Damas prêt à coopérer avec Washington contre les djihadistes

Des résidants de Tabqa célèbrent dans les rues... (PHOTO ARCHIVES REUTERS/STRINGER)

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Des résidants de Tabqa célèbrent dans les rues de la ville la conquête de la base aérienne homonyme par les combattants de l'État islamique, le 24 août.

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Agence France-Presse
DAMAS

Les autorités syriennes ont affirmé lundi être prêtes à coopérer avec la communauté internationale, y compris les États-Unis et la Grande-Bretagne, pour lutter contre les djihadistes, mais ont souligné que toute frappe en Syrie doit se faire en coopération avec elles.

L'aviation militaire a effectué lundi sept raids contre la ville et l'aéroport de Tabqa, dans l'est du pays, au lendemain de la chute de la dernière position du régime dans la province de Raqa (nord) aux mains des islamistes ultra-radicaux de l'État islamique (EI).

«La Syrie est prête à une coopération et à une coordination sur le plan régional, international et bilatéral pour lutter contre le terrorisme dans le cadre de la résolution 2170 du Conseil de sécurité de l'ONU», a déclaré lors d'une conférence de presse le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem.

«Y compris avec les États-Unis et la Grande-Bretagne?» lui a demandé un journaliste. «Ils sont les bienvenus», a-t-il répondu.

Enfonçant le clou, le ministre a ajouté : «Il est naturel sur le plan géographique et pratique que la Syrie soit au centre d'une coalition internationale. S'ils (les pays qui veulent faire partie de cette coalition) sont sérieux, il faut qu'ils viennent vers la Syrie pour coordonner avec elle la lutte contre l'EI et Al-Nosra».

«La diplomatie syrienne va agir sur ce thème dans les jours qui viennent», a-t-il ajouté.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 15 août à l'unanimité cette résolution qui vise à empêcher le recrutement et le financement des djihadistes en Syrie et en Irak.

Le texte est placé sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies, ce qui permet de recourir à des sanctions, voire à la force, pour le faire appliquer, mais n'autorise pas pour l'instant d'opération militaire.

Les sanctions possibles consistent notamment en un embargo sur les armes, des gels d'avoirs et une interdiction de voyager.

Alors que la Maison-Blanche a évoqué vendredi de possibles frappes aériennes contre les djihadistes en Syrie, Mouallem a souligné qu'elles devaient être coordonnées avec Damas, sinon il s'agirait d'une agression contre la Syrie.

Interrogé sur la possibilité que la défense antiaérienne tire sur des appareils américains venant frapper en Syrie, il a répondu : «ceci pourrait arriver s'il n'y a pas de coopération préalable. Nous proposons donc une coopération et coordination internationales préalables pour empêcher qu'il s'agisse d'une agression» contre la Syrie.

«Toute violation de notre souveraineté sera considérée comme un acte d'agression», a-t-il souligné en précisant qu'il n'y avait pas «jusqu'à présent de coopération avec les États-Unis».

La Syrie craint que lors des raids contre son territoire, les États-Unis, qui soutiennent la rébellion, en profitent pour frapper les positions de son armée, comme la menace avait plané après l'attaque chimique il y a un an.

Le chef de la diplomatie syrienne a émis des doutes sur l'efficacité des seules frappes. «Nous sommes d'ici et savons quand les raids sont utiles ou pas. Nous saluons tout effort dans la lutte contre le front Al-Nosra et contre l'État islamique, mais la vraie question est : les raids sont-ils efficaces pour les liquider? Je ne le pense pas», a-t-il lancé.

Il a prôné «l'assèchement des sources du terrorisme, notamment le financement et l'armement avec le contrôle des frontières par les pays limitrophes et un échange de renseignements ce qui n'est pas le cas actuellement».

Le régime syrien considère tous les rebelles, djihadistes ou pas, comme des «terroristes».

M. Mouallem a condamné la décapitation la semaine dernière du journaliste américain James Foley tout en critiquant le «silence» de l'Occident quand des soldats et des civils syriens sont massacrés par ce groupe.

Dimanche, les djihadistes de l'EI ont tué 170 soldats lors de la prise de l'aéroport de Tabqa, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) qui a fait état lundi d'affrontements entre un groupe de soldats retranchés dans une ferme à Ajraoui près de l'aéroport.

Concernant l'Irak, qui est aussi menacé par l'EI, M. Mouallem a dit : «Nous allons coopérer avec le nouveau gouvernement. Nous combattons le même ennemi et nous sommes dans la même tranchée».

Lors d'un raid de l'aviation syrienne lundi contre Dabeq, une localité dans la province d'Alep tenue par l'EI, cinq civils ont été tués, selon l'OSDH.




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