Tillerson à Moscou pour une confrontation sur la Syrie

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L'avion transportant Rex Tillerson atterrit à l'aéroport international de Vnoukovo, à Moscou.

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Crise dans le monde arabe

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Crise dans le monde arabe

Consultez notre dossier complet sur les tumultes, conflits et guerres qui ont suivi le «Printemps arabe». »

Dave CLARK, Nicolas REVISE
Agence France-Presse
Moscou et Washington

Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson va rencontrer mercredi à Moscou son homologue russe Sergueï Lavrov pour des discussions qui s'annoncent musclées après les échanges vifs des dernières heures entre les deux puissances concernant l'attaque chimique présumée en Syrie.

Réagissez sur le blogue de Richard Hétu

Arrivé mardi après-midi dans la capitale russe, Rex Tillerson doit rencontrer Sergueï Lavrov en fin de matinée. En revanche, aucune rencontre avec le président Vladimir Poutine n'est pour l'heure prévue.

La toute première visite en Russie d'un haut responsable de la nouvelle administration américaine devait servir à jeter les bases de la «normalisation» des relations entre les deux pays promise par Donald Trump lors de sa campagne électorale.

Mais l'attaque chimique présumée de Khan Cheikhoun et la volte-face du président américain ordonnant le premier bombardement de l'armée syrienne ont rebattu les cartes du conflit syrien. Et provoqué un nouveau regain de tensions aux accents de Guerre froide entre les deux puissances.

À Washington, le secrétaire à la Défense Jim Mattis a estimé mardi qu'il n'y avait «pas de doute» que le régime de Bachar al-Assad était responsable de l'attaque chimique du 4 avril qui a fait 87 morts, dont des dizaines d'enfants, dans la province rebelle d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, a même, dans une déclaration qu'il a vite dû amender face au flot de critiques, estimé que Bachar al-Assad était pire qu'Adolf Hitler.

Auparavant, un haut responsable de l'administration américaine s'exprimant sous couvert de l'anonymat avait accusé Moscou de «semer la confusion» sur le rôle du régime syrien dans l'attaque chimique présumée pour tenter de mettre en cause les rebelles ou les jihadistes de l'organisation État islamique.

Un autre haut responsable américain avait par ailleurs indiqué qu'il fallait poser aux Russes la question de leur éventuelle complicité dans cette attaque.

Rex Tillerson à sa sortie de l'avion.... (AFP) - image 2.0

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Rex Tillerson à sa sortie de l'avion.

AFP

Vote à l'ONU 

Dans le même temps, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont présenté au Conseil de sécurité un nouveau projet de résolution demandant la coopération du régime syrien dans une enquête sur l'attaque chimique.

Le vote est prévu mercredi à 15h00 mais, selon des diplomates, la Russie devrait utiliser son droit de veto. Ce serait alors la neuvième fois que Moscou se servirait de cette prérogative au Conseil de sécurité pour bloquer une action onusienne à l'encontre de son allié syrien.

La semaine dernière le Conseil de sécurité avait examiné trois projets de résolution sans jamais passer au vote.

La Russie, elle, se tient à une ligne claire: il faut regarder du côté des rebelles, l'armée syrienne ne disposant plus d'armes chimiques depuis le démantèlement de son arsenal sous supervision internationale.

Vladimir Poutine s'est également moqué des États-Unis voulant, selon lui, rejouer le scénario des fausses preuves d'armes de destruction massives en Irak en 2003, prélude à l'invasion du pays pour faire chuter Saddam Hussein.

Le maître du Kremlin a ainsi mis en garde contre de possibles «provocations» des rebelles qui utiliseraient des armes chimiques pour mettre ensuite Damas en cause.

Confrontation 

Au-delà de la question de l'attaque chimique présumée de Khan Cheikhoun, M. Tillerson est porteur d'un message de fermeté des pays du G7 qui jugent que l'avenir de la Syrie devait s'écrire sans Bachar al-Assad.

«Est-ce une alliance à long terme qui sert les intérêts russes, ou la Russie ne préférerait-elle pas se réaligner sur les États-Unis et les autres pays occidentaux et du Moyen-Orient qui cherchent à résoudre la crise syrienne?», a lancé M. Tillerson.

Alors que la guerre des mots entre les deux pays retrouve le niveau de tensions des derniers mois de la présidence de Barack Obama, la porte-parole de la diplomatie russe a estimé qu'il ne fallait pas prendre les déclarations du secrétaire d'État comme un «ultimatum», mais simplement comme une «déclaration politique», une manière de «jouer des muscles avant des négociations».

Moscou a détaillé ses attentes et dit espérer des «négociations productives» afin d'arriver à un climat de «coopération constructive» et pas à une «confrontation» avec les États-Unis.

Le conflit en Ukraine, la lutte antiterroriste, l'Afghanistan, le Yémen et la Libye sont également au menu des discussions.

La visite de M. Tillerson précède une rencontre tripartite entre M. Lavrov et les chefs de la diplomatie syrien, Walid Mouallem et iranien, Mohammad Javad Zarif, prévue à la fin de la semaine à Moscou.




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