«Probablement deux kamikazes», chasse à l'homme pour le 3e suspect

Trois hommes poussant des chariots à bagages sont... (PHOTO AFP / POLICE FÉDÉRALE BELGE)

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Trois hommes poussant des chariots à bagages sont visibles sur cette photo prise dans un hall de l'aéroport de Bruxelles, apparemment dans la zone d'enregistrement des passagers.

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Agence France-Presse
BRUXELLES

La police belge a lancé une chasse à l'homme pour retrouver l'un des auteurs présumés des attentats coordonnés qui ont frappé mardi l'aéroport et le métro de Bruxelles, attaques revendiquées par l'État islamique qui ont fait une trentaine de morts et plus de 200 blessés.

Les autorités ont diffusé une image des trois suspects présumés des attentats qui ont frappé vers 7 h locales (2h au Québec) l'aéroport international de Bruxelles-Zaventem, captée par une caméra de vidéo-surveillance, montrant trois hommes poussant des chariots à bagages.

Le procureur fédéral belge Frédéric Van Leeuw a déclaré que deux d'entre eux avaient «probablement commis un attentat suicide», et étaient donc probablement morts. Selon certains médias, dont La Libre Belgiquele gant noir qu'ils portaient à la main gauche aurait servi à dissimuler les détonateurs d'explosifs. 

Le troisième - portant veste et chemise claires, des lunettes sous un chapeau noir et pour lequel un avis de recherche a été lancé, est «activement recherché», a ajouté le procureur.

Les assaillants transportaient leurs bombes dans des valises posées sur des chariots, a déclaré à l'AFP dans la soirée le maire de la commune où est implanté l'aéroport.

« Ils sont venus en taxi avec des valises, leurs bombes étaient dans les valises. Ils ont mis leurs valises dans des chariots. Les deux premières bombes ont explosé », a affirmé le bourgmestre (maire) de Zaventem, Francis Vermeiren. « Le troisième a aussi mis sa valise sur un chariot mais il a dû paniquer, elle n'a pas explosé », a-t-il ajouté. La présence possible de trois assaillants a aussi été évoquée par le parquet fédéral belge, qui a précisé que le troisième, le seul qui aurait survécu, était « activement recherché ».

Des «perquisitions sont en cours en plusieurs endroits du pays», a encore indiqué M. Van Leeuw. Le parquet fédéral a précisé qu'un engin explosif et un drapeau de l'EI avaient notamment été découverts lors d'une perquisition à Schaerbeek, une commune du nord-est de la capitale belge.

L'État islamique a revendiqué officiellement ces attaques, les plus sanglantes jamais commises à Bruxelles, capitale belge et capitale de l'Europe. Elles montrent, selon les experts, que les réseaux de l'EI restent capables de monter des opérations meurtrières malgré la pression policière à laquelle ils sont soumis.

Souvent considérée comme un sanctuaire pour les islamistes radicaux, Bruxelles avait échappé jusqu'ici aux attaques qui ont ensanglanté Madrid en 2004, Londres en 2005, et Paris à deux reprises en 2015.

«Une cellule secrète des soldats du califat (...) s'est élancée en direction de la Belgique croisée», a revendiqué dans un communiqué l'EI, qui accuse ce pays de n'avoir «cessé de combattre l'islam et les musulmans».

Les dirigeants des 28 pays de l'UE et des institutions européennes ont dénoncé une attaque contre «notre société ouverte et démocratique». «C'est toute l'Europe qui est frappée», a déclaré le président français François Hollande, tandis que le président américain Barack Obama appelait le monde à «s'unir» face au terrorisme.

3e bombe non explosée

Ces nouveaux attentats surviennent quatre jours après la capture spectaculaire dans la commune bruxelloise de Molenbeek du Français Salah Abdeslam, seul survivant parmi les assaillants des attentats de novembre à Paris (130 morts), et désormais incarcéré à Bruges avant son transfèrement demandé par la France.

Le procureur fédéral a cependant souligné qu'«il était encore trop tôt pour établir un lien avec les attentats de Paris».

Les deux premières explosions sont survenues vers 8 h (3 h au Québec) à l'aéroport, faisant 14 morts et 96 blessés à l'aéroport, selon les pompiers.

Selon le gouverneur de la province du Brabant Flamand, Lodewijk De Witte, «trois bombes avaient été introduites» dans l'aéroport, mais l'une d'elles «n'a pas explosé».

