Venezuela: semaine décisive de campagne électorale

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La campagne électorale doit s'achever le 27 juillet, trois jours avant le scrutin destiné à élire les membres de la Constituante.

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Maria Isabel SANCHEZ
Agence France-Presse
CARACAS

Partisans et adversaires de l'assemblée constituante voulue par le président Nicolas Maduro battent la campagne cette semaine au Venezuela, où les opposants se sentent pousser des ailes depuis la libération d'un de leurs emblématiques chefs de file.

Les antichavistes (du nom d'Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013) commençaient à se rassembler lundi matin pour à nouveau manifester contre l'élection d'une assemblée constituante, prévue pour le 30 juillet, qui aura pour mission de rédiger une nouvelle Constitution afin de remplacer celle de 1999.

L'opposition est vent debout contre ce projet qu'elle qualifie de «fraude» orchestrée par le camp présidentiel pour maintenir «une dictature» dans un pays en plein naufrage économique, ruiné par la chute des cours du pétrole dont il est un gros producteur.

L'Église catholique aussi est montée au créneau, dénonçant la semaine dernière «l'inscription dans la Constitution d'une dictature militaire, socialiste, marxiste et communiste» et s'inquiétant d'«une lutte entre un gouvernement devenu une dictature et tout un peuple qui réclame la liberté».

L'opposition, pour laquelle l'objectif du chef de l'État à travers cette Constituante est de s'accrocher au pouvoir, prévoit une consultation populaire symbolique à ce sujet dimanche prochain.

En signe de protestation, la Table pour l'unité démocratique (MUD, coalition rassemblant les partis antichavistes) a en outre choisi de ne pas présenter de candidats.

La campagne électorale doit s'achever le 27 juillet, trois jours avant le scrutin destiné à élire les membres de la Constituante.

Quelque 4000 opposants au président Maduro sont encore descendus dans la rue dimanche, au 100e jour de la vague de protestation qui a déjà fait 91 morts et après la sortie de prison d'un de leurs leaders, Leopoldo Lopez, 46 ans, désormais assigné à résidence à Caracas.

Il avait été condamné en 2014 à quasiment 14 ans de privation de liberté pour «incitation à la violence» pendant des manifestations contre Nicolas Maduro de février et mai 2014 qui s'étaient soldées par la mort de 43 personnes.

«Cent jours et je reste en rébellion contre la tyrannie», pouvait-on lire sur des pancartes brandies par les manifestants rassemblés dans l'est de la capitale et portant des t-shirts à l'effigie de M. Lopez.

Faire baisser la tension

L'opposition voit la libération de Leopoldo Lopez comme un «succès» obtenu grâce aux manifestations, mais assure qu'elle continuera à «lutter» pour la libération des plus de 400 «prisonniers politiques» qu'il y a encore selon elle au Venezuela.

Les dirigeants antichavistes ont appelé à des blocages et à des manifestations toute la semaine.

L'élargissement de M. Lopez intervient à un moment où situation au Venezuela est des plus tendues, des militants partisans de M. Maduro ayant pénétré mercredi dans l'enceinte du Parlement, la seule institution contrôlée par l'opposition.

Quelque 300 élus et journalistes avaient alors été retenus dans le bâtiment pendant neuf heures. Sept élus avaient été blessés.

Dimanche dans le centre de Caracas, des milliers de supporters de Nicolas Maduro ont de leur côté participé à l'ouverture officielle de la campagne en faveur de l'assemblée constituante.

«En route pour la Constituante, avec l'espoir de bâtir une paix solide tous ensemble», a écrit le chef de l'État sur Facebook.

Selon l'analyste Luis Vicente Leon, le gouvernement cherche à faire baisser la tension face au risque de déstabilisation et de fracture au sein de l'armée, soutien dont il ne peut se priver en raison de son poids considérable au Venezuela.

Il est aussi confronté à des voix critiques au sein même de son camp, dont la procureure générale Luisa Ortega, ex-chaviste convaincue désormais entrée en dissidence contre le régime, est devenue le porte-voix, dénonçant les dérives du gouvernement et des militaires.

Menacée d'un procès qui pourrait conduire à sa destitution, elle devrait être fixée cette semaine sur son sort: la Cour suprême décidera si elle peut être traduite en justice pour des fautes présumées.




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