Mexico légalise les milices du Michoacán

Les milices d'autodéfense du Michoacán comptent aujourd'hui quelque 20 000... (PHOTO JORGE DAN LOPEZ, ARCHIVES REUTERS)

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Les milices d'autodéfense du Michoacán comptent aujourd'hui quelque 20 000 membres selon leurs propres estimations.

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Leticia PINEDA
Agence France-Presse
Mexico

Le gouvernement mexicain a commencé à mettre en oeuvre la «légalisation» des milices d'autodéfense de l'État du Michoacán, dans l'ouest du pays, tout en faisant la chasse aux éléments armés par les narcotrafiquants.

Depuis l'accord passé la semaine dernière entre les autorités et les milices d'autodéfense, des militaires sillonnent la zone de Tierre Caliente, la région du Michoacán la plus touchée par la violence, pour procéder à l'enregistrement des miliciens et de leurs armes en vue de leur intégration dans les «groupes de défense ruraux» de l'armée.

Les milices d'autodéfense, qui comptent aujourd'hui quelque 20 000 membres selon leurs propres estimations, enregistrent volontairement des armes comme des AK-47 ou des R-15N, a confirmé à l'AFP Estanislao Beltrán, porte-parole des milices du Michoacán.

Ces milices se sont multipliées depuis février 2013 dans le Michoacán pour pallier les insuffisances des autorités locales et fédérales face aux actions criminelles du principal cartel de la région, les Chevaliers Templiers: racket, enlèvements, assassinats.

«Je fais maintenant partie du 15e corps de cavalerie (de l'armée), j'appartiens à la défense rurale», s'exclame fièrement Estanislao Beltran. Cet entrepreneur agricole dans la soixantaine à l'épaisse barbe blanche dit aujourd'hui faire confiance aux autorités du pays.

Désigné début janvier, le commissaire fédéral pour la sécurité du Michoacán Alfredo Castillo Cervantes a estimé que quelque 600 miliciens avaient été enregistrés en une semaine.

«Nous ne pactisons pas avec des criminels»

Parallèlement, en fin de semaine, le ministre de la Justice, Jesus Murillo Karam, a révélé que deux membres des milices d'autodéfense arrêtés en mars 2013 avaient reconnu avoir reçu des armes du cartel Nouvelle Génération basé dans l'État voisin de Jalisco. Ce groupe est un ennemi déclaré des Templiers.

Cette révélation est intervenue le jour même de l'arrestation lors d'une opération militaire massive de Ruben Oseguera, numéro deux de Nouvelle Génération, et fils de son principal dirigeant, Nemesio Oseguera Cervantes, alias «El Mencho».

La zone frontière entre les États du Jalisco et du Michoacán, est une région clé pour les narcotrafiquants et le lieu d'affrontement entre groupes criminels rivaux: ses montagnes recèlent de plantations de pavot et de cannabis et cachent de nombreux laboratoires de drogue synthétique, comme la métamphétamine. C'est aussi un important lieu de passage de la drogue de la côte Pacifique vers les États-Unis.

En 2013, plus de 60 cadavres y ont été découverts dans des fosses clandestines.

«Nous ne pactisons pas avec les criminels, nous menons une lutte saine et nous ne voulons aucun lien avec un quelconque cartel», assure Estanislao Beltran.

Selon lui, s'il y a des coupables au sein des groupes d'autodéfense, «eh bien, qu'on les punisse».

La capture de Ruben Oseguera de Nouvelle Génération s'est produite quatre jours après l'arrestation de Dionicio Loya Plancarte, alias «El Tío» («L'Oncle»), un des principaux chefs des Chevaliers Templiers.

Avec ces actions contre deux groupes rivaux de la région, le gouvernement «envoie le message qu'il frappe les deux cartels de manière symétrique», relève Raul Benitez Manaut, expert en sécurité de l'Université nationale autonome du Mexique (UNAM).

Ce spécialiste considère qu'avec l'offensive contre les narcotrafiquants à l'ouest du Mexique et la légalisation parallèle des milices d'autodéfense, le gouvernement veut contrôler le mouvement ayant conduit à la multiplication des groupes d'autodéfense.

Mais «y parvenir est autre chose», souligne-t-il à l'AFP.




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