Un attentat commis une heure plus tard à l'intérieur d'une rame à la station de métro Maelbeek, en plein quartier européen, a ensuite provoqué «probablement une vingtaine de décès» et 106 blessés, selon le maire de Bruxelles Yvan Mayeur.

Les pompiers évoquaient eux une «quinzaine de morts» et 72 blessés à Maelbeek.

L'alerte antiterroriste a été relevée au niveau 4, son niveau maximal, et l'aéroport international de Bruxelles-Zaventem restera fermé mercredi. La sécurité autour des institutions européennes à Bruxelles et Strasbourg, ainsi qu'autour des centrales nucléaires belges, a été renforcée.

Les transports en commun ont été suspendus plusieurs heures à Bruxelles. La population était appelée à éviter les déplacements, même si la situation revenait progressivement à la normale en soirée.

Ces nouveaux attentats ont aussi créé une onde de choc à travers l'Europe et entraîné des réunions d'urgence des gouvernements à Paris et Londres. La sécurité a été rapidement renforcée dans plusieurs aéroports.

La France a annoncé un déploiement supplémentaire de 1600 policiers et gendarmes, tandis qu'au Royaume-Uni, la police renforçait sa présence «dans les endroits névralgiques».

«Nous redoutions un attentat et c'est arrivé», a réagi le premier ministre Charles Michel, évoquant «un moment noir pour ce pays».

Mardi soir, il est allé se recueillir place de la Bourse, au coeur de Bruxelles, au milieu de centaines de Bruxellois venus déposer fleurs et bougies.

«Ce 22 mars ne sera plus jamais une journée comme les autres», a déclaré le roi des Belges, Philippe, dans une allocution à la télévision.

Le gouvernement belge a décrété un deuil national de trois jours.

Cris en arabe 

Mardi matin, des tirs ont d'abord été entendus dans le hall des départs de l'aéroport, près des comptoirs d'enregistrement, avant qu'un homme ne lance des cris en arabe et que deux explosions retentissent, ont indiqué plusieurs témoins.

«Un monsieur a crié en arabe (...) quelques mots et j'ai entendu une grosse déflagration», a témoigné Alphonse Lyoura, un employé de la sécurité des bagages.

C'était «une panique générale» et «beaucoup de personnes ont perdu des jambes», a déclaré à l'AFP un homme qui se trouvait à cinq mètres de l'explosion qui a provoqué des panaches de fumée au-dessus de l'aérogare.

Cheryl Miller, passagère en provenance de New York, se trouvait dans une file d'attente quand «il y a eu une énorme explosion et beaucoup de secousses. La poussière tombait des conduits d'aération. Nous avons tous couru pour nous protéger.»

Moins d'une heure après l'aéroport, le métro était ciblé, une explosion soufflant une rame arrêtée à 300 mètres de la Commission européenne.

Une photo diffusée par la chaîne publique RTBF montrait une rame éventrée, sièges déchiquetés et parois calcinées, à la station frappée en pleine heure de pointe.

«J'ai entendu des gens crier +Sortez, sortez+, des gens couraient», a raconté un rescapé, un homme d'affaires qui a voulu garder l'anonymat. «Dehors, j'ai vu des gens assis, certains avaient du sang sur le visage... De la fumée sortait du métro».

La déflagration a été telle qu'elle a provoqué l'écroulement de trois murs d'un stationnement souterrain attenant à la station, a décrit le porte-parole des pompiers bruxellois.

«Il y a beaucoup de nationalités» parmi les blessés, a précisé le maire de la ville, ajoutant que l'identification des victimes allait «prendre du temps» en raison de la situation «chaotique».

Une troisième bombe «n'a pas explosé»

«Trois bombes avaient été introduites» mardi matin dans l'aéroport de Bruxelles par les auteurs des attentats, mais l'une d'elles «n'a pas explosé», a annoncé le gouverneur de la province du Brabant Flamand, Lodewijk De Witte.

Une équipe de déminage avait procédé en début d'après-midi à l'explosion d'un objet suspect dans le hall de départs, où au moins 14 personnes sont mortes dans deux explosions mardi matin. «C'est parce que trois bombes avaient été introduites dans le bâtiment dont une n'a pas explosé, la troisième», a expliqué Lodewijk De Witte lors d'un point de presse à l'aéroport, retransmis à la télévision.

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