Chine: religion interdite pour les mineurs du Xinjiang

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Une élève d'une école du xian d'Akqi, district du Xinjiang, regarde l'objectif alors que ses camarades font la sieste, en juin 2012.

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Agence France-Presse
PÉKIN

Les écoles au Xinjiang, une région chinoise de tradition musulmane en proie à une agitation meurtrière depuis des mois, vont s'employer à décourager la pratique religieuse dans les foyers, a annoncé mercredi la presse officielle.

Les chefs d'établissement de plus de 2000 jardins d'enfants, écoles primaires et secondaires de Kashgar, aux confins ouest de la Chine, ont été réunis par les autorités qui leur ont fait signer un engagement à «défendre l'école contre l'infiltration de la religion», selon le quotidien anglophone Global Times, proche du Parti communiste chinois (PCC).

Les membres du PCC, les enseignants et les mineurs de moins de 18 ans, «ne doivent pas pratiquer la religion, que ce soit à l'école ou chez eux», ajoute le journal sans évoquer explicitement l'islam et citant une responsable du Bureau de l'éducation de Kashgar, deuxième ville du Xinjiang après la capitale Urumqi.

Le Xinjiang abrite plus d'une dizaine de millions de musulmans, la grande majorité appartenant à l'ethnie turcophone des Ouïghours, dont une frange radicalisée, d'inspiration islamiste et indépendantiste, s'oppose violemment à la tutelle chinoise.

Attentats et ripostes des forces de sécurité chinoises ont fait plusieurs centaines de morts depuis l'an dernier.

Les mineurs sont interdits d'accès dans les mosquées de la région.

Pékin attribue l'origine des violences «terroristes» et «séparatistes» à la propagande religieuse diffusée depuis l'étranger par la mouvance djihadiste. Les organisations de défense des droits de l'homme et le Congrès mondial ouïghour, organisation d'exilés, accusent les autorités communistes de fouler du pied les droits et la culture des minorités dans la région, tout en pratiquant une répression à grande échelle.

Le Bureau de l'éducation de Kashgar entend combattre l'extrémisme en réglementant aussi la tenue vestimentaire des écoliers, selon le responsable cité par le journal. Il s'inquiète également des écoliers qui ne montrent aucun signe religieux distinctif à l'école, mais étudieraient la religion chez eux sous la direction de leurs parents.

La constitution chinoise garantit en principe la liberté de religion. Mais un récent rapport officiel de Washington sur les libertés religieuses en Chine a souligné que «les autorités souvent ne font pas la distinction entre une pratique religieuse pacifique et des activités criminelles ou terroristes».

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