Syrie: la force anti-EI s'approche de la vieille ville de Raqqa

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de... (REUTERS)

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Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes qui avait lancé en novembre une vaste opération en vue de chasser l'EI de sa «capitale» Raqqa en Syrie, ont pénétré pour la première fois le 6 juin dans cette cité septentrionale conquise par les jihadistes en 2014.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Sara HUSSEIN
Agence France-Presse
Beyrouth

La force arabo-kurde soutenue par les États-Unis est parvenue lundi à s'approcher de la vieille ville de Raqqa, principal fief du groupe État islamique (EI) en Syrie.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes qui avait lancé en novembre une vaste opération en vue de chasser l'EI de sa «capitale» en Syrie, ont pénétré pour la première fois le 6 juin dans la cité septentrionale conquise par les jihadistes en 2014.

Après avoir pris le contrôle de Mechleb, un quartier de l'est, elles se sont emparées dimanche pour la première fois d'un quartier de l'ouest, al-Roumaniya.

Lundi, les combats continuaient sur ces deux fronts ainsi que sur celui du nord.

À l'est, les FDS avançaient rapidement dans le quartier d'Al-Senaa, qui fait la jonction entre Mechleb et la vieille ville, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). «Elles contrôlent à présent 70% d'Al-Senaa», a indiqué à l'AFP son directeur, Rami Abdel Rahmane.

«La vraie bataille»

«Si elles prennent la totalité d'Al-Senaa, cela serait la plus grande avancée dans la bataille de Raqqa car cela les mettrait aux portes du centre, où se situent les positions les plus importantes de l'EI», a-t-il expliqué. «La vraie bataille commencera vraiment lorsque les FDS auront pris Al-Senaa».

Les combats s'annoncent plus rudes dans le centre-ville densément peuplé.

«Plus nous nous en approchons, plus nous allons combattre au milieu d'immeubles», a expliqué dimanche à l'AFP Berkhdan Qamichli, un combattant des FDS. «Les combats vont être plus difficiles que dans les villages, mais nous allons continuer jusqu'à ce que nous contrôlions la totalité de la ville», a-t-il assuré.

Dans l'ouest de la ville, les FDS se battent pour entrer dans le quartier de Hatine, qui jouxte al-Roumaniya, capturé dimanche.

Les FDS ont fait état de «violents combats entre (leurs) combattants et les terroristes» sur les deux fronts, qui ont provoqué la mort de 23 membres de l'EI.

Une source de l'alliance a rapporté à l'AFP que leurs combattants avaient mis au jour des tunnels creusés par les jihadistes dans le quartier de Mechleb.

«Nous avançons avec précaution pour éviter l'énorme quantité de mines disposées par l'EI», a ajouté cette source.

À l'approche de l'ouest de la ville, un correspondant de l'AFP a vu dimanche des motos éventrées et des obus de mortiers tirés par l'EI sur le sol, sans avoir explosé. Les dépouilles de jihadistes présumés gisaient dans les rues désertées.

Les combattants des FDS semblaient nerveux, inquiets de la présence éventuelle de mines posées par l'EI et des drones dont le groupe se sert pour larguer des bombes.

Plus de farine

À l'extérieur de Raqqa, les FDS avançaient dans le nord, un front où les progrès ont été plus lents.

Après plusieurs tentatives, elles ont réussi à prendre le contrôle d'une partie d'une base militaire dite «de la division 17» et d'une usine de sucre adjacente, selon l'OSDH. Ces sites, utilisés par l'EI pour verrouiller l'accès nord de Raqqa, ont été visés par de nombreuses frappes aériennes de la coalition conduite par les États-Unis.

Les FDS ont lancé en octobre leur vaste offensive sur Raqqa, devenue depuis sa prise par l'EI en 2014 le symbole des atrocités des jihadistes en Syrie ainsi qu'une base pour la planification d'attentats sanglants commis à l'étranger.

La ville comptait 300 000 habitants sous le règne de l'EI, dont 80 000 déplacés venus d'autres parties de la Syrie.

Des milliers de personnes ont fui ces derniers mois et l'ONU estime que 160 000 personnes y vivent toujours dans des conditions qui se détériorent de jour en jour.

Les boulangeries sont fermées car il n'y a plus de farine, selon des militants sur place. L'électricité est coupée, et il y a d'importantes pénuries d'eau.

Les civils dans la ville risquent d'être pris au piège par les combats. Selon l'OSDH, plus de 60 civils ont été tués depuis le lancement de l'assaut sur la ville par les FDS, le 6 juin.

Cinq civils sont morts dans la nuit de dimanche à lundi, dans des raids et par des tirs de roquette, selon l'OSDH.




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