1100 ouvriers tués au Bangladesh: le propriétaire du Rana Plaza poursuivi

L'effondrement du bâtiment, le 24 avril 2013, avait... (PHOTO TASLIMA AKHTER)

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L'effondrement du bâtiment, le 24 avril 2013, avait fait au moins 1100 morts et plus de 1500 blessés. Sur la photo, deux personnes dont la relation est inconnue semblent s'être entrelacées avant la mort.

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Agence France-Presse

Le propriétaire du Rana Plaza, le bâtiment industriel qui s'était effondré en 2013 au Bangladesh provoquant la mort d'au moins 1100 ouvriers, un des pires désastres industriels du monde, va être poursuivi pour assassinat, a indiqué dimanche la police de ce pays.

Sohel Rana, propriétaire de ce bâtiment industriel de neuf étages de la banlieue de la capitale, Dacca, figurait parmi les personnes dont l'inculpation dans le cadre du désastre était attendue, a déclaré Bijoy Krishna Kar, chef des enquêteurs.

«Nous allons engager des poursuites contre 41 personnes, dont les propriétaires du bâtiment, Sohel Rana et ses parents, plus tard dans la journée», a déclaré M. Kar à l'AFP, ajoutant que si elles étaient reconnues coupables, elles encouraient la peine de mort.

«Cela a été un assassinat de masse. Tous ont une responsabilité collective dans cette tragédie», a-t-il ajouté.

L'effondrement du bâtiment, le 24 avril 2013, avait fait au moins 1100 morts et plus de 1500 blessés. Les victimes  y cousaient des vêtements pour des marques occidentales, en échange de salaires misérables.

Ce drame avait suscité l'indignation à travers le monde et mis la pression sur les marques européennes et américaines pour qu'elles fassent en sorte d'améliorer les conditions de salaires et de travail des ouvriers des 4500 usines textiles du pays.

De nombreux groupes, dont le groupe de textile Benetton ou les chaînes de distribution Auchan, Mango, Primark ou Carrefour, ont été soupçonnés d'avoir sous-traité leur production à un moment ou à un autre au Rana Plaza.

Le Bangladesh est le deuxième plus grand exportateur mondial de vêtements et le secteur de l'habillement est le pilier de son économie.

Sohel Rana avait été arrêté à la frontière occidentale avec l'Inde alors qu'il tentait de s'enfuir du pays quelques jours après le drame.

La police va transmettre ce dimanche le dossier à la justice, qui devrait approuver les charges et fixer une date pour le procès.

Sohel Rana est devenu l'ennemi public numéro 1 au Bangladesh après que des survivants ont raconté comment des milliers d'entre eux ont été forcés d'entrer dans le bâtiment au début de la journée malgré des plaintes sur des fissures apparaissant dans les murs.

«Ils (Rana et les autres propriétaires) ont discuté et décidé de garder l'atelier ouvert. Ils ont envoyé les ouvriers à la mort de sang-froid», a déclaré M. Kar.

Les 41 personnes poursuivies le seront aussi pour violation du code de la construction pour avoir illégalement surélevé l'édifice de six étages, conçu à l'origine pour abriter un centre commercial, et l'avoir transformé en un complexe industriel de neuf étages.

«Cette extension illégale contrevenant à toutes les (règles) de la construction est la source de ce désastre de masse», a relevé M. Kar.

Parmi les futurs inculpés figurent sept propriétaires de l'entreprise textile et trois ingénieurs du gouvernement qui ont validé l'extension de l'édifice.

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