Les déplacements sans passeport vont être limités dans l'espace Schengen

Des camions passent la frontière entre la Belgique... (Photo Virginia Mayo, archives AP)

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Des camions passent la frontière entre la Belgique et le Luxembourg.

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis 2015 des centaines de milliers de personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» de l'EI à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Derek Gatopoulos, Raf Casert
Agence France-Presse
Bruxelles

Les membres de l'Union européenne (UE) s'apprêtent à invoquer une règle d'urgence pour restreindre les déplacements sans passeport au cours des deux prochaines années, en réaction à la crise des migrants, démontrent des documents dont l'Associated Press a pu prendre connaissance.

Cette décision viendrait renverser la tendance des dernières décennies, qui favorisait un élargissement de ces déplacements.

Il est possible depuis 1995 de se déplacer à l'intérieur de la zone de Schengen sans aucune vérification de papiers. Chacun des 26 pays membres de cette zone peut toutefois rétablir unilatéralement les contrôles douaniers pour une période de six mois. Ces contrôles peuvent être remis en place pour deux ans si on détermine qu'un pays ne protège pas adéquatement ses frontières.

Les documents indiquent que les leaders européens s'apprêtent pour la toute première fois à invoquer une mesure d'urgence en déclarant que la Grèce ne protège pas suffisamment sa frontière. Quelque 2000 personnes continuent à arriver quotidiennement sur les îles grecques depuis la Turquie à bord d'embarcations de passeurs; la plupart d'entre elles veulent rejoindre des pays européens bien nantis comme l'Allemagne et la Suède.

Un dirigeant européen a permis à l'AP de consulter les documents confidentiels sous le couvert de l'anonymat. Les dirigeants grecs ont refusé de commenter des documents qui n'ont pas été rendus publics.

Les leaders européens réunis à Bruxelles vendredi ont admis que le fonctionnement de la zone de Schengen était « gravement menacé » et prévenu que la Grèce devrait faire plus pour s'attaquer à des « problèmes graves » au cours des trois prochains mois.

Des enquêteurs européens qui ont visité la frontière grecque en novembre ont donné à Athènes jusqu'en mai pour améliorer la situation sur les îles. Deux évaluations préliminaires transmises aux autorités grecques en janvier font état de « progrès », tout en notant des « problèmes importants » dans la gestion du flot de réfugiés.

Avec les aspirants réfugiés qui affluent à un rythme dix fois plus rapide qu'en janvier 2015, les pays européens sont réticents à démanteler les contrôles douaniers d'urgence qu'ils ont mis en place. Mais s'ils les maintiennent sans autorisation, les autorités de l'UE craignent que le concept d'espace Schengen tout entier ne disparaisse.

Les évaluations des frontières de la Grèce sont de plus en plus négatives. Dans un rapport confidentiel du 27 janvier, la Commission européenne a indiqué qu'il y avait de « graves manquements dans l'établissement de contrôles des frontières externes », et que la Grèce « néglige sérieusement ses obligations ».

Dans la déclaration de vendredi, l'UE a également dit à la Grèce que, « étant donné l'ampleur de la situation, des mesures supplémentaires étaient nécessaires ». L'union voudrait notamment qu'Athènes améliore les procédures de vérification et d'accueil au débarquement des réfugiés qui arrivent par bateau, et qu'elle bâtisse des centres de détention pour ceux qui seront déportés.

La Grèce plaide qu'elle a déjà répondu à plusieurs demandes de l'UE. Le pays s'est engagé à compléter de nouveaux centres de vérification sur quatre îles, et à bâtir de nouveaux camps de transition au cours de la semaine prochaine.

L'UE a admis que la Grèce faisait face à de grands / et que, avec autant d'arrivées sur son territoire, « le contrôle des frontières externes de n'importe quel État membre serait sous pression ». Elle a cependant souligné, d'abord et avant tout, que le concept de la zone Schengen se devait d'être préservé. « Les difficultés de la Grèce ont un impact sur l'UE tout entière, et elles doivent être surmontées collectivement. »

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