John Kerry à Paris vendredi

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«Ma visite en France vise surtout à partager un "big hug"» avec les Parisiens et «exprimer l'affection du peuple américain pour la France et nos amis pour la tragédie qu'ils ont vécue», a déclaré jeudi John Kerry lors d'une visite à Sofia.

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Attentats à Paris

Le siège parisien du journal satirique français «Charlie Hebdo» a été la cible d'un attentat terroriste sanglant ayant coûté la vie à au moins 12 personnes dont son directeur de rédaction et dessinateur emblématique Charb et ses trois autres caricaturistes vedettes: Cabu, Wolinski et Tignous. Le pire attentat en sol français depuis 50 ans. Cet attentat a été suivi par deux attaques qui seraient vraisemblablement liées au carnage chez «Charlie Hebdo». »

Philippe RATER
Agence France-Presse
PARIS

Le chef de la diplomatie américaine John Kerry entend marquer son affection pour les Français par un «big hug» (étreinte chaleureuse) lors d'une visite vendredi à Paris où il tentera de faire oublier un couac majeur entre deux «vieux» alliés, l'absence à haut niveau de Washington à la marche de dimanche contre le terrorisme.

«Ma visite en France vise surtout à partager un "big hug"» avec les Parisiens et «exprimer l'affection du peuple américain pour la France et nos amis pour la tragédie qu'ils ont vécue», a déclaré jeudi John Kerry lors d'une visite à Sofia.

Après l'attaque sanglante contre le journal Charlie Hebdo - 12 morts dont 7 journalistes -, le président américain Barack Obama avait affirmé que la France était «le plus vieil allié» des États-Unis. Dimanche, les États-Unis n'ont cependant pas jugé utile de se faire représenter à un échelon élevé à la marche sans précédent qui a réuni autour de François Hollande une cinquantaine de dirigeants, y compris israélien et palestinien.

À cet évènement historique, Washington n'était présent que par sa nouvelle ambassadrice, Jane Hartley, une spécialiste du monde de la finance sans expérience diplomatique.

Adulé par les Français, le démocrate Barack Obama s'était certes rendu à l'ambassade de France à Washington après les attentats pour quelques mots dans un livre de condoléances, comme l'a aussi fait John Kerry, francophile et cousin d'un ex-ministre français.

«Les États-Unis sont à vos côtés aujourd'hui et seront à vos côtés demain», avait déclaré le 9 janvier le président américain. Le 11, deux jours après, plus de 1,5 million de personnes battaient le pavé à Paris, près de 4 millions au total en France. Outre-Atlantique, une polémique a suivi sur le faible niveau de représentation américaine, contraignant la Maison-Blanche à reconnaître piteusement une erreur d'appréciation.

La sécurité et la logistique ont été évoquées, mais elles n'ont guère empêché la présence du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, autre dirigeant extrêmement exposé à une éventuelle agression. Et si Barack Obama n'était pas en mesure de venir, il pouvait, pour afficher sa solidarité, recourir à son vice-président Joe Biden, demander à John Kerry d'écourter une visite en Inde, ou même solliciter Bill et Hillary Clinton.

En France, les autorités ont adopté un profil bas face au «dédain» supposé du chef de file du monde démocratique, mais aussi et surtout de la lutte internationale contre le terrorisme.

«Bras d'honneur» 

Les Américains ont peut-être cru que leur présence n'était pas nécessaire, s'est interrogé François Hollande dans des propos rapportés par le quotidien Le Parisien, tandis que le Quai d'Orsay se répandait pour assurer que les deux alliés de l'OTAN étaient restés en étroite relation tout au long de la tragédie, partageaient les mêmes valeurs, et luttaient ensemble contre la menace djihadiste.

Paris est le deuxième contributeur aux raids aériens menés sous la houlette américaine contre le groupe armé État islamique en Irak.

À la veille de l'arrivée à Paris de John Kerry, le président français a toutefois jugé utile de déplorer une énième fois que «la communauté internationale» - comprendre les États-Unis - ne soit pas intervenue militairement en Syrie à la fin de l'été 2013 comme le souhaitait la France.

À l'époque, Barack Obama avait placé François Hollande dans une position très délicate en renonçant à la dernière minute d'attaquer le régime de Bachar al-Assad, accusé d'usage de munitions chimiques contre sa population.

Les Français avaient dû sur-le-champ remettre l'arme au pied et, même si Paris a peut-être mal anticipé les choix américains, cet épisode continue de laisser un goût très amer en France.

Depuis l'arrivée au pouvoir en 2012 de François Hollande, d'autres couacs, plus petits, ont émaillé la relation franco-américaine.

Lorsque la France a décidé du jour au lendemain d'intervenir militairement au Mali, elle a pu compter sur une aide logistique américaine précieuse (avions gros porteurs). Mais lorsque les Américains ont présenté la facture, les Français ont répondu par «un bras d'honneur», a raconté à l'AFP un responsable français s'exprimant sous anonymat.

Pour redorer le blason américain en France, John Kerry devrait probablement multiplier les gestes symboliques à l'intention des victimes des attentats. Mardi, l'ambassadrice américaine a assisté à un hommage aux trois policiers tués et a déposé une gerbe de fleurs devant le supermarché casher dans lequel quatre juifs ont péri sous les balles d'un djihadiste.

Les attentats en France ont fait au total 17 morts et une vingtaine de blessés.

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