Le chef du puissant cartel des Zetas arrêté

Alias «Z-42», Omar Treviño, 41 ans, avait pris... (Photo: Reuters)

Agrandir

Alias «Z-42», Omar Treviño, 41 ans, avait pris la place de son frère «Z-40» après l'arrestation de celui-ci en juillet 2013.

Photo: Reuters

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
MEXICO

Les forces mexicaines de sécurité ont capturé mercredi matin Omar Treviño, dirigeant du cartel criminel des Zetas, l'un des plus violents du Mexique, un nouveau succès contre les trafiquants de drogue quelques jours après l'arrestation de «La Tuta», dernier dirigeant des Chevaliers Templiers.

Ce nouveau coup porté au crime organisé va soulager le président mexicain Enrique Peña Nieto, confronté à une grave crise de confiance dans son pays depuis la disparition de 43 étudiants, probablement massacrés selon les autorités, en septembre dans le sud du Mexique.

Les experts préviennent cependant que la capture de capos ne signifie pas la fin du trafic de drogue ou de la violence et que cela peut parfois même favoriser la création de groupes criminels plus petits mais plus agressifs.

«Avec Omar Treviño, le dernier des leaders solides au sein des Zetas est neutralisé», a dit à l'AFP Mike Vigil, un responsable à la retraite des opérations internationales de la DEA, l'organisme de lutte contre la drogue des États-Unis.

«Je pense que les Zetas vont se retrouver avec un très grand vide en termes de leadership. Le grand problème cependant, c'est que maintenant, si les Zetas se scindent en plusieurs organisations, alors cela peut mener à des violences liées à la concurrence interne», selon lui.

Frères sanguinaires 

Alias «Z-42», Omar Treviño, 41 ans, avait pris la place de son frère «Z-40» après l'arrestation de celui-ci en juillet 2013.

Il est considéré comme «un des criminels les plus dangereux et sanguinaires» du Mexique, a dit Tomas Zeron, directeur des enquêtes criminelles, durant la présentation d'Omar Treviño à l'aéroport de Mexico, pour son transfert d'un avion des forces aériennes vers un véhicule blindé.

Monte Alejandro Rubido, commissaire national à la Sécurité, a rappelé le bilan des crimes les plus brutaux attribués aux Zetas, notamment le massacre de 72 migrants latinoaméricains dans un ranch de San Fernando, dans le nord-ouest du Mexique en août 2010 et l'incendie d'un casino de Monterrey qui fit 52 morts en mai 2011.

Les autorités mexicaines avaient mis sa tête à prix près de deux millions de dollars, et les États-Unis offraient de leur côté cinq millions.

Les Zetas, une bande criminelle fondée par des déserteurs des forces d'élite de l'armée, agissent principalement dans l'est du Mexique et se consacrent au trafic de drogue, mais également à la traite de migrants, de plus victimes de leur part d'extorsion, tentant de rejoindre les États-Unis.

Connu pour ses méthodes brutales, notamment les décapitations, ce groupe se trouve actuellement affaibli par la violente lutte qui l'oppose depuis 2010 à ses ex-alliés du cartel du Golfe et par l'arrestation de ses principaux dirigeants au cours des trois dernières années.

Ces dernières semaines, l'État du Tamaulipas, dans le nord-est du Mexique, a connu une poussée de violences, attribuée en partie à cette rivalité entre les deux groupes criminels.

Le 13 juillet 2013, des éléments de la Marine avaient capturé «Z-40», Miguel Angel Treviño, qui avait pris la tête de l'organisation après que des militaires eurent abattu Heriberto Lazcano, alias «El Lazca», l'un des fondateurs de l'organisation, qu'il dirigeait à cette époque.

Comme son frère, Omar n'était pas lui-même un ancien soldat, mais les frères Treviño avaient réussi à gagner une place prééminente au sein du cartel paramilitaire.

Selon les autorités américaines, Omar Treviño est responsable de plusieurs enlèvements et meurtres dans la ville frontalière de Nuevo Laredo entre 2005 et 2006 et était un important fournisseur de cocaïne aux États-Unis.

En 2010, Omar avait indiqué à un informateur qu'il avait tué plus de 1000 personnes et son frère Miguel 2000, selon une déposition recueillie par un tribunal américain dans une affaire impliquant un autre frère Treviño.

Omar n'était pas «aussi craint que son frère, mais il était capable de garder le contrôle parce qu'il était respecté, et qu'on savait que Miguel Treviño exerçait toujours une certaine influence bien qu'il soit en prison», selon M. Vigil.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer