Jokowi, nouveau président de l'Indonésie

Joko Jokowi s'est offert un bain de foule... (Photo Achmad Ibraham, AP)

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Joko Jokowi s'est offert un bain de foule en parcourant les rues de Jakarta à bord d'une calèche.

Photo Achmad Ibraham, AP

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Benoit FINCK
Agence France-Presse
JAKARTA

Joko Widodo, le premier président de l'Indonésie sans liens avec le régime de l'ex-dictateur Suharto, a été intronisé lundi et va être confronté à de rudes épreuves pour réformer la première économie d'Asie du Sud-Est.

Trois mois après son élection, l'ancien gouverneur de Jakarta a prêté serment au cours d'une cérémonie d'investiture devant le Parlement, en présence de nombreux dignitaires étrangers, parmi lesquels le premier ministre australien Tony Abbott et le secrétaire d'État américain John Kerry.

«L'unité et le travail main dans la main sont pour nous des conditions préalables pour être une grande nation», a déclaré Joko Widodo, surnommé Jokowi, ou encore le président «heavy métal», qui succède à Susilo Bambang Yudhoyono, au pouvoir pendant dix ans.

«Nous ne deviendrons pas une grande nation si nous sommes empêtrés dans des divisions. C'est un moment historique pour nous tous d'avancer ensemble, de travailler et travailler», a-t-il ajouté dans son discours d'investiture.

Jokowi a désigné son ancien rival à la présidentielle, l'ex-général Prabowo Subianto, comme son «meilleur ami», lequel s'est levé dans la tribune et lui a fait un salut de la main, ce qui est apparu comme un nouveau signe de détente après les récentes tensions entre les deux camps.

Jokowi s'est ensuite offert un bain de foule en parcourant les rues de Jakarta à bord d'une calèche, au côté du vice-président Jusuf Kalla, devant des dizaines de milliers de personnes acclamant le cortège et prenant des photos avec leur téléphone intelligent, avant d'arriver au palais présidentiel.

Plus de 24 000 policiers sont déployés en ville pour cette passation de pouvoirs agrémentée de festivités qui s'achèveront dans la soirée par un concert de rock heavy metal, dont Jokowi est un fan.

Issu d'un milieu modeste, Jokowi, 53 ans, est le premier président ne venant pas de l'élite politico-militaire qui était aux commandes du plus grand pays musulman au monde depuis la chute du dictateur Suharto en 1998.

Ancien vendeur de meubles élevé dans une cabane de bambou, il a connu une ascension fulgurante en politique grâce à une popularité acquise d'abord en tant que maire de sa ville natale puis gouverneur de Jakarta en 2012.

Réformes cruciales

Pendant la campagne, il a promis de lutter en priorité contre la corruption endémique et de réduire la pauvreté, suscitant beaucoup d'espoirs dans ce pays de 250 millions d'habitants, dont près de 40 % vivent avec moins de deux dollars par jour.

Mais depuis, l'enthousiasme est quelque peu retombé. La coalition de Prabowo, majoritaire au Parlement, a obtenu tous les postes clés dans les deux chambres et supprimé l'élection directe des dirigeants locaux, un système qui a permis à Jokowi de passer de l'anonymat à la présidence, après avoir été élu maire puis gouverneur au suffrage direct.

Contre toute attente, l'ex-général a rencontré vendredi Jokowi pour la première fois depuis son élection et appelé les partis de sa coalition à soutenir le nouveau président, une déclaration qui a fait retomber la tension entre les deux camps, mais accueillie avec prudence par les analystes.

Le nouveau président va se retrouver face à de rudes épreuves pour mettre en place des mesures cruciales promises - améliorer l'accès aux soins et à l'éducation, réduire la bureaucratie et relancer l'économie - compte tenu de la faible marge de manoeuvre budgétaire et d'un Parlement où il n'a pas de majorité.

Pour redonner du tonus à une croissance qui a ralenti au deuxième trimestre à un plus bas depuis cinq ans (+5,12 %), il devra, selon les experts, réduire drastiquement les subventions accordées pour l'essence, qui représentent plus de 20 % du budget de l'État, une mesure impopulaire à l'origine de violentes émeutes par le passé.

Cette réforme permettrait de dégager des fonds pour accroître les investissements et le développement des infrastructures dont manque cruellement l'archipel de 17 000 îles et îlots. Jokowi entend aussi améliorer le climat des affaires pour attirer des investisseurs étrangers qui se plaignent du protectionnisme.

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