Mexique: le baron de la drogue «El Chapo» s'évade de nouveau

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Un tunnel «d'une largeur d'environ 50 cm» et «d'une longueur de plus de 1500 mètres» débouchant sur une demeure en construction a permis à Joaquin Guzman de s'évader.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Le baron mexicain de la drogue Joaquin «El Chapo» Guzman est parvenu à s'échapper d'une prison de haute sécurité pour la deuxième fois en 14 ans, en passant par un tunnel, un coup dur pour le président Pena Nieto.

Guzman a été vu pour la dernière fois samedi soir dans sa cellule de la prison d'Altiplano, à 90 kilomètres à l'ouest de la capitale.

«Après avoir constaté grâce à la vidéo surveillance qu'il ne réapparaissait pas», les gardiens se sont rendus dans sa cellule et ont constaté sa disparition.

Ils ont alors découvert, sous sa douche, un tunnel «d'une largeur d'environ 50 cm» et «d'une longueur de plus de 1500 mètres» débouchant sur une demeure en construction, au milieu des champs. Le tunnel était équipé d'un système de ventilation et une moto installée sur des rails servait à extraire la terre et acheminer du matériel.

Des recherches ont été lancées dans la zone pour le retrouver ainsi que sur les routes des États limitrophes. Les vols depuis l'aéroport voisin de Toluca ont été suspendus.

Le président mexicain Enrique Pena Nieto s'est dit «profondément consterné» dimanche par l'évasion de ce baron de la drogue et l'«affront à l'État» que cela représente.

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Joaquin Guzman lors de son arrestation en février 2014.

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«C'est un fait très regrettable qui a indigné et indigne la société mexicaine», a-t-il déclaré depuis l'ambassade du Mexique à Paris quelques heures après son arrivée en France où il doit effectuer une visite d'État de quatre jours.

M. Pena Nieto s'est dit toutefois confiant envers les institutions pour «appréhender de nouveau» le fugitif.

La ministre de la Justice américaine Loretta Lynch s'est dite «préoccupée» et a proposé «toute assistance qui pourrait aider à sa rapide capture».

Trente fonctionnaires travaillant dans la prison vont être interrogés par les autorités.

«El Chapo», diminutif de «chaparro» («courtaud»), allusion à sa taille de 1,64 mètre, s'était déjà évadé d'une prison de haute sécurité en 2001, caché dans un panier à linge sale.

Après 13 ans de traque, des militaires étaient parvenus à le capturer en février 2014 lors d'un raid nocturne dans la station balnéaire de Mazatlan, dans l'État de Sinaloa.

Guzman, 58 ans, était considéré comme le baron de la drogue le plus recherché au monde, à la tête du puissant cartel de Sinaola.

Sa tête avait été mise à prix cinq millions de dollars par les États-Unis et plus de 2,2 millions par le Mexique.

«Totalement impardonnable» 

Cette deuxième évasion est un coup dur pour le président Pena Nieto qui avait obtenu en trois ans des succès notables dans la lutte contre le trafic de drogue avec l'arrestation de plusieurs puissants leaders de cartel.

Mais l'évasion de Guzman risque de saper l'image d'efficacité du gouvernement et brouiller le message régulièrement diffusé par les autorités selon lequel elles font «en matière de sécurité du bon travail», analyse Alejandro Hope, un ancien membre des services secrets mexicains.

Le gouvernement Pena Nieto s'était engagé à arrêter «El Chapo» qui était devenu l'un des symboles du narcotrafic contre lequel l'ancien président Felipe Calderon (2006-2012) avait déployé l'armée.

Enrique Pena Nieto a discuté de l'affaire depuis... (ARCHIVES REUTERS) - image 3.0

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Enrique Pena Nieto a discuté de l'affaire depuis l'ambassade du Mexique à Paris.

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Après son arrestation l'an dernier, les autorités avaient exhibé devant les caméras ce petit homme moustachu, en chemise blanche, entouré de deux soldats de la Marine mexicaine. Dans une interview télévisée, Pena Nieto avait reconnu lui-même qu'une nouvelle évasion serait «totalement impardonnable».

Après sa première évasion de la prison de Puente Grande, à Jalisco (ouest), Guzman était parvenu en quelques années à imposer de nouveau son groupe criminel et contrôler le trafic de cocaïne vers les États-Unis.

Ce chef redouté du cartel de Sinaola apparaissait régulièrement sur la liste des hommes les plus riches de la planète publié par le magazine Forbes, jusqu'à ce que la publication annonce qu'il lui était impossible d'estimer les biens du narcotrafiquant.

Sa clandestinité avait donné lieu à de nombreuses rumeurs, depuis une opération de chirurgie esthétique faciale jusqu'à des promenades incognito dans les foires aux bestiaux de sa région natale, dans le nord-ouest.

On raconte également qu'il lui arrivait de se rendre dans des restaurants à la mode, de confisquer les téléphones portables des clients avant de dîner, puis de prendre congé en payant l'ensemble des additions.

Joaquin Guzman aurait eu trois ou quatre épouses. La dernière d'entre elles est une jeune reine de beauté épousée lors de son 18e anniversaire, en 2007, et qui se trouvait avec lui au moment de son arrestation. On lui prête 10 enfants.

Le cartel de Sinaloa a mené une guerre sanglante contre les forces armées et contre les cartels rivaux, dont le cartel des Zetas.

Depuis 2006, plus de 80 000 personnes ont été tuées dans les violences liées au trafic de drogue au Mexique.

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