Aung San Suu Kyi appelle à «ne pas exagérer» le drame des Rohingyas

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Aung San Suu Kyi a été critiquée ces derniers mois à l'étranger pour son silence au sujet des 1,3 million de Rohingyas musulmans confrontés à des violences communautaires et des lois discriminatoires dans un pays très majoritairement bouddhiste.

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Agence France-Presse
RANGOUN

L'opposante birmane Aung San Suu Kyi, souvent critiquée pour son silence sur la minorité musulmane persécutée des Rohingyas, a appelé jeudi à «ne pas exagérer» le drame, alors qu'un rapport de l'université américaine Yale parle de «génocide».

Lors d'une grande conférence de presse à trois jours de législatives historiques, la chef de file de l'opposition a réagi à l'emploi du terme «génocide» dans une question d'un journaliste.

«Il est très important de ne pas exagérer les problèmes de ce pays», a-t-elle déclaré.

«Le pays tout entier est dans un état dramatique, pas seulement l'État Rakhine», région de l'ouest du pays où vit des milliers de Rohingyas, pour nombre d'entre eux dans des camps de déplacés, a-t-elle lancé.

Aung San Suu Kyi a été critiquée ces derniers mois à l'étranger pour son silence au sujet des 1,3 million de Rohingyas musulmans confrontés à des violences communautaires et des lois discriminatoires dans un pays très majoritairement bouddhiste.

D'après un rapport de l'université Yale publié la semaine dernière, il existe de «solides preuves» pour dire qu'un génocide est en cours contre les Rohingyas.

Les étudiants en droit ayant mené une enquête juridique évoquent les meurtres, les restrictions imposées sur les naissances et l'instauration de conditions ayant pour conséquence de détruire le groupe (vie dans des camps, privation de nourriture, de soins...), ce qui s'apparente selon eux à la définition d'un génocide.

En 2012, des violences intercommunautaires avaient éclaté en État Rakhine, faisant plus de 200 morts, principalement chez les musulmans.

Des milliers d'entre eux avaient dû quitter leurs maisons. Plus de 140 000 vivent toujours dans des camps et des milliers tentent chaque année de fuir la misère et les persécutions.

Le pays est également confronté à une montée d'un bouddhisme radical incarné par le mouvement MaBaTha, mené par le moine Wirathu, qui répand un discours antimusulman violent.

«La situation en État Rakhine des Rohingyas apatrides est vraiment désastreuse. Et la réponse de Suu Kyi aujourd'hui était vague alors que la situation exige une action décisive et coordonnée», a regretté David Mathieson, de l'ONG Human Right Watch.

En mai dernier, le sort de la communauté rohingya avait fait la une de la presse internationale. Des milliers d'entre eux fuyant sur des bateaux de fortune s'étaient retrouvés piégés dans le golfe du Bengale après une désorganisation des filières de passeurs clandestins passant par la Thaïlande.

Suu Kyi a néanmoins promis à «toutes les personnes qui vivent dans ce pays une protection» en accord avec les droits de l'homme. Sans trop se compromettre alors que les bouddhistes extrémistes tentent de la décrédibiliser auprès des électeurs en la dépeignant comme promusulmane.

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