Suède: des migrants refusent de s'installer dans un coin reculé et froid

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Des migrants attendent de prendre un bus dans une station de Haparanda, au nord de la Suède.

Photo ANNE KAURANEN, AFP

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis le début de l'année des centaines de milliers de personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» de l'EI à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
Stockholm, Suède

De charmants chalets posés au coeur d'une immense forêt de conifères : pour le promeneur solitaire amateur de nature, l'endroit est idyllique, mais pour un réfugié du Moyen-Orient, ça peut tourner au véritable cauchemar.

Sis le long d'un ruisseau à truites, le village-vacances de Lima, paradis des pêcheurs et des cueilleurs de baies à 40 kilomètres au nord de Malung, à l'ouest du pays, est le théâtre d'un drame insolite au regard de celui vécu par les migrants sur les routes de l'exil.

Dimanche soir en effet, une soixantaine de réfugiés récemment arrivés de villes de transit dans l'est de la Suède ont découvert avec effarement à la nuit tombée, par des températures proches de zéro, leur futur lieu de résidence.

«Ils nous disent qu'on va vivre ici, mais ça n'est pas possible pour tout le monde. Il y a des enfants et une femme enceinte, il fait trop froid, il n'y a ni magasins ni médecin.»

Hadeel Waez
un migrant syrien

Dans ces contrées, le silence n'est interrompu que par le vent soufflant dans les ramures des boulots et des pins, le chant du tétras et les plaintes de l'élan que loups, ours et gloutons disputent aux chasseurs.

La plupart des migrants ont fini par accepter de s'installer mais une quinzaine s'y refusent toujours et demandent leur transfèrement dans une ville, voire leur retour en Allemagne. Ils demeurent à l'intérieur ou à proximité des deux cars qui les y ont conduits, les empêchant de repartir.

« Ils nous disent qu'on va vivre ici, mais ça n'est pas possible pour tout le monde. Il y a des enfants et une femme enceinte, il fait trop froid, il n'y a ni magasins ni médecin », expliquait mardi Hadeel Waez, un migrant de nationalité syrienne, à la chaîne de télévision SVT.

L'Agence des Migrations, Migrationsverket, ainsi que des élus locaux, s'efforce depuis de les faire changer d'avis, sans succès.

À court de logements

La Suède, qui reçoit chaque semaine près de 10 000 réfugiés, est à court de logements. Ses structures d'accueil sont saturées, au point que des campements de tentes sont en cours d'installation.

« Avec un nombre d'arrivées qui ne cesse de croître, c'est sûr que les logements que nous trouvons sont de plus en plus éloignés des villes », a reconnu une responsable de l'agence, Maria Löfgren, soulignant que de tels cas de refus étaient très rares.

« Ce n'est pas entièrement au milieu de nulle part. Il y a un magasin, des communications par car », a-t-elle plaidé.

Lumière nulle, -30 degrés

La Suède est l'un des pays d'Europe qui attirent le plus de réfugiés. Elle prévoit entre 140 000 et 190 000 demandes d'asile cette année, pour une population de 9,8 millions d'habitants.

Mais les conditions de vie l'hiver dans ce royaume scandinave effrayent nombre d'étrangers issus de pays chauds avec, dans les régions du nord, une lumière naturelle quasiment nulle des mois durant, de la neige la moitié de l'année et des températures descendant sous les -30 °C.

Reste que la compagnie qui affrète les cars immobilisés a bien l'intention de les récupérer.

« La compagnie de transport a fait appel aux huissiers » dans le but de récupérer ses véhicules, a annoncé Mme Löfgren.

« Nous avons demandé leur expulsion », a confirmé à l'AFP, parlant des migrants présents à l'intérieur des cars, le directeur général de la société Westin Buss, Kenneth Johansson, ignorant quand elle aurait lieu.

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