Le Canada se préparait à intervenir dès le printemps dernier

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Bien que l'armée canadienne n'ait effectué aucune planification officielle au printemps dernier, des documents précisent que des solutions «toutes faites» existaient si le gouvernement Harper optait pour une intervention militaire.

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Murray Brewster
La Presse Canadienne
Ottawa

Des documents récemment publiés révèlent que les soldats et les diplomates canadiens avaient commencé à ouvrir la voie à une possible implication militaire au Mali au printemps dernier, peu de temps après que des rebelles appuyés par al-Qaïda eurent saisi le nord du pays.

Les documents montrent que le Canada a commencé à établir des lignes de communication avec les Français et les Américains à propos de cette crise dans le pays du nord de l'Afrique aussi tôt que le printemps dernier.

Ce mouvement de débroussaillage n'a toutefois pas donné de grands résultats pour le gouvernement conservateur.

L'engagement d'Ottawa à fournir, pour une semaine, un avion de transport militaire C-17 visant à aider la France à transporter de l'équipement militaire, sera vraisemblablement prolongé plus tard cette semaine.

Au-delà de ça, toutefois, le gouvernement est réticent à toute implication plus poussée, alors que les combats opposant les forces françaises aux rebelles s'intensifient dans des communautés maliennes reculées.

Il s'agit d'un étrange revirement de situation pour un gouvernement bien connu pour son désir d'être vu comme un meneur - lors de la guerre en Afghanistan, de la campagne de bombardement en Libye, et même lors des opérations contre les pirates au large de la Somalie.

Le printemps dernier, une demande a été déposée pour que des officiers militaires supplémentaires soient déployés dans la capitale malienne, Bamako, «afin d'accroître le niveau de liaison avec les forces américaines et françaises au Mali», a indiqué une séance d'information datée du 5 avril dernier et destinée au ministre de la Défense Peter MacKay.

Cette aide additionnelle était «considérée nécessaire pour bâtir des liaisons supplémentaires», ainsi que pour offrir des conseils sur d'éventuels plans d'évacuation des citoyens canadiens, précise la note, obtenue par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Les documents soulignent que le gouvernement Harper a mis sur pied un groupe de travail interministériel pour surveiller la crise dans la foulée du coup d'État au Mali, en mars 2011, qui a renversé le gouvernement malien démocratiquement élu.

Bien que l'armée canadienne n'ait effectué aucune planification officielle au printemps dernier, les documents précisent que des solutions «toutes faites» existaient si le gouvernement Harper optait pour une intervention militaire.

Des échanges par courriel et des directives classées «secrètes» obtenus par Jeffrey Monaghan, chercheur à l'Université Queen's, démontrent que les forces spéciales étaient particulièrement intéressées à poursuivre un dialogue avec les alliés du Canada.

Le premier ministre Stephen Harper a toutefois rejeté une intervention militaire «directe» de la part du Canada, une décision qui, selon plusieurs experts en matière de défense, est clairement causée par la fatigue politique liée à l'Afghanistan.

Au dire de Robert Fowler, l'ancien diplomate canadien qui a été pris en otage dans la région du Mali en 2009, les forces françaises auront besoin d'une aide supplémentaire.

Les nations qui s'impliqueront au Mali devront retenir les leçons d'Afghanistan, a ajouté M.Fowler. Selon lui, ils devront se contenter d'éliminer al-Qaïda et ne pas s'embarquer dans un exercice de construction étatique.

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