Syrie: les enquêteurs de l'OIAC n'ont toujours pas eu accès à Douma

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Le siège de l'OIAC à La Haye.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Charlotte VAN OUWERKER, Rim HADDAD
Agence France-Presse
Damas et La Haye

L'équipe de l'Organisation internationale pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) n'avait toujours pas pu entrer lundi dans la ville syrienne de Douma pour y enquêter sur l'attaque au gaz présumée du 7 avril, le régime syrien et la Russie invoquant des «problèmes de sécurité».

La mission de l'OIAC «n'a pas encore été déployée à Douma», a annoncé lundi à La Haye le directeur de l'organisation, Ahmet Uzumcu, lors d'une réunion d'urgence des États membres du conseil exécutif. La Syrie et la Russie ont invoqué des «problèmes de sécurité», a-t-il ajouté.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a nié toute mauvaise volonté, qualifiant les informations faisant état d'une «entrave» aux inspecteurs de l'OIAC de «sans fondement» et soulignant que la Russie était dès le début «pour une enquête impartiale».

La tension internationale ne faiblit pas après les frappes de représailles menées samedi par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni contre des sites militaires du régime de Bachar al-Assad, à la suite de l'attaque chimique présumée du 7 avril dans la ville alors rebelle de Douma, dans la Ghouta, aux portes de Damas.

Travail d'enquête compliqué

Les frappes occidentales, d'une ampleur inédite, sont intervenues malgré la présence en Syrie des enquêteurs de l'OIAC qui ont débuté dimanche leur mission dans le plus grand secret. Ces experts ont pour mandat d'enquêter sur l'utilisation éventuelle d'armes chimiques, mais pas d'en identifier les auteurs.

Leur travail s'annonce compliqué, plus d'une semaine après les faits, dans une zone passée depuis sous le contrôle du régime syrien et de la police militaire russe. Les derniers combattants rebelles de Douma ont quitté samedi la ville en ruines dans le cadre d'un accord de reddition signé le 9 avril, deux jours après l'attaque présumée.

Les États-Unis soupçonnent par ailleurs la Russie d'avoir manipulé le site de Douma pour empêcher la découverte de preuves. «Les Russes pourraient avoir visité le site de l'attaque. Nous craignons qu'ils ne l'aient altéré dans l'intention de contrecarrer les efforts de la mission de l'OIAC pour mener une enquête efficace», a déclaré l'ambassadeur américain auprès de l'organisation, Ken Ward.

«Cela soulève de sérieuses questions sur la capacité de la mission d'enquête de faire son travail», a-t-il ajouté.

Moscou, grand allié de Damas, s'est engagé lundi à «ne pas s'ingérer» dans le travail de la mission de l'OIAC, officiellement invitée par les autorités de Damas.

Le régime syrien nie que des armes chimiques aient été employées dans le drame de Douma, qui a fait au moins 40 morts et des centaines de blessés, selon les secouristes.

«Demander des comptes»

Le Royaume-Uni a quant à lui exhorté l'OIAC à «demander des comptes aux auteurs de l'attaque», sans quoi le monde risquerait «d'autres utilisations barbares d'armes chimiques, en Syrie et ailleurs».

«Le régime syrien a une réputation odieuse d'utiliser des armes chimiques contre son propre peuple», a déclaré l'ambassadeur britannique à La Haye Peter Wilson, appelant les États membres de l'OIAC à prendre leurs «responsabilités».

«Ne pas agir pour demander des comptes aux auteurs ne fera que créer le risque d'autres utilisations barbares d'armes chimiques, en Syrie et ailleurs», a poursuivi M. Wilson.

Dans la capitale syrienne, fief du régime, des milliers de personnes ont envahi lundi la place des Omeyyades, fermée à la circulation pour l'occasion, brandissant drapeaux syriens et portraits du président Assad pour dénoncer les frappes occidentales.

Désormais, la priorité est le démantèlement total du programme chimique syrien, a déclaré l'ambassadeur français à La Haye, Philippe Lalliot.

«Les faits sont là et têtus. Ils résistent aux mensonges les plus grossiers et aux dénégations les plus absurdes», a-t-il lâché, ajoutant qu'il n'y avait plus de doutes: «la Syrie a conservé un programme chimique clandestin depuis 2013».

Cette année-là, après l'attaque au gaz sarin de la Ghouta, qui déjà avait fait plusieurs centaines de morts, le régime de Bachar al-Assad avait fini par rejoindre l'OIAC sous la pression internationale, et pris l'engagement formel de déclarer tous ses stocks et de ne plus jamais utiliser d'armes chimiques.

Par ailleurs, Américains, Français et Britanniques ont présenté à l'ONU un nouveau projet de résolution sur la Syrie. Une première réunion, au niveau des experts des quinze pays membres du Conseil de sécurité, était prévue lundi à partir de 14h30.

«Le but de cette résolution est clair: relancer une action collective pour le Conseil de sécurité sur le dossier chimique, pour protéger la population civile et travailler sur un règlement politique de la crise syrienne», a expliqué l'ambassadeur français à l'ONU, 




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