Réfugiés: blocages dans les Balkans, manifestation en Allemagne

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Après la fermeture par la Hongrie de sa frontière avec la Croatie, les migrants doivent désormais passer par la Slovénie pour poursuivre leur périple. Or Ljubljana a fait savoir qu'elle limiterait l'entrée de son territoire à 2500 migrants par jour, moitié moins que ce que demande Zagreb.

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis le début de l'année des centaines de milliers de personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» de l'EI à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Katarina Subasic, Antoine Lambroschini
Agence France-Presse
Berkasovo, Berlin

Des milliers de migrants coincés dans les Balkans ont pu entrer lundi en Croatie après des heures d'attente dans l'espoir de se rendre en Allemagne, où les opposants aux réfugiés ont crié leur colère dans la soirée à Dresde.

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Des policiers croates montent la garde à la frontière alors que des réfugiés et des migrants tentent d'entrer en Croatie depuis la Serbie, près du village de Berkasovo, le 19 octobre. 

PHOTO ANDREJ ISAKOVIC, AFP

Après la fermeture par la Hongrie de sa frontière avec la Croatie, les migrants fuyant guerres et persécutions doivent désormais passer par la Slovénie, après la Serbie et la Croatie, pour poursuivre leur périple vers le nord de l'Europe.

Or Ljubljana a d'abord annoncé vouloir limiter l'entrée de son territoire à 2500 migrants par jour.

Dès lors un goulot d'étranglement s'est formé à la frontière serbo-croate et plus de 10 000 personnes sont restées coincées en Serbie pendant le plus clair de la journée, avant que la Croatie les laisse finalement transiter.

Environ 3000 ont ainsi pu passer en fin d'après-midi après avoir patienté dans la localité serbe de Berkasovo sous une pluie battante, assis dans la boue, tentant d'allumer des feux de bois pour se réchauffer.

Certains, dont des enfants, étaient pieds nus, sans vêtements adaptés au froid et aux trombes d'eau.

«Les autorités croates et slovènes doivent agir d'urgence et trouver des solution efficaces car les centaines de migrants qui sont coincés depuis la nuit entre les deux pays doivent être rejoints par des milliers d'autres», a souligné l'ONG Amnesty International.

La police slovène a fait à un moment usage de spray au poivre pour repousser 300 réfugiés qui ont voulu les déborder.

Au final, la Slovénie a dû revenir sur la limite fixée. Le nombre de migrants admis dans le pays devrait dépasser les 5000 d'ici la fin de journée de lundi d'après le ministère de l'Intérieur. Et selon la télévision publique, plusieurs milliers de migrants sont en attente en différents points de la frontière croato-slovène.

La grande majorité des migrants souhaitent rejoindre l'Allemagne, la chancelière Angela Merkel maintenant sa politique d'ouverture malgré les critiques dont elle fait l'objet dans son pays et en dehors, en Europe de l'Est notamment.

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Des migrants tentent de se protéger tant bien que mal de la pluie alors qu'ils sont coincés à la frontière entre la Croatie et la Slovénie, à Trnovec, le 19 octobre. 

PHOTO JURE MAKOVEC, AFP

«Pegida» réunit 20 000 personnes à Dresde

Ces critiques ont resonné lundi soir dans le centre de Dresde, où le mouvement populiste Pegida, à la pointe du mécontentement contre l'afflux de réfugiés en Allemagne, a rassemblé environ 20 000 partisans pour célébrer le premier anniversaire de sa création, selon le décompte des médias locaux et d'une université de la ville.

C'est environ le double de la fréquentation des manifestations du mouvement islamophobe ces deux dernières semaines mais moins que le record entregistré le 12 janvier par Pegida, avec 25 000 participants.

Les sympathisants de Pegida ont appelé à la résistance» contre la politique d'Angela Merkel, qualifiée de «dictateur» et de fossoyeur de l'Allemagne par le responsable du mouvement Lutz Bachmann.

Dans le même temps, environ 13 000 contre-manifestants ont défilé dans la ville pour dénoncer le mouvement des «Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident» (Pegida en allemand).

Les autorités allemandes s'inquiètent de la montée de l'extrême droite et de la radicalisation du discours de Pegida, qui surfe sur la grogne croissante de l'opinion allemande à l'égard de l'afflux des réfugiés.

Le ministère de l'Intérieur a estimé que «le potentiel d'agressivité des organisateurs (de Pegida) grimpe».

Car le pays reste sous le choc de l'agression au couteau dont a été victime samedi une responsable locale à Cologne, très impliquée dans l'accueil des réfugiés, de la part d'un homme considéré comme proche des milieux d'extrême droite et qui a parlé d'une motivation «raciste».

Henriette Reker, 58 ans, a tout de même été élue dimanche maire de Cologne alors qu'elle était toujours hospitalisée blessée au cou.

Depuis janvier, l'Allemagne a déjà accueilli plus d'un demi-million de personnes, chiffre qui pourrait doubler, selon certaines estimations, d'ici fin 2015.

Plusieurs pays européens, l'Autriche notamment, ont aussi vu la montée de divers mouvements populistes. Dernière en date la Suisse a connu dimanche une poussée spectaculaire de la droite anti-immigration aux élections législatives, le parti UDC devenant la première formation.

L'Union européenne, confrontée à cette crise migratoire exceptionnelle avec plus de 600 000 personnes ayant traversé la Méditerranée cette année, peine à coordonner sa réponse face à ce défi. Elle reste divisée entre partisans d'une politique de la main tendue et ses détracteurs.

La chancelière allemande a rencontré les dirigeants turcs dimanche afin d'obtenir leur soutien pour freiner l'afflux des migrants, en leur promettant aide financière et relance des discussions d'adhésion à l'UE, actuellement au point mort.

Mais le premier ministre turc Ahmet Davutoglu a souligné lundi que les réfugiés, en particulier syriens fuyant la guerre, n'avaient pas vocation à rester même si l'Europe réglait la facture.

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