Syrie: attentat de l'EI dans une ville à majorité kurde, au moins 44 morts

Des images de l'attentat montrent un secteur dévasté,... (PHOTO DELIL SOULEIMAN, AFP)

Agrandir

Des images de l'attentat montrent un secteur dévasté, une chaussée recouverte de débris et plusieurs immeubles très endommagés.

PHOTO DELIL SOULEIMAN, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Delil SOULEIMAN, Gihad DARWISH
Agence France-Presse
Qamichli

Au moins 44 personnes ont été tuées mercredi dans la ville syrienne à majorité kurde de Qamichli dans une attaque suicide revendiquée par le groupe État islamique (EI), disant répondre aux raids de la coalition antidjihadistes soutenant les forces kurdes.

Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, cet attentat est le plus meurtrier à toucher cette ville du nord-est de la Syrie dont les forces kurdes et celles du régime se partagent le contrôle.

Les médias officiels ont fait état d'un bilan de «44 morts et 140 blessés, dont plusieurs grièvement atteints». L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a parlé de 48 morts.

L'attentat suicide, mené avec un camion piégé, a eu lieu dans un secteur de l'ouest de Qamichli où se trouvent notamment des services de sécurité de l'administration kurde, selon un correspondant de l'AFP.

Il a été revendiqué par l'EI, dont ce n'est pas le premier attentat à Qamichli.

Dans un communiqué, le groupe djihadiste a affirmé que l'attaque était une réponse aux raids aériens de la coalition antidjihadistes sur Minbej (nord), fief de l'EI assiégé par une alliance de combattants kurdes et arabes syriens.

La coalition a affirmé de son côté mercredi avoir ouvert une enquête pour déterminer si ses frappes la semaine dernière près de Minbej avaient causé des victimes civiles.

Les civils sont pris dans les combats dans ce secteur et mercredi 800 d'entre eux ont fui Minbej pour des zones contrôlées par l'alliance kurdo-arabe, selon l'OSDH.

A Qamichli, des images tournées par un vidéaste de l'AFP montrent des immeubles très endommagés, des civils en détresse dans les décombres ainsi que des carcasses de voitures carbonisées.

Hôpitaux débordés

Un homme couvert de sang court. Il tient par la main un petit garçon dont le visage est recouvert de poussière et de sang.

Une femme pleure et crie, ses habits déchirés. Une fille et un garçon sont debout devant elle, dans un état de choc.

«Vu le bilan et les dégâts, cet attentat est le plus meurtrier à Qamichli depuis le début de la guerre» en 2011, a indiqué le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

Une source au sein des services de sécurité kurdes (Assayech) a fait état d'hôpitaux débordés par le grand nombre de victimes.

La majorité de la province de Hassaké, dont dépend Qamichli, est contrôlée par les Unités de protection du peuple kurde (YPG, principale force militaire kurde), qui ont annoncé en mars la création de zones «autonomes» dans le nord-est syrien.

Les combattants kurdes sont à la pointe du combat contre l'EI qui a été expulsé de plusieurs villes par les YPG soutenues par les frappes de la coalition dirigée par Washington.

Cette coalition cherche par ailleurs à ouvrir un nouveau front contre les djihadistes dans le sud de la Syrie, en plus de son offensive actuelle depuis le nord-est, a indiqué mercredi le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter.

Rebelles assiégés à Alep 

La guerre en Syrie, déclenchée par la répression d'une révolte contre le régime, implique une multitude d'acteurs et de puissances étrangères sur un territoire très morcelé.

Elle a fait en cinq ans plus de 280 000 morts et contraint plus de la moitié de la population à fuir ses foyers.

Toujours dans le nord du pays, au moins 18 civils ont été tués dans des frappes aériennes et des tirs d'artillerie du régime sur un quartier rebelle d'Alep, selon l'OSDH.

Ces bombardements interviennent alors que l'armée du régime a officiellement annoncé avoir totalement assiégé la partie d'Alep contrôlée par les insurgés même si ce secteur est de facto assiégé depuis le 7 juillet quand les forces gouvernementales ont réussi à couper la route du Castello, son dernier axe de ravitaillement.

L'ex-capitale économique de Syrie est divisée depuis 2012 entre des quartiers tenus par le régime à l'ouest et d'autres contrôlés par des insurgés à l'est.

«Nos forces armées (...) ont coupé toutes les routes de ravitaillement et passages utilisés par les terroristes pour faire passer des combattants, des armes et des munitions dans les quartiers est d'Alep», a affirmé l'armée dans un communiqué.

Plus de 200 000 personnes vivent dans les quartiers rebelles régulièrement bombardés par le régime et aucune aide internationale n'a pu y entrer depuis le 7 juillet.

Par ailleurs, le courant a été coupé dans la province d'Alep à la suite d'une attaque aux roquettes contre la centrale électrique attribuée à des «terroristes» par l'agence officielle Sana.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer