Guerre en Syrie: le sort d'Assad divise les participants à Vienne

L'envoyé spécial de la Syrie Staffan de Mistura,... (Photo Ronald Zak, AP)

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L'envoyé spécial de la Syrie Staffan de Mistura, entouré du ministre des Affaires étrangères russe Sergei Lavrov et du Secrétaire d'État américain John Kerry, à Vienne, vendredi.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Sophie MAKRIS, Dave CLARK
Agence France-Presse
VIENNE

La réunion de Vienne vendredi sur la crise syrienne a achoppé sur de nombreux points, dont le principal est le sort du président Bachar al-Assad, mais un processus a été mis en route, au moment où les États-Unis annonçaient l'envoi pour la première fois de soldats au sol.

Pendant que les principaux acteurs diplomatiques du dossier syrien, y compris pour la première fois l'Iran, étaient réunis dans la capitale autrichienne, les États-Unis ont annoncé l'envoi d'un petit contingent de soldats d'élite en Syrie, assurant toutefois qu'ils ne participeraient pas directement aux combats.

Sortant de l'hôtel Impérial, à l'issue de huit heures de discussions serrées entre une vingtaine de délégations, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a déclaré: «Nous avons abordé tous les sujets, même les plus difficiles. Il y a des points de désaccord, mais nous avons suffisamment avancé pour que nous nous retrouvions, dans la même configuration, dans deux semaines».

«Le principal point de désaccord est le rôle futur de M. Bachar al-Assad», a ajouté le chef de la diplomatie française, soulignant aussi des «points d'accord»: «le processus de transition, la perspective d'élections et le rôle des Nations unies».

Les participants ont notamment estimé que l'État syrien devait être préservé et ont chargé les Nations unies de négocier un cessez-le-feu et d'organiser de futures élections générales, a indiqué à la presse le secrétaire d'État américain John Kerry.

Le point de divergence numéro un

Il a confirmé que son pays, la Russie et l'Iran «s'étaient mis d'accord pour ne pas être d'accord» sur le sort à réserver au président Assad, qui va certainement constituer dans les semaines et sans doute les mois à venir le point de divergence numéro un dans ces négociations.

«La position des États-Unis est qu'il n'est pas possible que le président Assad puisse unifier et gouverner la Syrie», a ajouté l'Américain. «Nous pensons que les Syriens méritent d'avoir un meilleur choix».

Pour sa part, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, cité à l'issue de la réunion par les agences de son pays, a assuré que vendredi «certains pays avaient tenté d'inclure un calendrier pour le départ de Bachar al-Assad». «Mais avec les efforts faits, cette partie a été supprimée», s'est-il félicité.

Pendant que les diplomates étaient à l'oeuvre à Vienne, Washington a annoncé l'envoi en Syrie, pour la première fois, d'une cinquantaine de soldats des forces spéciales ainsi que l'acheminement d'avions d'attaque au sol A-10 et de chasseurs F-15 sur une base aérienne turque voisine, afin d'accroître les capacités américaines de lutte contre les groupes extrémistes radicaux.

Sergueï Lavrov a désapprouvé cette décision, rappelant qu'«une opération militaire -que ce soit dans les airs ou au sol - a besoin du consentement des gouvernements concernés et du conseil de sécurité de l'ONU.

«Difficile» solution politique

La stratégie américaine en Syrie «n'a pas changé», a toutefois assuré un porte-parole de la Maison-Blanche, assurant que les militaires envoyés sur place n'auraient pas de «missions de combat».

Même si personne ne s'attendait à Vienne à une avancée diplomatique majeure, notamment sur le rôle futur du président Assad, soutenu par Moscou et Téhéran, la simple présence de protagonistes aux positions encore très divergentes a été perçue comme un progrès.

Ont également pris part aux pourparlers de Vienne des représentants chinois, libanais et égyptiens, de même que les ministres français, britannique et allemand des Affaires étrangères.

«Nous avons enfin réussi à rassembler autour d'une même table tout le monde sans exception», s'était félicité Sergueï Lavrov.

À l'issue de la réunion, il a déclaré que «le processus politique devrait désormais conduire à un accord entre les parties (syriennes) pour parvenir à la création d'une structure inclusive qui permette de régler les questions vitales pour le pays, de préparer une nouvelle Constitution et d'organiser des élections générales».

Pour l'instant, il n'est pas question d'une participation du gouvernement syrien ou de l'opposition au processus entamé à Vienne.

La Russie, qui insiste avec l'Iran pour que le président syrien joue un rôle dans la transition politique à venir, a déclenché le 30 septembre une campagne de bombardements aériens en Syrie: Moscou a affirmé vendredi avoir détruit depuis cette date 1623 «cibles terroristes».

L'Iran apporte un soutien financier et militaire direct à Damas alors que l'Arabie saoudite soutient des groupes rebelles et participe aux frappes aériennes de la coalition internationale emmenée par les États-Unis contre le groupe jihadiste État islamique (EI).

Sur le terrain, les violences se poursuivent avec la même intensité: vendredi matin, le tir par les forces du régime d'une pluie de roquettes sur le marché de Douma, une banlieue de Damas tenue par la rébellion, a fait au moins 89 morts, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

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