Scepticisme en Syrie après l'annonce d'une autre trêve à Alep

Des soldats des Forces démocratiques syriennes se reposent... (Photo Rodi Said, Reuters)

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Des soldats des Forces démocratiques syriennes se reposent dans une maison non loin d'Alep.

Photo Rodi Said, Reuters

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Alice HACKMAN
Agence France-Presse
BEYROUTH

Une nouvelle trêve des combats de 48h est entrée en vigueur jeudi dans la métropole syrienne d'Alep dans un climat de profond scepticisme en l'absence de toute avancée des négociations de paix.

À Alep, ravagée par la guerre et divisée depuis 2012 entre régime et rebelles, de tels cessez-le-feu temporaires ont été régulièrement annoncés ces derniers mois.

Mais, après un répit de quelques jours, ce front s'est de nouveau enflammé, avec d'un côté des raids sanglants de l'armée de l'air et, de l'autre, des tirs de roquettes meurtriers des insurgés sur les quartiers gouvernementaux.

Le nouveau «régime de silence» annoncé par la Russie, principal allié du régime syrien, est entré en vigueur «à 00H01 (21H00 GMT mercredi)», selon le ministère russe de la Défense. Jusqu'à tard dans la soirée de mercredi, les bombardements du régime avaient été très intenses, selon le correspondant de l'AFP sur place du côté rebelle.

«Il y a eu des bombardements des deux côtés après minuit mais ce matin, c'est calme à Alep», a indiqué jeudi Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Pour les experts, cette trêve ne devrait pas plus tenir que les précédentes et les violences se poursuivront tant qu'il n'y a pas d'effort véritable pour relancer le processus de paix, actuellement au point mort.

«Les Syriens sont de plus en sceptiques vis-à-vis de ces brefs cessez-le-feu qui semblent devenus aussi artificiels et infructueux que les séances de négociations qui suscitent à chaque fois des espoirs puis des déceptions amères», affirme à l'AFP Karim Bitar, directeur de recherches à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

«Cessez-le-feu de convenance»

«Il semble s'agir encore une fois d'un cessez-le-feu de convenance, guère adossé à un vrai processus politique», ajoute-t-il.

«Cette trêve temporaire de quelques heures ne vise pas à arrêter le bain de sang et les massacres mais elle est un simple repos pour les assassins et les auteurs des tueries contre les Alépins et le peuple syrien», s'est pour sa part insurgé l'OSDH.

La Russie et les États-Unis sont les parrains des négociations diplomatiques et politiques pour la Syrie mais qui sont au point mort, après plus de cinq années d'une guerre ayant fait 280 000 morts et des millions de réfugiés.

Le ministère russe de la Défense a simplement expliqué mercredi soir que cette nouvelle trêve visait à «réduire le niveau de violence armée et stabiliser la situation».

Cette annonce est intervenue quelques heures seulement après un avertissement lancé par le chef de la diplomatie américaine John Kerry à Damas et Moscou. «Il est manifeste que la cessation des hostilités est fragile et menacée, et qu'il est crucial d'instaurer une vraie trêve», a-t-il déclaré à Oslo, en référence à la trêve instaurée à l'initiative de Moscou et Washington le 27 février -- dont les groupes jihadistes sont exclus -- mais qui est régulièrement violée depuis avril.

L'ONU critiquée

«La Russie doit comprendre que notre patience n'est pas infinie. En fait, elle est même très limitée quant au fait de savoir si Assad va ou non être mis devant ses responsabilités» et faire taire les armes sous la pression de la Russie, a ajouté le secrétaire d'Etat.

Les États-Unis sont «aussi prêts à demander des comptes aux (groupes armés) membres de l'opposition» soupçonnés d'exactions ou qui «continuent les combats en violation du cessez-le-feu», a poursuivi John Kerry.

Sur le plan humanitaire, une cinquantaine d'organisations syriennes d'opposition ont critiqué l'action de l'ONU en Syrie, l'accusant de «capituler» devant le régime concernant l'accès de l'aide aux victimes du conflit en Syrie». Selon ce rapport, en avril, 88% des livraisons de nourriture l'ont été à des régions contrôlées par le régime et 12% dans des secteurs hors de son contrôle.

Le coordinateur humanitaire de l'ONU en Syrie, Yaacoub al-Helou, a réagi qu'il serait «suicidaire» d'envoyer des convois humanitaire sans autorisation.

Des centaines de milliers de civils se trouvent dans des localités assiégées, dans la plupart des cas par les forces gouvernementales, sans accès à des vivres ni à une aide médicale.

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