Les Européens en quête d'une solution

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Des migrants et des réfugiés marchent en direction de la frontière hongroise, à proximité de la localité croate de Botovo, le 21 septembre.

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis le début de l'année plus de 350 000 personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» du groupe armé État islamique à cheval sur l'Irak et la Syrie. Mais cette crise n'est pas exclusive à l'Europe, l'Asie du Sud-Est aux prises avec un trafic de migrants aussi tentaculaire que meurtrier connaît également cette triste réalité. »

Peter MURPHY, Jan MARCHAL
Agence France-Presse
Prague et Budapest

Les ministres de l'Intérieur des 28 se retrouvent mardi à Bruxelles afin de tenter d'aplanir leurs différends sur une répartition des réfugiés, alors que Budapest a encore renforcé ses mesures anti-migrants, autorisant notamment l'armée à employer des armes non létales à leur encontre.

Selon des sources proches de la présidence luxembourgeoise de l'UE, les 28 pourraient s'entendre sur un texte d'où le terme «contraignant», concernant les quotas, serait exclu.

La réunion des ministres de l'Intérieur sera suivie mercredi d'un sommet extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement.

La Hongrie, pays qui a vu transiter 225 000 migrants depuis le début de l'année, a doté lundi la police et l'armée de nouveaux pouvoirs dans le cadre d'un «état de crise dû à une immigration massive».

Parmi ces mesures figure la possibilité pour l'armée d'employer des armes à balles en caoutchouc ou même des fusils à filet contre les migrants qui tenteraient d'entrer illégalement dans le pays.

«Nos frontières sont en danger (...) La Hongrie et toute l'Europe sont en danger», s'est justifié le dirigeant populiste Viktor Orban, estimant que le continent était «submergé» par les migrants. «Ils ne frappent pas à notre porte, ils l'enfoncent», a-t-il lancé.

Ces nouvelles dispositions ont été considérées avec inquiétude par l'ONG Comité d'Helsinki, qui a souligné qu'elles visaient «des réfugiés qui eux-mêmes ont fui la guerre et le terrorisme et ont déjà subi des exactions de la police et des armées dans leur pays».

Profondément divisés entre l'Est et l'Ouest, les pays européens tentent par ailleurs cette semaine de s'accorder sur un principe de répartition pour l'accueil des réfugiés, et de dégager une aide financière pour les pays frontaliers de la Syrie qui en hébergent près de quatre millions.

Petite lueur d'espoir en vue d'un consensus: malgré les rodomontades de M. Orban, les pays d'Europe centrale, réticents sur le système de quotas contraignants de répartition de migrants en Europe, ont assuré lundi de leur volonté de trouver un accord européen sur cette question.

«Tous les participants à la réunion sont très attachés à l'idée d'aboutir à une position commune», a assuré le ministre tchèque des Affaires étrangères, Lubomir Zaoralek, à l'issue d'une rencontre avec ses homologues polonais, hongrois, slovaque, letton et luxembourgeois à Prague.

«L'Europe a besoin d'une action collective» afin de répondre au plus vite à une «situation très lourde», a-t-il ajouté.

Plusieurs milliers de migrants sont à nouveau entrés lundi en Hongrie en provenance de Croatie, avant d'être acheminés par les autorités à la frontière autrichienne et de là de poursuivre leur périple vers l'Allemagne, où près de 7000 personnes sont arrivées en Bavière durant le week-end.

«J'espère pouvoir arriver bientôt en Allemagne car j'ai dépensé tout mon argent», confie Mohamed, un Syrien originaire de Damas, rencontré au poste-frontière croato-hongrois de Beremend. «J'espère pouvoir poursuivre mes études en Allemagne où j'ai un ami qui m'a promis de m'aider», ajoute le jeune homme de 23 ans, haut de taille, portant des lunettes et un sac à dos couleurs camouflage.

Le président français François Hollande a estimé qu'«aucun pays» européen «ne peut s'exonérer» d'une répartition «des réfugiés relevant du droit d'asile», alors que l'UE s'est montrée incapable de s'entendre sur la répartition de 120 000 réfugiés, quand des centaines de milliers de migrants ont déjà rallié l'Europe cette année.

La Pologne, hostile à tout système contraignant, s'est pourtant déclarée prête à accueillir plus de réfugiés que les quotas proposés, à condition que l'UE rende ses frontières extérieures plus étanches et qu'elle établisse «une liste commune de pays jugés sûrs».

Soit une manière de demander que les migrants économiques venus de plusieurs pays des Balkans comme le Kosovo ou l'Albanie puissent être renvoyés chez eux.

«Dernière chance» 

Outre la question épineuse de la répartition des migrants, les Européens devraient discuter d'autres mesures urgentes pour maîtriser la crise migratoire.

Le président du Parlement européen, Martin a ainsi souhaité qu'un «maximum d'argent» soit mobilisé pour aider les trois pays qui accueillent près de quatre millions de réfugiés syriens sur leur territoire, la Jordanie, la Turquie et le Liban, submergés.

Signe de la gravité de cette crise des migrants en Europe, qui s'ajoute aux tensions de la zone euro, M. Schultz a annoncé la «visite historique» du couple Merkel-Hollande devant le Parlement européen le 7 octobre prochain.

Selon le Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR), le conseil européen de mercredi est probablement la «dernière chance de l'Europe de parvenir à une réponse unie et cohérente» face à la plus grave crise migratoire à laquelle elle fait face depuis 1945.

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Bert Koenders est arrivé lundi à Beyrouth pour discuter de la crise des réfugiés. Il doit visiter mardi un camp de réfugiés syriens dans la vallée de la Bekaa, à l'est du pays.

Lundi, le patron de l'agence européenne de surveillance des frontières Frontex, Fabrice Leggeri a insisté sur la nécessité d'instaurer «de façon urgente» une politique européenne frontalière «homogène», réclamant aussi à l'UE un «soutien humain» plus important pour surveiller les frontières.

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