Venezuela: le bilan s'alourdit, les opposants s'inquiètent

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Au moins 38 personnes sont mortes en plus d'un mois de crise politique déclenchée par le retrait, par la Cour suprême, des derniers pouvoirs de l'Assemblée nationale. La décision controversée a été annulée par la suite.

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Associated Press
CARACAS, Venezuela

Des dizaines de manifestants ont été blessés dans la capitale vénézuélienne, mercredi, et un homme de 27 ans a perdu la vie au terme d'une autre journée de violents rassemblements visant à réclamer la tenue d'élections.

Des agents de la garde nationale ont aspergé les protestataires de gaz lacrymogène, à Caracas, alors que ceux-ci tentaient de se rendre devant le bâtiment abritant la Cour suprême.

Le maire de la région a indiqué que 84 personnes avaient été hospitalisées. Miguel Castillo, qui avait récemment obtenu son diplôme en communications de l'Université Santa Maria, a été tué durant le tumulte.

Par ailleurs, des défenseurs des droits de la personne déplorent le fait que des manifestants détenus doivent faire face à un tribunal militaire, une pratique qui viole selon eux la Constitution vénézuélienne. Certains estiment que plus 250 personnes se retrouvent dans cette situation.

La Constitution du Venezuela limite le recours aux tribunaux militaires aux cas d'«infractions de nature militaire».

«L'usage croissant des tribunaux militaires pour juger des civils démontre la détermination absolue des autorités vénézuéliennes d'asphyxier les manifestations grandissantes et de terroriser toute personne qui considère la possibilité d'exprimer des opinions», a fait valoir la directrice de la division des Amériques pour Amnistie internationale, Erika Guevara Rosas.

Le gouvernement du président Maduro soutient que les tribunaux font partie des mesures d'urgence nécessaires pour assurer la sécurité nationale.

Des leaders de l'opposition estiment que le recours accru à la justice militaire reflète une tentative du président Maduro de contourner les décisions de la procureure en chef du Venezuela, Luisa Ortega. Celle-ci a fait preuve d'une indépendance inhabituelle, demandant la libération d'au moins 38 détenus en raison d'un manque de preuves contre eux.

Au moins 38 personnes sont mortes en plus d'un mois de crise politique déclenchée par le retrait, par la Cour suprême, des derniers pouvoirs de l'Assemblée nationale. La décision controversée a été annulée par la suite.

Les manifestants blâment le président Nicolas Maduro pour l'augmentation du taux de criminalité, les vastes pénuries de denrées alimentaires et de matériel médical ainsi que l'inflation galopante.

Le recours aux tribunaux militaires dénoncé

La procureure générale du Venezuela a dénoncé le recours aux tribunaux militaires à l'encontre des civils arrêtés lors de la vague de manifestations. 

«La Constitution garantit le procès des civils devant la juridiction ordinaire», ont rappelé ses services dans un communiqué.

Au Venezuela, la procureure générale de la Nation, Luisa Ortega, apparaît comme la seule voix discordante au sein du camp présidentiel: elle s'était élevée contre la décision fin mars de la Cour suprême, réputée proche du chef de l'Etat, de s'octroyer brièvement les pouvoirs du Parlement, seule institution contrôlée par l'opposition.




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