Le Mexique ouvre la voie à l'extradition de «El Chapo» vers les É.-U.

Après l'arrestation de Joaquin «El Chapo» Guzman en février... (PHOTO ALFREDO ESTRELLA, AFP)

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Après l'arrestation de Joaquin «El Chapo» Guzman en février 2014, le président Enrique Pena Nieto avait refusé son extradition, promettant de le juger et l'incarcérer au Mexique.

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Sylvain ESTIBAL
Agence France-Presse
MEXICO

Le gouvernement mexicain a annoncé samedi ouvrir la voie à l'extradition vers les États-Unis du baron de la drogue «El Chapo», arrêté la veille après une cavale de six mois, tandis que son avocat a prévenu qu'il mènerait une dure bataille pour s'y opposer.

Le président Enrique Pena Nieto avait jusqu'alors refusé toute extradition de Joaquin «El Chapo» Guzman, mais l'évasion rocambolesque du chef du cartel de Sinaloa en juillet dernier, en portant un coup très dur à la crédibilité du gouvernement mexicain, a changé la donne.

«Avec la recapture de Guzmán Loera, il faudra enclencher les différentes procédures d'extradition», a indiqué le ministère de la Justice samedi dans un communiqué, sans toutefois fournir de date pour son possible départ vers les États-Unis.

Les autorités judiciaires mexicaines ont informé que les procureurs avaient reçu l'an dernier deux mandats d'arrêt à des fins d'extradition et que les avocats de Guzman auront trois jours pour émettre des objections.

Elles soulignent qu'elles «apporteront des éléments» pour combattre toute stratégie de la défense cherchant à s'opposer à ce transfert.

De son côté, un des avocats du narcotrafiquant, Juan Pablo Badillo, s'est engagé à porter le cas jusqu'à la Cour suprême s'il le faut.

«Une bataille juridique dans le cadre de la Constitution a commencé, elle sera très sérieuse, très dure», a indiqué Me Badillo aux journalistes devant la prison d'Altiplano, à 90 kilomètres de Mexico, où «El Chapo» a été incarcéré vendredi soir après sa capture.

«Il ne devrait pas être extradé, car le Mexique a une Constitution juste», a ajouté l'avocat.

Le gouvernement des États-Unis a félicité le Mexique pour l'arrestation du narcotrafiquant sans toutefois préciser s'il ferait pression pour obtenir son extradition.

Plusieurs hommes politiques américains, dont le sénateur John McCain, ont appelé le président Barack Obama à réclamer le transfert de Guzman sur le sol américain.

«Sachant que 'El Chapo' s'est déjà échappé deux fois d'une prison mexicaine, une troisième opportunité de l'amener devant la justice ne peut être gaspillée» a indiqué le sénateur et candidat républicain à l'élection présidentielle américaine Marco Rubio.

Trahi par son égo

La traque du narcotrafiquant s'est achevée vendredi dans la ville côtière de Los Mochis, dans l'État de Sinaloa, sa région natale, où les Marines mexicains ont mené un raid au cours duquel cinq hommes de main du narcotrafiquant ont été tués et un militaire blessé.

Quelques heures plus tard, Guzman était emmené à bord d'un hélicoptère de l'armée vers la prison d'Altiplano, d'où il s'était évadé le 11 juillet, suivant un scénario digne d'un film hollywoodien.

Bénéficiant de complicités internes, « El Chapo », 58 ans, s'était enfui sur une moto circulant sur des rails à travers un tunnel de 1,5 km, creusé sous la douche de sa cellule et débouchant sur une demeure en construction.

L'arrestation du fugitif a été rendue possible grâce notamment aux contacts que le narcotrafiquant tentait de nouer auprès de producteurs et d'actrices pour la réalisation d'un film autobiographique.

C'est un « aspect important qui nous a permis de le localiser », a déclaré la procureure générale mexicaine Arely Gomez.

Le narcotrafiquant avait échappé de justesse à une arrestation en octobre dans une région montagneuse du Sinaloa, après que les soldats eurent décidé de ne pas ouvrir le feu sur lui alors qu'il fuyait au côté de deux femmes et d'une petite fille.

Les enquêteurs surveillaient depuis décembre la maison où Guzman a été arrêté vendredi.

Pendant la fusillade, Guzman et son chef de la sécurité ont tenté de fuir par le système de drainage de la ville. Après avoir emprunté une canalisation sur environ un kilomètre, les deux hommes sont sortis par une bouche d'égout et ont volé un véhicule avant finalement d'être interpellés par les militaires.

Devant son habilité à faire construire des tunnels pour acheminer la drogue aux États-Unis ou échapper à la police, Guzman avait acquis le surnom de « roi des tunnels ».

Simple petit paysan cultivant la marijuana, Joaquin « El Chapo » Guzman était devenu l'un des hommes les plus riches de la planète et le narcotrafiquant le plus recherché. Sa tête était mise à prix 3,8 millions $ US par le gouvernement mexicain.

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