Un attentat «prémédité» et un intérêt «récent» pour le djihadisme

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Attentat à Nice

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Attentat à Nice

En pleines célébrations de la fête nationale française, la ville de Nice a été frappée par une attaque terroriste alors qu'un homme au volant de son camion a semé la mort parmi les gens massés sur la promenade des Anglais pour assister à des feux d'artifice. »

Catherine Marciano, Andrea Bambino
Agence France-Presse
Nice et Paris

Mohamed Lahouaiej Bouhlel, le tueur de Nice, manifestait il y a quelques mois encore une «sexualité débridée», et il consommait abondamment les images les plus violentes du djihadisme, selon l'enquête.

«Des témoignages font état d'un individu très éloigné des considérations religieuses, ne pratiquant pas, mangeant du porc, buvant de l'alcool, consommant de la drogue et ayant une vie sexuelle débridée», a déclaré lundi le procureur de Paris François Molins.

Plusieurs éléments montrent cependant que le Tunisien de 31 ans a manifesté «un intérêt certain et récent pour la mouvance jihadiste radicale», a expliqué le magistrat, même si aucun lien formel avec l'organisation État islamique, qui a revendiqué l'attentat, n'a été établi à ce stade.

L'analyse de l'ordinateur du tueur a montré qu'il avait effectué du 1er au 13 juillet sur internet des «recherches quasi quotidiennes» sur les sourates du Coran, et sur de récentes actions terroristes comme à Orlando (49 morts le 12 juin en Floride), ou Magnanville (ville en région parisienne où deux policiers ont été tués le 13 juin par un homme se réclamant de l'EI), selon le procureur.

Dans l'ordinateur étaient également stockées des «photos à caractère très violent de cadavres et des photos en lien avec l'islam radical», a expliqué M. Molins, qui a également mentionné des témoignages selon lesquels le tueur s'était laissé pousser la barbe depuis huit jours et avait dit «être habitué» à voir des vidéos de décapitation.

Parmi les centaines de personnes interrogées depuis jeudi soir par les enquêteurs, plusieurs ont évoqué la religiosité du jeune homme, a confié dimanche une source proche du dossier à l'AFP.

«Frimeur, dragueur»

Arrivé en France en 2005, il avait régularisé sa situation l'année suivante, et avait épousé une Niçoise franco-tunisienne, avec qui il avait eu trois enfants. Le couple, en instance de divorce, était toujours habillé à l'occidentale, selon les témoignages recueillis par l'AFP.

Son père, interrogé en Tunisie par l'AFP, avait perdu depuis longtemps le contact avec ce fils, dont il dit qu'il n'avait «aucun lien avec la religion».

Dans la petite salle de sport que le chauffeur-livreur fréquentait à Nice jusqu'à il y a deux ans environ, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a laissé le souvenir d'un «frimeur», un «dragueur» un peu «lourd», rapporte un témoin.

Les auditions des témoins permettent de tracer le portrait d'un jeune homme à la sexualité débridée. Un homme de 74 ans entendu par les enquêteurs est même présenté par certains comme un de ses amants.

Il était également décrit comme «particulièrement violent avec sa femme et ses enfants».

Suite à une altercation violente avec son épouse, cette dernière avait demandé le divorce et Lahouaiej Bouhlel avait déménagé seul dans un appartement dans un quartier populaire de l'est de Nice.

Placée en garde à vue pendant 48 heures, son ex-épouse subissait «des coups répétés de son mari, des violences physiques et du harcèlement», a déclaré son avocat, Me Jean-Yves Garino. Selon ce dernier, elle n'a pas assisté à un quelconque processus de radicalisation de son mari.

Le chauffeur-livreur était connu de la justice pour divers de droit commun entre 2010 et 2016. Le 24 mars, il avait été condamné à Nice à six mois de prison avec sursis pour des violences lors d'une altercation liée à un accident de la circulation.

Son père, Mohamed Mondher Lahouaiej-Bouhlel, décrit lui aussi un jeune homme souffrant d'accès de violence, ayant eu entre 2002 et 2004 «des problèmes qui ont provoqué une dépression nerveuse. Il devenait colérique, il criait, il cassait tout ce qui se trouvait devant lui».

Jeudi soir, John Lambert, un Sud-Africain dont le témoignage a été recueilli par la chaîne sud-africaine Enca, l'a vu au volant du camion de 19 tonnes qu'il conduisait sur la Promenade des Anglais. «Il était très calme, très concentré. C'est presque comme s'il jouait à un jeu vidéo. Il était juste concentré sur sa tâche: essayer d'écraser le plus de monde possible».

L'état d'urgence prolongé jusqu'à début 2017

Le Parlement français devrait prolonger l'état d'urgence au-delà des trois mois prévus dans le projet de loi de l'exécutif, en le maintenant jusqu'à début 2017, ont indiqué lundi soir à l'AFP des sources parlementaires et gouvernementales.

«On devrait arriver à un accord entre la gauche et la droite sur ce point», a-t-on fait valoir, alors que le texte sera débattu mardi soir puis mercredi dans les deux chambres du Parlement, Assemblée nationale et Sénat.

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