Discussions de paix: l'opposition syrienne attendue à Genève

Un combattant du groupe salafiste Jaish al-islam court... (PHOTO AMER ALMOHIBANY, ARCHIVES AFP)

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Un combattant du groupe salafiste Jaish al-islam court près de Marj-al-Sultan, dans la banlieue est de Damas, le 23 janvier.

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Crise dans le monde arabe

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Maya GEBEILY, Charlotte PLANTIVE
Agence France-Presse
Genève

La principale coalition de l'opposition syrienne a finalement accepté de participer aux discussions de paix formellement ouvertes par l'ONU à Genève, et sa délégation pourrait arriver sur place samedi ou dimanche.

Après en avoir délibéré pendant quatre jours à Ryad, le Haut comité des négociations (HCN), qui groupe les principaux représentants de l'opposition au président Bachar al-Assad et des groupes armés syriens, a fait savoir vendredi qu'il avait décidé de participer aux pourparlers indirects parrainés par l'ONU.

Le HCN va dépêcher en Suisse «entre 30 et 35 personnes», a déclaré à l'AFP un haut responsable de l'opposition.

Cette délégation devrait être à Genève samedi soir ou dimanche matin, selon son chef Assaad al-Zoabi, qui intervenait sur la chaîne de télévision Sky News Arabia.

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a exprimé un optimisme prudent sur la participation des membres du HCN. «J'ai de bonnes raisons de croire qu'ils envisagent très sérieusement d'être en mesure d'entamer les discussions, peut-être dimanche», a-t-il déclaré à Genève.

Formé en décembre à Ryad, le HCN refusait jusqu'alors de participer aux discussions en Suisse tant que les bombardements de civils et le siège de localités syriennes se poursuivraient.

Mais il a obtenu des garanties sur ces points «de la part des Nations unies et d'autres acteurs», a déclaré Farah Atassi, une opposante proche du HCN, lors d'une conférence de presse à Genève.

Le chef de la délégation du HCN a précisé sur Sky News Arabia que la coalition avait reçu des garanties notamment des États-Unis et de l'Arabie saoudite.

Elles portent sur l'application des mesures humanitaires prévues par la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l'ONU pour un arrêt des bombardements des zones civiles et un accès humanitaires aux localités assiégées.

Les États-Unis, l'Arabie saoudite et la France ont salué la décision du HCN de participer aux discussions. Tous trois ont fait référence à la résolution 2254 du Conseil de sécurité.

«Tout doit être fait pour donner sa chance à une solution politique» du conflit syrien, a déclaré la présidence française.

Minces espoirs

L'ONU avait résolu d'ouvrir les discussions vendredi malgré l'absence du HCN, et M. de Mistura a rencontré la délégation de Damas, menée par l'ambassadeur syrien à l'ONU, Bachar al-Jaafari, et qui compte une quinzaine de personnes.

Cette rencontre, qualifiée par l'envoyé des Nations unies de «réunion préparatoire», a marqué le coup d'envoi symbolique d'un dialogue inter-syrien, arraché au forceps sous la pression internationale et prévu pour durer six mois.

Les grandes puissances espèrent que les Syriens parviendront à mettre un terme à une guerre qui a fait plus de 260 000 morts et des millions de réfugiés et déplacés depuis mars 2011.

Selon la feuille de route, fixée dans une résolution de l'ONU en décembre, les Syriens doivent se mettre d'accord sur un organe de transition chargé d'organiser des élections à l'horizon mi-2017.

Pour y parvenir, l'ONU mise sur des discussions indirectes, les parties étant dans des salles séparées, des émissaires faisant la navette entre les deux.

Le HCN a d'ailleurs souligné vendredi que sa délégation de l'opposition n'allait pas en Suisse pour négocier avec le pouvoir de Damas. «Le HCN confirme qu'il va à Genève pour participer aux discussions avec l'ONU, et non pas pour des négociations», a déclaré la coalition sur Twitter.

Les espoirs de succès sont ténus, compte tenu de l'extrême complexité du dossier.

Le sort du président Assad, sur lequel ont achoppé de précédentes réunions, est la question la plus épineuse: l'opposition veut qu'il quitte le pouvoir dès la formation de l'autorité de transition, ce que refusent le régime lui-même et ses principaux alliés, la Russie et l'Iran.

Les puissances occidentales, qui ont longtemps réclamé le départ du président syrien, ont infléchi leur discours face à la percée du groupe État islamique (EI) considéré à présent comme la menace principale.

Depuis août 2014, une coalition menée par les États-Unis mène des raids aériens sur les positions de l'organisation djihadiste en Irak et en Syrie. Vendredi, les Pays-Bas ont annoncé qu'ils allaient aussi frapper en Syrie.

Depuis l'automne, la Russie effectue aussi, à la demande de Damas, des bombardements aériens contre des groupes rebelles en Syrie. Son action a permis au pouvoir de regagner du terrain, ce qui renforce sa position dans les négociations.

«La Russie et le régime sentent qu'ils sont lentement en train de prendre le dessus sur l'opposition, que la tendance à partir de là ne leur est pas défavorable», estime Yezid Sayigh, du centre Carnegie pour le Moyen-Orient.

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