormais 250 millions de dollars.

«Nous sommes aujourd'hui à un moment critique et c'est ce qui nous a amenés ici», a justifié M. Kerry devant la presse. «Les enjeux en cause en Syrie ne peuvent être plus clairs: l'utilisation d'armes chimiques, le massacre de la population par des missiles balistiques et le recours à d'autre armes de destruction massive», a-t-il détaillé.

«Ce conflit déborde maintenant des frontières (de la Syrie) et menace les pays voisins», a insisté le chef de la diplomatie américaine, «le bain de sang doit cesser».

M. Kerry n'a pas détaillé la nature des nouveaux équipements qui seraient distribués aux opposants syriens mais précisés qu'ils iraient «au-delà des rations alimentaires militaires et des kits d'aide médicale pour inclure d'autres types d'équipements non-létaux».

Avant la réunion d'Istanbul, les médias américains ont affirmé que cette aide pourrait comprendre des gilets pare-balles, des véhicules ou encore des lunettes de vision nocturne.

Si elle est montée en puissance, l'aide américaine reste toutefois encore loin des exigences de la rébellion, qui plaide depuis plusieurs mois pour la livraison d'armes, seule solution seule elle pour faire pencher la balance militaire et accélérer la chute du régime de Damas.

Juste avant de rencontrer ses ministres des Affaires étrangères, la coalition de l'opposition a pressé les onze pays occidentaux et arabes qui la soutiennent de mener des frappes aériennes ciblées pour détruire les bases de missiles sol-sol Scud utilisés par le régime de Damas.

«Nous n'avons de cesse de dire qu'Assad tire ses missiles sur des zones densément peuplées (...) sans conséquence pour lui. Répondre à ce problème par de l'argent ne le résoudra pas», a souligné devant la presse Yaser Tabbara, le porte-parole du premier ministre intérimaire Ghassan Hitto.

Sans surprise, cette demande n'a pas été entendue.

Engagements

Si le conflit est entré dans sa troisième année et a déjà fait plus de 70 000 morts, les Occidentaux refusent toujours de livrer des armes aux rebelles, inquiets de les voir tomber entre les mains de ses éléments les plus radicaux, comme le front al-Nosra qui vient de faire allégeance à Al-Qaïda.

Pour l'éviter, John Kerry a ainsi précisé que tous les pays Amis de la Syrie, y compris l'Arabie saoudite et le Qatar qui sont soupçonnés de déjà livrer des armes aux rebelles, se sont engagés à fournir toute leur aide au seul commandement militaire officiel de l'opposition, dirigé par Salim Idriss.

Le chef démissionnaire de la Coalition nationale de l'opposition syrienne (CNS), Ahmad Moaz Al-Khatib, a lui tenté de rassurer ses soutiens en répétant son engagement en faveur de la démocratie et en promettant de se débarrasser de ses éléments les plus extrémistes.

«Nous ne voulons plus voir l'Iran impliqué plus longtemps dans ces crimes et je demande au (mouvement islamiste) Hezbollah de retirer ses combattants» de Syrie, a-t-il lancé devant M. Kerry et son homologue turc Ahmet Davutoglu.

«Nous attachons une grande importance à l'intégrité territoriale de la Syrie et à la liberté du peuple syrien», a ajouté M. al-Khatib.

M. Kerry a paru se satisfaire de ces engagements, écrits noir sur blanc dans un document adopté à Istanbul.

«L'un d'eux exprime leur vision (celle de l'opposition) de l'avenir de la Syrie (...) une vision qui rejette le terrorisme, qui rejette l'extrémisme et est déterminée à trouver en priorité une solution politique», a-t-il dit.

À défaut d'armes, les soutiens de l'opposition ont renouvelé samedi leur pression sur le régime de Damas pour qu'il accepte de se mettre à la table des négociations, dans le cadre du schéma de transition adopté à Genève mi-2012.

«Si le régime syrien rejette cette opportunité, nous annoncerons une augmentation de notre assistance» à l'opposition, ont menacé les pays qui la soutiennent dans un document adopté à Istanbul.

«Notre message au peuple syrien est très clair: vous n'êtes pas seul dans ce combat», a résumé l'hôte du sommet, M. Davutoglu, «nous continuerons à accueillir les réfugiés et à aider ceux qui restent en Syrie au travers du Conseil national syrien et de ses branches armées».

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