Les promesses rompues de la Syrie

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques et les... (PHOTO ARCHIVES AP)

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L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques et les États-Unis ont déjà annoncé qu'ils menaient des enquêtes sur l'usage récent d'armes chimiques au chlore en Syrie.

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La Syrie aurait enfreint - encore une fois - ses promesses à la communauté internationale et utilisé des armes chimiques contre ses citoyens, selon l'organisation Human Rights Watch. Quatre mots pour comprendre ces nouvelles allégations contre le régime de Bachar al-Assad.

Cl2

Sur les images diffusées hier par l'organisation américaine Human Rights Watch (HRW), la mention Cl2 apparaît sur un morceau de métal tordu. Il s'agit du symbole chimique du chlore (dichlore), inscrit vraisemblablement sur ce qui reste d'un cylindre largué sur une ville du nord de la Syrie à la mi-avril, selon HRW. L'organisation dit avoir mené son enquête auprès de témoins et de personnel médical, avec des images filmées d'attaques et des photographies de restes de barils. Selon des médecins interviewés par HRW, au moins 11 personnes ont été tuées dans les attaques et près de 500 personnes présentaient des «symptômes correspondant à une exposition au chlore».

Promesse

En octobre, alors que les États-Unis menaçaient d'intervenir militairement en Syrie après une attaque au gaz sarin, le gouvernement Assad a accepté d'intégrer la Convention sur l'interdiction des armes chimiques. L'accord russo-américain entériné par l'ONU sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien prévoyait que les armes devaient être détruites pour le 30 juin. Mais la Syrie a raté une échéance le 27 avril concernant une cargaison. Hier, le Danemark, qui coordonne avec la Norvège l'application de l'accord, a fait état de «problèmes sérieux de sécurité» concernant 16 derniers conteneurs que La Syrie tarde à livrer.

Tribunal

«L'usage apparent de chlore en tant qu'arme [...] est une violation flagrante de la loi internationale», a indiqué hier HRW. L'organisation demande que le Conseil de sécurité de l'ONU saisisse la Cour pénale internationale. La Russie et la Chine bloqueront probablement la démarche, observe Errol Mendes, professeur en droit international à l'Université d'Ottawa. Par contre, des groupes rebelles reconnus par des pays membres de la Cour ou des victimes syriennes réfugiées en Jordanie pourraient demander au tribunal international de se pencher sur des crimes contre l'humanité.

Justice

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques et les États-Unis ont déjà annoncé qu'ils menaient des enquêtes sur l'usage récent d'armes chimiques au chlore. «L'un des aspects qui m'apparait le plus dangereux, pour la Syrie et pour le monde, est qu'Assad continue impunément de faire ce qu'il fait, comme le massacre d'enfants, la torture de prisonniers, la destruction de villes entières», énumère Errol Mendes. «C'est très important que chaque possibilité d'en saisir la Cour internationale soit explorée pour qu'un jour, les gens qui ont commis des atrocités dans les deux camps comparaissent devant la justice.»




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