Violences à Benghazi, l'ONU offre un plan de sortie de crise

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Selon des sources militaires, au moins sept soldats ont été tués mardi soir dans deux attentats suicide à la voiture piégée.

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Agence France-Presse
Benghazi

Au moins sept militaires libyens ont été tués mardi dans deux attentats suicide à la voiture piégée contre l'armée dans la ville de Benghazi le jour même où l'ONU offrait un plan de sortie de crise pour ce pays enfoncé dans le chaos.

Deuxième ville de Libye, Benghazi est l'une des zones les plus instables de ce pays livré aux milices depuis la chute de l'ancien régime et dirigé par deux gouvernements et parlements rivaux.

Benghazi, berceau de la révolte qui a mis fin en 2011 à 40 ans du règne sans partage du colonel Mouammar Kadhafi, est seulement en partie contrôlée par le gouvernement reconnu par la communauté internationale, d'autres secteurs étant aux mains de groupes islamistes armés.

Selon des sources militaires, au moins sept soldats ont été tués mardi soir dans deux attentats suicide à la voiture piégée contre deux points de contrôle de l'armée sur la route de l'aéroport, dans le sud de Benghazi.

Miloud Zaoui, porte-parole du corps des Forces spéciales de l'armée loyale au gouvernement reconnu par la communauté internationale, a indiqué que la première attaque avait été menée dans le secteur de Lithi et la seconde non loin de là dans la zone de Massaken. Un autre responsable des Forces spéciales, Fadl al-Hassi, a précisé que les deux attentats ont été commis par des «kamikazes à bord de deux voitures piégées.»

Ce double attentat, qui n'a pas été revendiqué, est intervenu alors que l'ONU s'efforce de maintenir le dialogue inter-libyen sur les rails, pressant les protagonistes de s'abstenir de toute escalade sur le terrain.

La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini avait elle plaidé lundi pour l'arrêt de toute activité militaire entre les belligérants. «Toute activité militaire doit cesser si on veut un avenir pour la Libye», a-t-elle déclaré, soulignant qu'il «nous faut un processus mené par les Libyens, qu'ils s'unissent, cessent de se battre entre eux et combattent ensemble Daesh» (un acronyme arabe du groupe État islamique), qui profite du chaos ambiant pour s'implanter dans le pays.

Feuille de route

La Mission d'appui des Nations unies en Libye (MANUL) a proposé mardi une feuille de route pour une sortie de crise et averti les parties prenantes au conflit que «le pays ne pouvait attendre davantage pour régler» la crise, ajoutant que «le terrorisme est une réelle menace» si les protagonistes ne parviennent pas à se mettre d'accord, en référence notamment à la montée en puissance des groupes djihadistes en Libye.

La MANUL, qui supervise les négociations en cours entre les autorités rivales libyennes dans la ville marocaine de Skhirat, a soumis ses propositions aux parties en conflit.

Selon un communiqué de l'ONU, la feuille de route porte sur «la formation d'un Conseil présidentiel dirigé par des personnalités indépendantes, un gouvernement d'union nationale et un Parlement représentant tous les Libyens».

«La période transitoire, dont la durée sera fixée par les parties (libyennes), s'achèvera avec la tenue d'élections qui interviendront après l'adoption par referendum d'une Constitution», ajoute-t-on.

Lundi à Bruxelles, le chef de la MANUL, Bernardino Leon a dit espérer poser cette semaine les bases d'un «accord final» concernant notamment la mise en place d'un gouvernement d'union. «Il existe une chance que nous puissions faire des progrès et avoir les premiers noms pour un gouvernement d'unité nationale cette semaine», a-t-il dit.

Vendredi, le gouvernement reconnu par la communauté internationale, installé à Tobrouk, avait annoncé une offensive pour «libérer» Tripoli, contrôlée depuis août par une coalition hétéroclite de milices, Fajr Libya. La délégation des autorités dites de Tripoli a alors menacé de se retirer des négociations  de Skhirat avant de revenir sur sa décision.

«Pour le moment, personne ne repart (en Libye) même si la situation en Libye s'est détériorée ces derniers jours et que cela a évidemment eu impact sur le dialogue», s'est félicité dimanche l'émissaire de l'ONU qui a eu lundi soir des entretiens à Tripoli et Tobrouk avec les autorités rivales et devait rejoindre mardi soir les négociations au Maroc.

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