Des bombes et des morts en Syrie avant l'entrée en vigueur de la trêve

Un combattant rebelle.... (PHOTO ALAA AL-FAQIR, REUTERS)

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Un combattant rebelle.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Maya GEBEILY
Agence France-Presse
Beyrouth

Les raids aériens et les bombardements avec leur lot quotidien de victimes civiles ont continué de plus belle dimanche en Syrie, à moins de 24 heures de l'entrée en vigueur d'une nouvelle trêve négociée par Moscou et Washington.

La rébellion et l'opposition politique n'ont toujours pas réagi officiellement à l'accord conclu vendredi à Genève, tandis que le régime de Bachar al-Assad et ses alliés -l'Iran et le Hezbollah libanais- ont affirmé qu'ils le respecteraient.

L'annonce de cette trêve après des semaines de discussions entre les États-Unis et la Russie, parrains respectivement de l'opposition et du régime, intervient au moment où les insurgés sont en difficulté sur le terrain après avoir perdu la dernière bataille d'Alep.

Cette énième tentative de stopper la violence est censée débuter lundi à 19h00 locales (midi HE) et coïncidera avec l'Aïd el-Adha, la grande fête musulmane du sacrifice.

Elle est prévue pendant 48 heures, selon l'émissaire américain pour la Syrie, Michael Ratney. Si elle tient, elle pourrait être renouvelée de nouveau de 48h, a précisé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov qui a négocié l'accord avec son homologue américain John Kerry.

Mais la circonspection est de mise après l'échec de toutes les initiatives diplomatiques menées depuis cinq ans et demi pour mettre fin à un conflit ayant fait plus de 290 000 morts, provoqué l'exode de millions de Syriens et favoriser la montée en puissance du groupe djihadiste État islamique (EI) responsables d'attentats meurtriers notamment en Occident.

«Guère d'espoir»

Un premier accord russo-américain de «cessation des hostilités» entré en vigueur le 27 février a volé en éclat après des violations répétées des belligérants.

En pratique, l'accord appelle à l'arrêt de toutes les attaques, y compris les raids de l'aviation -principal atout du régime- contre les rebelles.

Il préconise également un accès humanitaire sans entrave aux zones assiégées, comme Alep, principal front du conflit. Ainsi, il prévoit une «démilitarisation» de la route du Castello au nord d'Alep, unique axe de ravitaillement pour les rebelles avant sa prise en juillet par le régime, pour acheminer l'aide.

Mais à moins de 24 heures de l'entrée en vigueur de la cessation des hostilités, les raids aériens et les bombardements se sont poursuivis sur tous les fronts dans le pays.

L'aviation du régime a bombardé la partie rebelle assiégée dans l'est d'Alep, tuant six civils, dont trois enfants, et blessant une trentaine, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dévastés par quatre ans de bombardements et par les sièges, des habitants des quartiers rebelles où vivent quelque 250 000 personnes ne semblent pas avoir beaucoup d'espoir.

«Nous prions pour qu'il y ait un cessez-le-feu afin de donner un répit aux civils» après «des bombardements jour et nuit», a déclaré Abou Abdallah. Mais, dit-il, «la population n'a plus guère d'espoir».

«Le peuple syrien, qu'il vive dans les zones contrôlées par le régime ou par l'opposition, a perdu toute confiance dans les deux parties», lance Safouane Badaoui, un autre habitant.

«Assez de la guerre»

À Douma, ville rebelle près de Damas assiégée depuis 2013, le conseil local qui gère les affaires des civils a annoncé dans un communiqué soutenir la trêve, et appelé à la paix, sous le slogan «Assez de la guerre».

Samedi, des frappes d'avions non identifiés ont tué au moins 62 morts, dont 13 enfants, dans la ville rebelle d'Idleb (nord-ouest), à l'heure où les habitants faisaient leurs achats pour célébrer l'Aïd el-Adha, selon l'OSDH dimanche.

L'importante de la nouvelle trêve annoncée réside dans le fait que si elle est respectée sept jours d'affilée, Russes et Américains créeront un «centre conjoint» pour coordonner des frappes contre les deux principaux groupes djihadistes en Syrie.

Il s'agit de l'EI et du Front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra qui a renoncé à son rattachement à Al-Qaïda), tous deux considérés comme «terroristes» par les deux pays.

Washington doit, dans ce contexte, convaincre les groupes rebelles dits modérés de se dissocier de Fateh al-Cham, leur influent allié dans les provinces d'Alep et d'Idleb.

Or il s'agit d'un des principaux obstacles à l'application de l'accord, les rebelles comptant sur l'aide de Fateh al-Cham, aguerri et bien organisé, dans toute bataille contre le régime.

L'accord de trêve a reçu en outre le soutien de la Turquie, un des principaux soutiens de la rébellion, mais qui s'est rapprochée dernièrement de la Russie et qui mène depuis fin août une offensive dans le nord syrien contre l'EI et les Kurdes.

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