Jusqu'à 70 000 migrants pourraient être «coincés» en Grèce en mars

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«Selon nos estimations, le nombre de ceux qui seront pris au piège dans notre pays s'établira entre 50 000 et 70 000 personnes le mois prochain», a déclaré le ministre grec de la Politique migratoire, Yiannis Mouzalas.

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis 2015 des centaines de milliers de personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» de l'EI à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Katerina NIKOLOPOULOU
Agence France-Presse
ATHÈNES

La Grèce a averti dimanche que le nombre de migrants bloqués sur son territoire risquait de tripler en mars, pour atteindre le chiffre de 70 000 personnes, en raison des quotas imposés par les pays des Balkans aux candidats à l'établissement en Europe occidentale.

Plusieurs centaines d'entre eux ont manifesté dimanche, allongés sur les rails, côté grec de la frontière macédonienne qui leur était fermée, a constaté un journaliste de l'AFP.

«Selon nos estimations, le nombre de ceux qui seront pris au piège dans notre pays s'établira entre 50 000 et 70 000 personnes le mois prochain», a déclaré le ministre grec de la Politique migratoire, Yiannis Mouzalas.

«Aujourd'hui, il y a 22 000 réfugiés et migrants» en Grèce, a-t-il dit dans une interview télévisée à la chaîne Mega.

Environ 6500 d'entre eux étaient bloqués dimanche dans un camp de fortune près du village d'Idomeni, dans le nord de la Grèce, à la frontière macédonienne. Quelque 500 autres s'étaient installés dans une station-service à 12 km de là.

La veille, les autorités de Skopje n'ont laissé passer que 300 personnes par ce poste-frontière qui restait fermé dimanche.

Après la manifestation sur les rails, de nombreux réfugiés se sont rassemblés près de la barrière qui sépare les deux pays, exhortant les Macédoniens à les laisser passer.

Idomeni s'est transformé en goulot d'étranglement après la décision, la semaine dernière, de Skopje de refuser l'accès à son territoire aux Afghans et de renforcer le contrôle des documents d'identité pour les Syriens et Irakiens.

Et la situation devrait encore empirer avec la décision vendredi de la Slovénie et la Croatie, membres de l'UE, ainsi que la Serbie et la Macédoine de limiter à 580 le nombre d'hommes, de femmes et d'enfants transitant quotidiennement par leur territoire.

Ces pays des Balkans ont emboîté le pas à l'Autriche qui a choisi il y a plus d'une semaine de limiter l'entrée des migrants à 80 demandeurs d'asile par jour, et à 3200 personnes en transit.

La décision de ces pays de la route des Balkans de faire cavalier seul a profondément irrité Athènes, qui a rappelé la semaine dernière son ambassadrice à Vienne pour «consultations» après une réunion à laquelle la Grèce n'avait pas été associée.

Le chancelier autrichien Werner Faymann a enfoncé le clou dimanche, accusant Athènes de se comporter «comme une agence de voyages» en laissant librement passer les migrants.

«La Grèce a accueilli l'an passé 11 000 demandeurs d'asile, nous 90 000. Cela ne doit pas se reproduire», a-t-il déclaré dans la presse autrichienne.

«Effet ricochet»

Face à la cacophonie européenne sur la question des migrants, le pape François a exhorté les pays de l'Union à trouver une «réponse unanime» et à «répartir équitablement les charges» entre eux.

Le pape, qui s'exprimait dimanche lors de l'Angélus sur la place Saint-Pierre à Rome, a salué «le généreux secours» apporté par la Grèce et «les autres pays en première ligne», et estimé que cette urgence humanitaire «nécessitait la collaboration de toutes les nations».

En quête d'un hypothétique «consensus» sur la gestion de la crise qui divise comme jamais l'Europe, le président du Conseil européen Donald Tusk doit se rendre du 1er au 3 mars à Vienne, Ljubljana, Zagreb, Skopje et Athènes avant un sommet UE-Turquie le 7 mars.

L'enjeu a été posé par le commissaire européen aux Migrations, Dimitri Avramapoulos, qui a prévenu que l'Europe irait au «désastre» s'il n'y avait pas de «convergence» lors de ce sommet à Bruxelles.

La Grèce, elle, semblait surtout compter sur une baisse de l'afflux de migrants en provenance de Turquie.

«Nous préparons une campagne d'information à destination de la Turquie» sur la fermeture du poste-frontière d'Idomeni, a expliqué le ministre grec de la Politique migratoire, estimant que cette initiative, couplée au déploiement prévu de navires de l'OTAN en mer Egée, devrait réduire de 70 % le nombre des arrivées en Grèce.

Plus à l'ouest, c'est l'Italie qui craignait un «effet ricochet», selon les mots du procureur régional de la ville de Lecce dans les Pouilles (sud), et se préparait donc à faire face à un afflux possible de migrants, en quête d'une nouvelle route vers l'Europe du Nord.

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