Syrie: des habitants d'Alep fuient les bombes

Cet homme a été blessé lors des frappes... (PHOTO ABDALRHMAN ISMAIL, REUTERS)

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Cet homme a été blessé lors des frappes aériennes menées à Alep, le 29 avril.

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Karam al-Masri
Agence France-Presse
ALEP

Plusieurs dizaines d'habitants du côté rebelle de la ville syrienne d'Alep ont fui samedi à l'aube leurs quartiers par peur de raids aériens du régime qui ont repris pour le neuvième jour consécutif, a constaté un correspondant de l'AFP.

Ailleurs en Syrie, une trêve temporaire entrée en vigueur à minuit semblait tenir sur deux fronts, le nord de la province de Lattaquié et la Ghouta orientale près de Damas. Aucun tir n'a été enregistré dans ces régions ayant été le théâtre de violents combats les dernières semaines.

Dans les secteurs rebelles d'Alep, deuxième ville du pays, un correspondant de l'AFP a vu plusieurs familles quitter vers 5 h le quartier de Boustane al-Qasr, soumis depuis des jours à de violents bombardements.

« La situation est devenue insupportable », a déclaré à l'AFP Abou Mohammad, parti de son domicile avec sa femme et ses cinq enfants. « Un de mes bambins est terrifié par les bombes et, depuis une semaine, plus personne ne vient acheter chez moi », assure ce marchand d'électroménagers. « Tout est paralysé ».

Certaines familles décident de se réfugier dans des quartiers plus sûrs de l'agglomération, tandis que d'autres quittent la ville par la route du Castello, seule sortie pour les habitants des quartiers rebelles presque totalement assiégés depuis plusieurs mois. Cette voie, située au nord-est de l'ex-capitale économique du pays, est dangereuse car elle est également prise pour cible par des tireurs.

Près de 200 000 habitants résideraient dans la partie rebelle, à l'est de la ville divisée depuis 2012, selon des chiffres non officiels.

« Tout est paralysé »

Samedi, les rues dans plusieurs quartiers rebelles étaient désertes et les magasins fermés. Les habitants se terrent chez eux par peur de nouveaux raids menés depuis le 22 avril par l'armée de l'air syrienne selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme et des militants.

D'après l'OSDH, le bilan humain des bombardements et tirs de l'armée et des rebelles s'élève désormais à 246 morts parmi les civils depuis cette date.

Ces bombardements de part et d'autre ont été dénoncées par la communauté internationale, en particulier par l'ONU qui a déploré un « mépris monstrueux pour les vies de civils par toutes les parties au conflit ».

L'opposition syrienne a également dénoncé, dans une lettre au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, « des attaques aveugles contre les civils ».

Samedi, au moins six personnes ont encore péri dans le secteur rebelle, dont quatre à Bab al-Nairab et deux à Boustane al-Qasr, d'après la défense civile. L'OSDH a rapporté au moins 20 raids.

Dans la rue, les quelques rares passants surveillent, inquiets, le ciel pour s'assurer qu'aucun avion militaire ne survole leur quartier. Lorsque la menace se précise, ils se précipitent vers les abris ou les entrées d'immeubles pour se protéger.

Alep a connu jeudi sa journée la plus sanglante depuis l'intensification des bombardements il y a plus d'une semaine, avec plus de 50 morts dont des enfants et des médecins.

« Totalement dévoué »

L'hôpital al-Qods, soutenu par MSF, a notamment été touché par un bombardement, qui a tué entre autres un pédiatre réputé dans le secteur rebelle.

Le docteur Mohammad Wasim Maaz, Alépin d'une trentaine d'années, « était totalement dévoué au service des habitants [...] Il faisait des examens de santé à une centaine d'enfants par jour », témoigne à l'AFP Samar Hijazi, responsable des archives dans l'hôpital. « L'hôpital était en quelque sorte sa maison. Il y restait jusqu'à la nuit ».

« Une fois, je l'ai vu pleurer car il n'avait pas réussi à sauver un enfant atteint d'une hémorragie interne après avoir été touché par la balle d'un tireur embusqué », se souvient cette femme.

Selon Mme Hijaz, les hôpitaux encore opérationnels dans le secteur rebelle « se comptent désormais sur le bout des doigts et le personnel médical est épuisé ».

Ailleurs en Syrie, les fronts de nord de la province de Lattaquié, fief du président Bachar al-Assad, et de la Ghouta, considérée comme le réservoir de la rébellion près de Damas, étaient calmes en début d'après-midi.

Selon l'armée syrienne, l'arrêt des combats doit durer 24 heures dans la Ghouta orientale, et 72 heures dans la région de Lattaquié.

Après l'appel lancé jeudi l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, à réactiver la trêve, Russes et Américains avaient annoncé vendredi un accord a minima sur l'arrêt des hostilités sur ces deux fronts, mais pas à Alep.

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