À Genève, les ennemis syriens multiplient les signes de défiance

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«La diplomatie ne consiste pas à se demander qui est assis autour de la table, mais à savoir qui veut réellement mettre un terme aux souffrances», a estimé le porte-parole du Haut comité des négociations, Salem al-Meslet.

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Crise dans le monde arabe

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Maya GEBEILY, Charlotte PLANTIVE
Agence France-Presse
GENÈVE

L'opposition et le régime syriens ont multiplié les gestes de défiance dimanche à Genève tout en acceptant de participer lundi à des discussions formelles, mais séparées, avec l'ONU qui tente de trouver une issue négociée à la guerre en Syrie.

Alors que la situation est chaque jour plus catastrophique sur le terrain, où un attentat revendiqué par l'organisation État Islamique (EI) a encore fait au moins 70 morts dimanche, les ennemis syriens se sont invectivés lors de conférences de presse distinctes.

Le régime a brandi, comme à l'accoutumée, le label «terroriste», qui pour lui désigne aussi bien les djihadistes que les groupes rebelles. Son représentant à Genève, l'ambassadeur Bachar al-Jaafari a également jugé que l'opposition n'était «ni sérieuse, ni crédible».

De son côté, l'opposition a accusé Damas de «tuer son peuple» et a de nouveau posé ses conditions avant toute négociation: l'arrêt des bombardements de civils, la libération des villes assiégées et de détenus.

Dans la soirée, le chef rebelle islamiste Mohammed Allouche a confirmé qu'il serait bien le négociateur en chef pour l'opposition, ce qui ne devrait pas aider à créer de la confiance.

M. Allouche est en effet membre du bureau politique du groupe armé rebelle Jaïch al-Islam, un mouvement d'inspiration salafiste que le régime de Damas qualifie de «terroriste».

Le Haut comité des négociations (HCN), qui regroupe des opposants politiques et des combattants, l'avait chargé le 20 janvier de mener sa délégation, mais son absence à Genève ce week-end avait alimenté les suspicions. «Je suis en route» pour la Suisse, avec une arrivée prévue lundi matin, a-t-il toutefois dit à l'AFP

Ce sera donc lui qui dirigera l'équipe du HCN pour son premier entretien formel lundi après-midi avec l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

Le HCN qui, dès son arrivée à Genève samedi, avait menacé de repartir, a décidé de rester «au moins trois ou quatre jours» dans la ville suisse pour donner une chance au processus, selon un de ses porte-parole.

«Occasion historique»

Le diplomate italo-suédois recevra aussi lundi, mais dans la matinée, les représentants du président Bachar al-Assad, dont la délégation est menée par l'ambassadeur syrien à l'ONU Bachar al-Jaafari avec qui il a déjà eu une «réunion préparatoire» vendredi.

M. de Mistura espère amener le régime et l'opposition à entrer dans un processus de discussions indirectes, avec des émissaires faisant la navette entre les deux. Ce processus pourrait s'étendre sur six mois, délai fixé par l'ONU pour aboutir à une autorité de transition qui organiserait des élections à la mi-2017.

Dimanche, après une «visite de courtoisie» à l'hôtel du HCN, il s'est dit «optimiste et déterminé» à poursuivre ses efforts. «C'est une occasion historique qui ne doit pas nous échapper.»

Dans un rare message vidéo, le secrétaire d'État américain John Kerry a aussi lancé un appel solennel aux ennemis syriens pour qu'ils «saisissent» cette occasion de mettre un terme à près de cinq ans d'une guerre meurtrière et destructrice.

Il a également appelé le régime du président Assad à permettre l'acheminement de l'aide humanitaires dans les villes assiégées, comme celle de Madaya, près de Damas où 43 personnes sont mortes de faim depuis le 1er décembre selon MSF.

Depuis mars 2011, la guerre en Syrie, devenue régionale puis internationale, a fait plus de 260.000 morts et jeté des millions de personnes sur les routes. Et chaque jour, le bilan humain s'alourdit.

En novembre, les puissances occidentales, la Russie, l'Iran, les pays arabes et la Turquie, ont relancé le processus de paix, deux ans après une première tentative, déjà à Genève, qui avait rapidement échoué.

Si tous ces pays disent vouloir l'arrêt des violences et la fin de l'EI, ils divergent fondamentalement sur le sort du président Assad, que la Russie et l'Iran soutiennent farouchement, alors que les autres souhaitent son départ.

Dimanche, la délégation de l'opposition a reçu la visite d'une dizaine d'ambassadeurs du camp anti-Assad, selon un de ses membres.

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