Les larmes de Tintin se répandent sur l'internet

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Pour exprimer leur soutien aux Belges, de nombreux internautes ont choisi de mettre en scène Tintin, le personnage créé par Hergé et devenu un des symboles de Bruxelles et de la Belgique. Dans une des images les plus partagées, tirée d'une planche de Tintin au Tibet, Tintin et Milou sont en pleurs.

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Taimaz SZIRNIKS
Agence France-Presse
Paris

De nombreux artistes et internautes ont exprimé mardi leur solidarité avec Bruxelles, meurtrie par trois attentats qui ont fait au moins 29 morts, diffusant massivement des images de Tintin en pleurs, devenu le symbole de la Belgique en deuil.

Après la diffusion de la nouvelle peu après 8 h locales mardi (3 hau Québec), de nombreux internautes ont affiché leur soutien aux victimes des attaques et aux habitants de la capitale belge, notamment sous le mot-clé #JesuisBruxelles, sur le modèle du #JesuisCharlie qui avait suivi la tuerie du 7 janvier 2015 contre l'hebdomadaire satirique français.

Les hashtags concernant Bruxelles, dont #PrayforBelgium («priez pour la Belgique»), étaient les plus partagés sur le réseau social Twitter en fin d'après-midi.

À Bruxelles, alors que les transports publics ont été interrompus dans le centre pendant plusieurs heures, des centaines d'internautes ont proposé un toit aux personnes bloquées, sous les mots-clé «porte ouverte», «openhouse» ou, en flamand, «ikwilhelpen». Lors des attentats de Paris du 13 novembre 2015, des centaines d'habitants avaient déjà accueilli des passants confrontés à la fermeture des métros grâce au même mot-clé.

Pour exprimer leur soutien aux Belges, de nombreux internautes ont choisi de mettre en scène Tintin, le personnage créé par Hergé et devenu un des symboles de Bruxelles et de la Belgique. Dans une des images les plus partagées, tirée d'une planche de Tintin au Tibet, le petit reporter et Milou sont en pleurs.

Repris par le styliste français Jean-Charles de Castelbajac, le héros dit son amour à la ville de «Brux-ailes». «Moi aussi, capitaine, j'ai parfois envie de déménager sur la lune», fait dire à Tintin le dessinateur de BD Joann Sfar, rassurant un capitaine Haddock effondré.

L'autre grand symbole de Bruxelles, la statuette du Manneken-Pis, a été mise à contribution par le dessinateur Nawak, urinant sur un terroriste. Pour un autre caricaturiste, Martin Vidberg, le 22 mars a été décrété «journée mondiale sans blague belge».

Le premier ministre français Manuel Valls a lui tweeté le dessin du caricaturiste Plantu pour le journal Le Monde, représentant le drapeau français qui entoure de son bras un drapeau belge en pleurs. L'hommage de Plantu, publié sur le compte du journal, avait été retweeté plus de 20 000 fois en fin d'après-midi.

Une frite en doigt d'honneur

«13 novembre à Paris, 22 mars à Bruxelles, la France et la Belgique ensemble face au terrorisme», a écrit Manuel Valls.

«Nous sommes encore 11 millions. On vous emmerde. Vous ne nous aurez pas. On va pas vous faire ce plaisir. Vive la frite!», a tweeté un avocat bruxellois dans la matinée. Un symbole de la Belgique qui figurera en une mercredi du journal satirique français Le Canard enchaîné et qui a aussi été transformé en doigt d'honneur à l'adresse des terroristes par des internautes.

Après avoir annoncé que la tour Eiffel serait aux couleurs de la Belgique dans la nuit de mardi, la maire de Paris Anne Hidalgo a aussi appelé à un rassemblement silencieux en début de soirée.

De nombreuses personnalités ont aussi réagi très vite sur les réseaux sociaux. «De tout coeur avec vous en Belgique», a tweeté le chanteur français d'origine belge Johnny Halliday, qui a un concert prévu samedi à Bruxelles, tandis que la chanteuse belge Maurane plaçait un «We love Brussels» en photo de profil sur sa page Facebook.

Les réseaux téléphoniques ont été saturés en fin de matinée dans la capitale belge, de nombreux Bruxellois ont utilisé les réseaux sociaux pour rassurer leurs proches, comme l'a demandé le centre de crise belge.

Facebook a activé mardi son «Safety check» (contrôle de sécurité) pour ses utilisateurs présents à Bruxelles, comme il l'avait fait lors des attentats de Paris, ou de celui d'Ankara à la mi-mars.

«Êtes-vous dans la zone affectée?» demandait le site à ses utilisateurs identifiés comme Bruxellois ou ayant signalé leur présence dans la capitale.

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