La tante du petit Syrien noyé veut faire venir le reste de sa famille

La tante du petit Alan, Tima Kurdi... (Photo Darryl Dyck, La Presse Canadienne)

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La tante du petit Alan, Tima Kurdi

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis le début de l'année plus de 350 000 personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» du groupe armé État islamique à cheval sur l'Irak et la Syrie. Mais cette crise n'est pas exclusive à l'Europe, l'Asie du Sud-Est aux prises avec un trafic de migrants aussi tentaculaire que meurtrier connaît également cette triste réalité. »

La Presse Canadienne
COQUITLAM, C.-B.

Bien qu'elle ait déjà perdu deux de ses neveux et sa belle-soeur, la tante des deux petits Syriens, dont la noyade a attiré l'attention du monde entier sur la cause des réfugiés, espère toujours réussir à faire immigrer au Canada le reste de sa famille.

En larmes, à l'extérieur de sa maison de Coquitlam, en Colombie-Britannique, vendredi, Tima Kurdi a déclaré qu'elle aiderait son frère, Abdullah, le père des enfants noyés, à immigrer au Canada éventuellement.

Il ne serait toutefois pas encore prêt à quitter la ville syrienne où ont été enterrés le petit Alan, trois ans, Ghalib, cinq ans, et son épouse, Rehanna.

«Nous sommes tous affectés par ce qui se passe actuellement. Je suis certaine qu'il va refuser de quitter Kobané. Mais un jour, je l'amènerai ici. Il ne peut pas rester seul là-bas», a-t-elle affirmé, faisant référence à la ville natale de la famille.

Mme Kurdi avait déjà présenté une demande de parrainage pour son autre frère, Mohammad, mais le ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration du Canada avait exigé d'autres documents, a-t-elle déjà indiqué, plus tôt cette semaine.

Ce revers aurait incité Abdullah à prendre part au dangereux voyage entre la Turquie et la Grèce, selon elle. Mme Kurdi lui avait d'ailleurs envoyé 5000$ pour qu'il paie les passeurs du bateau. Elle a confié se sentir responsable de la mort de des deux neveux et de sa belle-soeur.

Elle a toutefois souligné qu'il s'agissait du «dernier recours» pour que la famille fuie les horreurs de la guerre civile, possiblement vers l'Allemagne ou la Suède. Un membre de la belle-famille de Abdullah Kurdi avait été décapité par les combattants du groupe armé État islamique.

Mme Kurdi dit d'ailleurs espérer que le ministère canadien cesse de réclamer les documents manquants pour son frère Mohammad puisque selon elle, ils sont impossibles à retrouver dans le contexte de la guerre civile syrienne.

Des photos du petit Alan, couché sans vie sur plage de la Turquie, ont provoqué un débat sur l'accueil des réfugiés et mis les politiques canadiennes en matière d'immigration sur la sellette en pleine campagne électorale. Mme Kurdi considère que la mort de sa famille et de nombreux autres réfugiés doit être un signal d'alarme pour le monde.

Elle a aussi affirmé avoir vu une vidéo de l'enterrement des garçons, en Syrie. Elle aurait aimé y être pour leur dire au revoir, mais son frère lui a conseillé de rester au Canada parce que «(c'était) trop dangereux».

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