Les habitants assiégés attendent l'aide promise en Syrie

Un jeune Syrien se pormène un fusil en... (photo DELIL SOULEIMAN, AFP)

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Un jeune Syrien se pormène un fusil en plastique à la main dans une rue de Qamishli (dans le nord-est de la Syrie), dévastée par la guerre, le 13 septembre. Depuis l'entrée en vigueur de la cessation des hostilités lundi soir, les combats ont quasiment cessé entre régime et rebelles sur l'ensemble des fronts.

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Crise dans le monde arabe

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Crise dans le monde arabe

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Maher Al MOUNES, Karam AL MASRI
Agence France-Presse
ALEP

Les zones assiégées en Syrie attendaient mercredi avec impatience les convois d'aide humanitaire promis, qui restent bloqués près de 48 heures après le début d'une trêve ayant permis une baisse significative des violences.

La Russie, qui a négocié cette cessation des hostilités avec les États-Unis, s'est dite favorable à une prolongation de la trêve d'encore 48 heures, selon les termes de l'accord entre les deux puissances.

Vingt camions d'aide patientaient en Turquie avant de pouvoir traverser la frontière syrienne, mais ce scénario ne semblait pas imminent, selon l'ONU qui réclame des garanties pour la sécurité des convois.

Mercredi, l'armée syrienne se trouvait toujours sur la route du Castello - axe de ravitaillement au nord d'Alep par lequel doit transiter l'aide - alors que l'accord russo-américain appelle à la « démilitarisation » de cette route.

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura avait réclamé mardi des « assurances » que les convois ne soient pas touchés, signalant des tirs de mortier de rebelles le long de Castello.

Depuis l'entrée en vigueur de la cessation des hostilités lundi soir, les combats ont quasiment cessé entre régime et rebelles sur l'ensemble des fronts, à l'exception de tirs sporadiques, selon des militants, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et l'ONU.

La trêve a été obtenue après des semaines de discussions entre Washington et Moscou, parrains respectifs de la rébellion et du régime. Son objectif est de favoriser une reprise du processus de négociations pour mettre fin au conflit qui a fait plus de 300 000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés depuis mars 2011.

Camions en attente

La trêve doit permettre l'acheminement sans entraves de l'aide humanitaire pour les centaines de milliers de civils assiégés dans une vingtaine de villes et localités, la grande majorité par les forces du régime.

Un responsable du Bureau de l'ONU pour la coordination des Affaires humanitaires (OCHA) a écarté la possibilité que cette aide puisse être distribuée mercredi.

« Il est très peu probable que cela se produise aujourd'hui », a déclaré à l'AFP David Swanson, porte-parole de l'OCHA à Gaziantep, en Turquie.

M. Swanson a souligné que 20 camions avec des rations alimentaires pour nourrir 40 000 personnes étaient prêts à traverser la frontière turque. « Dès que nous aurons le feu vert, on pourra bouger ».

La trêve est « la seule opportunité qui se présente depuis longtemps pour faire parvenir l'aide », a-t-il souligné, ajoutant que, outre Alep, l'ONU « cherche aussi à fournir de l'aide à d'autres zones assiégées ou difficiles d'accès ».

L'ONU prévoit de commencer par distribuer des produits alimentaires dans les quartiers rebelles d'Alep, où plus de 250 000 personnes n'ont pas reçu d'aide de l'ONU depuis juillet.

Dans cette perspective, des militaires russes ont installé un point d'observation mobile sur la route du Castello.

La grande ville du nord a bénéficié d'une deuxième nuit calme de suite, selon des correspondants de l'AFP dans la partie ouest gouvernementale et dans celle rebelle à l'est. Des avions ont survolé le secteur, mais sans mener des raids.

« Aucun civil tué »

L'OSDH, tout en faisant état de tirs sporadiques dans la province d'Alep, a affirmé qu'aucune victime civile n'était à déplorer depuis le début de la trêve.

La cessation des hostilités est appliquée de « manière très positive, avec quelques violations qui n'ont causé la mort d'aucun civil », a déclaré Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

L'État major russe a affirmé que les rebelles avaient violé le cessez-le-feu à 60 reprises lors des 48 dernières heures.

La rébellion, affaiblie sur le terrain, n'a pas donné son accord formel à la trêve.

La trêve a été présentée comme la « dernière chance de sauver le pays » par le secrétaire d'État américain John Kerry, qui a négocié l'accord avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

Le scepticisme prévaut cependant, après l'échec de plusieurs trêves dans cette guerre complexe où sont impliqués plusieurs acteurs régionaux et internationaux de même que des groupes djihadistes qui contrôlent de vastes régions du pays morcelé.

Comme lors de la précédente trêve fin février qui avait duré quelques semaines, les groupes djihadistes comme l'organisation État islamique (EI) et Front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda) sont exclus du cessez-le-feu.

L'armée russe a d'ailleurs affirmé avoir bombardé mardi soir des djihadistes de l'EI au nord de Palmyre (centre), ont rapporté les agences russes.

Si la cessation des hostilités tient pendant une semaine, elle devrait déboucher sur une collaboration inédite entre Moscou et Washington qui lanceront à une date encore indéterminée des attaques conjointes contre les deux groupes djihadistes.

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