Attentats en Syrie: 42 morts à Homs, 83 à Al-Bab

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Dans cette image télévisée tirée du réseau Al-Ikhbariya Al-Souriya, des secouristes portent assistance aux personnes blessées lors des attentats contre deux sièges de la Sécurité à Homs en Syrie, le 25 février.

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Crise dans le monde arabe

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Agence France-Presse
BEYROUTH ET GENÈVE

Plusieurs kamikazes se sont fait exploser samedi contre deux sièges de la Sécurité à Homs en Syrie, faisant 42 morts dont le chef du renseignement militaire, dans une attaque audacieuse revendiquée par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda.

Ces attentats interviennent au moment où des négociations laborieuses se tiennent à Genève sous l'égide de l'ONU entre régime et opposition pour tenter de trouver un règlement au conflit en Syrie qui a fait des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés depuis six ans.

Selon les médias officiels, les attaques ont visé le siège du service de la Sûreté de l'État et celui des renseignements militaires, situés respectivement dans les quartiers de Ghouta et de Mahatta dans le centre de Homs, troisième ville du pays sous contrôle du régime.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme a fait état de 42 morts, tandis que le gouverneur de la province centrale de Homs, Talal Barazi, a évoqué un premier bilan de 30 morts et 24 blessés dans les attaques contre des bâtiments généralement bien défendus.

Parmi les morts figurent le chef des Renseignements militaires de Homs, Hassan Daaboul, un proche du président Bachar al-Assad et l'une des personnalités les plus connues des milieux des renseignements syriens.

Selon la télévision d'État, plusieurs kamikazes ont lancé l'attaque. « L'un des kamikazes a spécifiquement visé le général martyr ».

« Ces attaques sont les plus audacieuses perpétrées » depuis l'attentat contre le bâtiment de Sécurité nationale à Damas en juillet 2012, a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Parmi les morts en 2012 figuraient le ministre de la Défense, son adjoint et beau-frère de M. Assad, ainsi que le chef de la cellule qui était responsable de mater la révolte transformée en guerre brutale.

Damas promet des représailles

Le régime de Damas a promis des « représailles » à les attentats perpétrés par l'ancienne branche syrienne d'Al-Qaïda, estimant que cette attaque constituait un « message clair des terroristes » au moment où se tiennent à Genève des pourparlers de paix sous l'égide de l'ONU.

« Les attaques terroristes qui ont visé Homs constituent un message clair à Genève. Le message a été reçu et nous ne laisserons pas passer [ce crime] sans représailles », a déclaré à la presse Bachar al-Jaafari, le chef de la délégation du régime syrien présente à Genève.

Juste avant, l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura avait estimé que les attaques de Homs visaient à faire « dérailler » les négociations de paix.

« Chaque fois que nous avons des pourparlers, il y a toujours quelqu'un qui essaye de faire dérailler le processus. Nous nous y attendions », a déclaré à la presse M. de Mistura, avant de recevoir la délégation du régime.

« L'opération a échoué »

À Homs, les attaquants sont parvenus à s'introduire à l'intérieur du bâtiment des renseignements militaires, selon  M. Abdel Rahmane. « Il y a eu des tirs contre les gardes. Des officiers ont accouru et un premier kamikaze s'est fait exploser. D'autres membres des renseignements se sont précipités et un deuxième puis un troisième kamikaze se sont fait exploser ».

« L'objectif était de s'emparer des quartiers généraux mais l'opération a échoué », a-t-il souligné, ajoutant que « des affrontements se sont déroulés pendant deux heures durant les attaques ».

Dans son communiqué de revendication, Fateh al-Cham a précisé que « cinq kamikazes ont pris d'assaut les sièges de la Sûreté d'État et des renseignements, tuant plus de 40 personnes dont Hassan Daaboul ».

Ce groupe, classé « organisation terroriste » par l'ONU, se faisait appeler auparavant Front al-Nosra. Mais il a changé de nom après avoir renoncé à son rattachement à Al-Qaïda.

Deuxième plus important groupe djihadiste après l'organisation rivale État islamique (EI), Fateh al-Cham était jusqu'au début 2017 le principal allié des rebelles qui cherchent à renverser M. Assad.

Mais en janvier, des combats sanglants opposent les deux camps dans le cadre d'une guerre d'influence notamment à Idleb (nord-ouest), la seule province sous leur contrôle. La rébellion se scinde alors en deux : des groupes insurgés qui rejettent le processus de paix fusionnent avec Fateh al-Cham sous le nom « Tahrir al-Cham », alors que d'autres ouverts aux négociations s'allient avec le groupe salafiste Ahrar al-Cham.

« Message »

Les attentats de Homs interviennent au moment où l'ONU tente à démarrer les négociations à Genève entre régime et opposition, dans le cadre d'un quatrième round après trois tentatives avortées.

Au troisième jour de ce nouveau processus, aucune discussion détaillée ne s'est encore engagée avec l'ONU, et encore moins entre les deux belligérants.

Comme l'EI, Fateh al-Cham est exclu des négociations, mais les attaques des deux groupes illustrent la fragilité de toute « normalisation » dans le pays, où interviennent des acteurs multiples aux agendas différents.

« C'est un message aussi bien au régime qu'à l'opposition et à la communauté internationale que Fateh al-Cham est là et que personne ne peut l'isoler », a expliqué M. Abdel Rahmane.

Plusieurs attentats suicide meurtriers ont frappé la ville de Homs ces dernières années, en majorité revendiqués par l'EI.

La province du même nom a été reprise totalement par le régime en 2014, à l'exception du quartier rebelle Waer, visé samedi par des raids aériens après les attaques suicide, selon l'OSDH.

La guerre, qui a commencé après la répression sanglante de manifestations prodémocratie en mars 2011, a fait plus de 310 000 morts et dévasté le pays. Elle s'est complexifiée avec la montée en puissance de groupes djihadistes et l'implication des puissances régionales et internationales.

83 morts à Al-Bab

Le bilan de l'attentat suicide mené vendredi par le groupe Etat islamique (EI) près de son ex-fief d'Al-Bab, dans le nord de la Syrie, s'est élevé à 83 morts, en majorité des civils, selon un nouveau bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

«Le bilan s'élève maintenant à 83 morts dont 45 civils», a indiqué l'OSDH.

L'EI, qui a revendiqué l'attentat meurtrier, a été chassé jeudi d'Al-Bab, dernière grande ville sous son contrôle dans la province septentrionale d'Alep, par une offensive lancée le 10 décembre par l'armée turque et des combattants rebelles syriens qui lui sont alliés.

Le lendemain, un kamikaze du groupe a fait exploser une voiture piégée contre deux quartiers généraux des rebelles dans la localité de Soussiane, à 8 km d'Al-Bab. De nombreux de civils se trouvaient dans la zone.

Le même jour, deux soldats turcs ont été tués et plusieurs blessés à Al-Bab même, selon Ankara.

Cette ville syrienne située à 25 km au sud de la frontière avec la Turquie, se trouve dans «un état chaotique» et est truffée d'explosifs, a déclaré le Premier ministre turc Binali Yildirim, faisant état d'une «opération de nettoyage en cours, menée avec une extrême minutie».

La reprise d'Al-Bab est un succès majeur pour Ankara qui avait lancé fin août une opération militaire dans le nord de la Syrie pour chasser les jihadistes des environs de sa frontière.




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