Procès Tsarnaev: ses enseignantes racontent un enfant exceptionnel

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La décision reviendra aux mêmes 12 jurés qui avaient reconnu coupable Djokhar Tsarnaev (2e en partant de la gauche) le 8 avril dernier des 30 chefs d'accusation retenus contre lui.

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Attentats de Boston

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Attentats de Boston

Le fil d'arrivée du 117e marathon de Boston s'est rapidement transformé, lundi après-midi, en une véritable scène d'horreur. Vers 14h50, deux bombes ont explosé à deux endroits différents rue Boylston. Trois personnes sont mortes, dont un garçon de 8 ans. Selon un bilan provisoire, au moins 170 personnes, coureurs et spectateurs, ont été blessées, dont certaines gravement. »

Brigitte DUSSEAU
Agence France-Presse
BOSTON

Djokhar Tsarnaev était un enfant exceptionnel, un élève extrêmement travailleur, ami avec tout le monde, ont témoigné mercredi trois de ses anciennes enseignantes, au procès du jeune musulman qui risque la peine de mort pour les attentats de Boston.

C'était quelqu'un de loyal et drôle, ont aussi témoigné deux amies, peinant à contenir leurs larmes dans la salle d'audience du tribunal fédéral de cette ville du nord-est des États-Unis.

Jusqu'à présent la défense s'était largement concentrée sur son frère aîné Tamerlan, «consumé par le djihad» qui, selon elle, était le cerveau des attentats de 2013.

Mais mercredi, après avoir évoqué les turbulences de sa famille, un père malade, une mère destructrice, un frère aîné dominateur et fanatisé, la défense a commencé à raconter «Jahar», 21 ans, toujours aussi impassible dans la salle d'audience.

«Il travaillait incroyablement dur, il prenait son travail très au sérieux», a témoigné l'institutrice qui l'avait accueilli en CE2, après son arrivée aux États-Unis en 2002, Catheryn Charner-Laird. Souriant affectueusement en regardant l'accusé qui ne l'a pas regardée, elle a ajouté qu'il n'avait «jamais» besoin d'être puni.

Son institutrice de CM2, Tracy Gordon, a raconté un élève «super gentil, très intelligent, adorable. C'était un élève exceptionnel», a-t-elle ajouté. Il se faisait facilement des amis, respectait tout le monde, adultes et enfants».

«Il était brillant, très bon en maths, tous les professeurs l'aimaient beaucoup», a aussi raconté Rebecca Norris, sa professeure de maths en 5e, et professeur d'algèbre en 4e. Elle a raconté qu'il faisait aussi partie de l'équipe de football du collège. «C'était un de nos meilleurs élèves et un de nos meilleurs athlètes». À l'époque, elle pensait qu'il ferait de belles études.

Mais au début de la 3e, il est renvoyé un matin du collège, car il ne porte par la bonne couleur de pantalon pour l'uniforme. On lui demande d'aller se changer. Sa mère Zubeidat furieuse, l'inscrit dans un nouvel établissement, a raconté Mme Norris.

En 2011, deux ans avant les attentats, Djokhar Tsarnaev participe à un atelier «mini ONU», souvent proposé aux meilleurs élèves, a aussi témoigné un autre enseignant.

Un ami «loyal, drôle et cool» 

Une de ses amies à l'université U Mass Dartmouth, Tiarrah Dottin, a raconté un jeune étudiant «loyal, drôle, cool». Elle ne savait pas qu'il était musulman. Il ne parlait pas de religion ou de politique, a-t-elle dit.

Une autre amie, Alexa Guevara a raconté un jeune «très gentil, très tolérant», drôle, qui «ne se prenait pas au sérieux», aimait la pizza, le rap et les voitures et parlait peu de sa famille. «La personne que je connaissais me manque», a-t-elle ajouté, fondant en larmes. «C'était un ami proche, il était là pour moi».

La défense présente depuis lundi ses témoins à Boston, dans la phase finale du procès de l'ancien étudiant d'origine tchétchène, reconnu coupable le 8 avril des attentats du marathon le 15 avril 2013.

Ces attentats avaient fait 3 morts et 264 blessés, dont 17 ont été amputés.

Les jurés devront décider entre peine de mort et réclusion à perpétuité.

Le fils de la propriétaire de l'appartement loué par les Tsarnaev à Cambridge, en banlieue de Boston, avait auparavant mardi et mercredi raconté la famille, arrivée aux États-Unis en 2002, le père Anzor qui réparait des voitures dans des allées, rêvait d'acheter un garage avant de tomber malade.

Après, a raconté Sam Lipson, «il ne semblait plus intéressé par rien, semblait juste malheureux». La mère Zubeidat, que la défense a décrite comme une «force de destruction pour tous ceux qui l'entouraient», avait aussi échoué dans son rêve de faire de la cosmétologie.

Les parents étaient repartis en Russie en 2012, a témoigné M. Lipson.

Tamerlan, de retour de six mois au Daguestan où il était parti pour mener le djihad, reste alors le seul adulte dans la vie de Djokhar.

Selon la défense, le jeune frère a été entraîné dans la dérive fanatique de son aîné et mérite les circonstances atténuantes.

Selon l'accusation, c'est un terroriste sans remords qui mérite la peine de mort.

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