Toujours en quête de nouvelles d'un proche

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C'est un mélange de douleur et de tristesse qui se lit sur le visage d'hommes et femmes qui viennent à la cellule psychologique de l'École militaire dans l'espoir de retrouver un proche.

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Attaques à Paris
Attaques à Paris

Notre dossier spécial sur les attentats qui ont fait au moins 129 morts à Paris, le 13 novembre 2015. »

Véronique Beaudet
La Presse

Tout au long de la journée d'hier, des familles et des proches des victimes continuaient à arriver à la cellule d'aide psychologique mise en place à l'École militaire pour avoir des nouvelles d'un ami, d'une copine, d'une fille ou d'un fils. Nombre d'entre eux étaient encore sans nouvelles de leurs proches.

Patrick Jardin n'a plus de nouvelles de sa fille Nathalie depuis vendredi soir. «Je ne sais pas si ma fille est en vie», nous dit l'homme, qui a fait le tour des hôpitaux, en vain. «Ma fille travaille au Bataclan, elle est éclairagiste.» Elle y travaillait ce soir-là. «Quand j'ai su ce qu'il se passait au Bataclan, j'ai pris ma voiture et je suis venu», raconte l'homme qui vit à Lille. Le nom de sa fille de 31 ans n'est ni sur la liste des blessés ni sur celle des personnes mortes. Il semblerait donc que Nathalie fasse partie des 20 à 30 corps qui n'avaient toujours pas été identifiés hier midi, lorsque le ministre de l'Intérieur Manuel Valls s'est adressé aux médias devant le centre d'aide aux familles des victimes.

La liste et des ressources

C'est un mélange de douleur et de tristesse qui se lit sur le visage de ces hommes et de ces femmes qui viennent à la cellule psychologique dans l'espoir de retrouver un proche. Ils arrivent au compte-gouttes et souvent à plusieurs, enlacés ou en pleurs, pour se soutenir dans cette tragédie. Ils peuvent y consulter la liste des personnes hospitalisées et mortes. La Croix-Rouge, des psychologues et des médecins sont là pour accueillir les familles et les proches.

Paul, Samuel, Nicolas et leurs amis, tous dans la vingtaine, attendent devant la grille, angoissés. Ils sont sans nouvelles d'une copine depuis vendredi. Elle se trouvait avec trois de leurs amis au bar Le Carillon, dans le 10e arrondissement, lorsque les terroristes ont commencé à tirer. Depuis, rien. Avec la famille, ils ont fait le tour des hôpitaux et des réseaux sociaux, mais rien. Ils espèrent trouver ici une réponse. «On reste ensemble, en groupe. On s'appelle tous les uns les autres depuis vendredi», souligne Paul.

Tous auraient très bien pu se trouver au Carillon ce soir-là. «C'est un petit bar un peu bobo près du canal Saint-Martin où on va souvent. Tout le monde se connaît dans ce coin-là. On a tous à peu près les mêmes références culturelles. Ç'a un petit côté communauté», explique Nicolas. Lorsque leurs trois amis ressortent, le visage défait, on devine que la nouvelle n'est pas bonne. Le groupe repart ensemble, soudé et en larmes. Trop difficile de parler.

Un peu plus tard, un jeune homme dans la trentaine nous dit qu'il est lui aussi sans nouvelles d'une copine depuis vendredi soir. «Elle était au Bataclan. On n'a pas d'infos. Elle fait partie des personnes non identifiées», précise-t-il. «J'ai aussi un collègue de blessé et un ami qui a perdu quatre amis.» Tous ceux qui sont là vivent un drame. Pour un autre homme venu pour un soutien psychologique, c'est un frère qu'il a perdu, mort sur la terrasse de La Belle Époque.

Vers 18h hier, une centaine de proches des victimes se trouvaient encore à l'intérieur du centre d'aide aux familles.

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