Visite surprise: les rebelles libyens étonnent John Baird

John Baird à son arrivée à Benghazi.... (Photo Associated Press)

Agrandir

John Baird à son arrivée à Benghazi.

Photo Associated Press

Heather Scoffield
La Presse Canadienne
Benghazi, Libye

Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a affirmé lundi qu'il a été agréablement surpris par le calibre des rebelles libyens, au retour d'un voyage secret visant à les rencontrer.

Le Conseil national de transition se prépare à prendre les rênes du pays une fois parti Mouammar Kadhafi, mais personne ne doit croire que ce transfert se fera du jour au lendemain, a fait valoir le ministre Baird. «Nous voulons une Libye forte et prospère, qui vit dans la liberté et dans la paix avec ses voisins», a-t-il affirmé après avoir rencontrer les rebelles.

«Franchement, j'ai été agréablement surpris» quant aux capacités des membres du conseil anti-Kadhafi, a-t-il dit. «J'ai été très impressionné.»

Mais, a-t-il ajouté, «nous ne passerons pas du jour au lendemain de Kadhafi à Thomas Jefferson». Le régime post-Kadhafi «ne sera pas parfait».

Ottawa a récemment joint sa voix à celles de capitales européennes et arabes en reconnaissant le Conseil national de transition en tant que représentant légitime de la Libye.

«J'ai souligné l'appui de leur travail comme représentants légitimes de la population libyenne», a affirmé lundi M. Baird.

En plus de rencontrer les rebelles, le ministre leur a aussi livré une cargaison de matériel médical.

Il s'agissait du premier déplacement important pour M. Baird en tant que chef de la diplomatie canadienne, en excluant son passage-éclair au Sommet du G8 en France, le mois dernier.

Le principal objectif de M. Baird était de constater de ses propres yeux le niveau de préparation des dissidents, afin de savoir s'ils étaient prêts à gouverner advenant un coup d'État.

«C'était important pour moi de venir sur place et d'établir les faits moi-même», a affirmé le ministre à La Presse Canadienne. «Nous agissons avec diligence parce que c'est ce que souhaitent les Canadiens et ce dont le peuple libyen a besoin.»

Des rencontres avec des organisations non gouvernementales ont aussi eu lieu. Le ministre souhaitait discuter de l'efficacité des livraisons d'aide humanitaire canadienne en Libye.

Le voyage du ministre Baird a été gardé secret jusqu'à son départ du sol libyen, pour des raisons de sécurité.

Rejoint par des représentants du Conseil national de transition, John Baird a passé la moitié de la journée dans la ville contrôlée par les rebelles, se déplaçant en cortège. Il a discuté pendant 30 minutes avec le dirigeant du conseil, Mahmoud Jibril, après une rencontre avec des membres de l'organisation.

«J'ai été incroyablement, incroyablement ému par leur courage et leur détermination», a affirmé John Baird à propos des rebelles, qui lui ont raconté les drames vécus sur le front. «C'est une réalisation remarquable.»

En privé, le ministre Baird a transmis à M. Jabril une invitation du premier ministre Stephen Harper l'enjoignant à se rendre au Canada pour y rencontrer des représentants gouvernementaux et des parlementaires.

«Le Canada est très engagé dans le domaine militaire, dans le domaine de l'appui humanitaire, et on sera de bons partenaires pour une transition», a-t-il fait valoir.

Le ministre s'est ensuite entretenu avec son homologue du Conseil national de transition, Ali Isawi, qui a réfuté que ses collègues aient rencontré Mouammar Kadhafi pour négocier un cessez-le-feu.

«Nous n'avons pas de contacts directs avec le régime Kadhafi», a-t-il dit aux journalistes. «Mais nous allons considérer toute solution qui peut mener à la fin de ce bain de sang.»

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer