Coulée de boue en Colombie: le bilan s'alourdit à 254 morts

Sous un ciel chargé, la chaleur et l'humidité... (PHOTO REUTERS)

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Sous un ciel chargé, la chaleur et l'humidité imprégnaient la ville de Mocoa, où de nombreux habitants tentaient de retrouver leurs proches dans les décombres ou de sauver quelques biens de la boue.

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Lissy DE ABREU, Alina DIESTE
Agence France-Presse
Mocoa et Bogota

Le bilan de la gigantesque coulée de boue due à des pluies torrentielles et qui a dévasté la ville de Mocoa s'est alourdi à 254 morts, la population redoutant un autre drame, en dépit des démentis des autorités.

«On m'informe que le bilan s'est alourdi à 254 morts», a écrit le président Juan Manuel Santos sur son compte Twitter, après le débordement de trois rivières dans la nuit de vendredi, provoquant «un océan de boue» qui a tout emporté, selon des témoins.

Au moins «43 sont des enfants. Nos prières les accompagnent», a ajouté lors d'une allocution le chef de l'État, qui a pris la direction des secours et des travaux de réparation sur place.

«J'étais en train de mourir par manque d'air. Qu'ai-je fait? J'ai mis un doigt dans la bouche et j'ai vomi beaucoup de boue, et encore, pour vomir davantage de boue (...) jusqu'à ce que je puisse respirer de nouveau», a raconté à l'AFP Carlos Acosta dans un refuge où il se remet de ses blessures.

Mais sa douleur n'est pas que physique. Ce jeune homme de 25 ans dormait vendredi avec son fils de trois ans, Camilo, à ses côtés. Lorsque l'eau a envahi sa maison, il a eu à peine le temps de s'emparer de son enfant. «L'eau nous a entraînés, des pierres tombaient de toutes parts». Il a perdu conscience et lorsqu'il est revenu à lui, le petit Camilo avait disparu.

La catastrophe a aussi fait 203 blessés, «beaucoup dans un état grave», a déclaré le président Santos.

L'aqueduc local a été détruit et une année sera nécessaire pour le reconstruire. L'approvisionnement électrique a été en outre gravement endommagé, non seulement à Mocoa mais dans le département de Putumayo, dont la ville est le chef-lieu.

Sous un ciel chargé, la chaleur et l'humidité imprégnaient dimanche cette ville de 40 000 habitants, où la pluie a cessé de tomber. De nombreux habitants tentaient de retrouver leurs proches dans les décombres ou de sauver quelques biens de la boue.

La hantise d'un nouveau drame

Tout n'est que désolation: poupées aux membres arrachés, chaussures dépareillées, énormes racines d'arbres, véhicules écrasés parmi lesquels des habitants vont et viennent, portant des frigos, des meubles récupérés dans les décombres.

La majorité des quartiers affectés sont pauvres, habités par nombre des 6,9 millions de déplacés du conflit armé qui déchire la Colombie depuis le début des années 1960.

Pataugeant dans la boue, les secouristes apportent sans relâche leur aide aux sinistrés. «Les recherches continuent pour trouver des survivants. Nous sommes encore dans les 72 heures suivant un tel désastre», au cours desquelles il y a encore un espoir de sauver des vies, a déclaré à l'AFP un porte-parole de la Croix-Rouge colombienne (CRC).

La catastrophe a touché 45 000 personnes, selon la Croix-Rouge.

La ville restait privée d'eau courante et d'électricité.

«Ce fut terrible (...) Rester ici sans lumière, sans pouvoir cuisiner, sans rien, c'est très difficile», soupire Julio Pardo, 32 ans.

Selon le maire de Mocoa, José Antonio Castro, la menace pèse toujours sur cette ville fondée en 1563.

«Environ dix rivières coulent à proximité de la localité et cela signifie qu'une ville ne devrait pas se trouver à cet endroit», a-t-il déclaré au quotidien El Espectador.

Sous une petite bruine, la population vit dans la hantise d'une autre coulée, même si les autorités assurent qu'il n'y a pas de risques imminents.

«Un survol de la zone affectée, pour identifier d'éventuels endiguements de rivières» présentant des dangers a confirmé «qu'il n'existe pas de nouvelle menace d'avalanche pour la ville», indiquent les autorités dans un communiqué.

Aide des FARC ?

La guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes), qui a signé un accord de paix avec le gouvernement, a offert dimanche son aide pour participer à la reconstruction de Mocoa.

Le pape François lors d'une messe à Carpi (nord de l'Italie) s'est déclaré «profondément peiné» par la tragédie.

Cette catastrophe est la plus grave survenue en Colombie depuis un autre glissement de terrain qui avait fait 92 morts en mai 2015 à Salgar, à une centaine de kilomètres de Medellín (nord-ouest).

Les violentes pluies n'ont pas seulement affecté la Colombie, mais aussi le Pérou, faisant 101 morts et plus d'un million de sinistrés, ainsi que l'Équateur avec 21 morts et plus de 9000 familles affectées.




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