Hugo Chavez ne pourra pas prêter serment jeudi

Une femme passe devant un mur où est... (PHOTO JORGE SILVA, REUTERS)

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Une femme passe devant un mur où est représenté le président vénézuélien Hugo Chavez assis en position zen, avec le mot guérison écrit en dessous, à Caracas, le 7 janvier.

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Agence France-Presse
Caracas

Le régime vénézuélien a révélé que le président vénézuélien Hugo Chavez ne prêtera pas serment le jeudi 10 janvier comme prévu par la Constitution, ouvrant une période d'incertitude pour le pays alors que l'opposition affirme craindre un vide institutionnel à partir de cette date.

C'est le président de l'Assemblée nationale Diosdado Cabello qui a mis un terme au suspense qui planait depuis plusieurs jours autour de la présence ou non du président jeudi devant les députés.

Hospitalisé depuis le 10 décembre pour un cancer à Cuba, le chef de l'État «a demandé d'annoncer que, sur recommandation de son équipe médicale (...), le processus de récupération post-opératoire devra se prolonger au-delà du 10 janvier de l'année en cours, motif pour lequel il ne pourra se présenter à cette date devant l'Assemblée nationale» pour son investiture, a déclaré M. Cabello devant les députés.

En conséquence, et en vertu de l'article 231 de la Constitution, «la prestation de serment aura lieu à une date ultérieure devant le Tribunal suprême de justice», a ajouté le numéro trois du régime en lisant une lettre du vice-président Nicolas Maduro, à qui le président a délégué une partie de ses pouvoirs en son absence.

La Constitution prévoit que le chef de l'État élu doit prêter serment le 10 janvier devant l'Assemblée nationale au cours d'une cérémonie qui doit se dérouler au Venezuela et ne peut être reportée. Mais le gouvernement met en avant le fait que la loi fondamentale dispose aussi que s'il ne peut prêter serment devant les députés, le président peut le faire devant le Tribunal suprême de justice. Et dans ce cas, aucun délai n'est mentionné.

Plus tôt mardi, l'opposition a pris la communauté internationale à témoin en alertant dans une lettre l'Organisation des États américains (OEA) d'un risque de «violation de l'ordre constitutionnel» si le président Chavez, réélu en octobre et hospitalisé depuis le 10 décembre à Cuba, venait à ne pas se présenter jeudi.

Selon l'opposition, la menace d'un vide constitutionnel plane sur le Venezuela alors que le régime de Hugo Chavez martèle depuis plusieurs jours que le président et son gouvernement resteront en fonctions au-delà de la date même si le président n'est pas investi.

«Si la prestation de serment du président n'a pas lieu le 10 janvier et si on n'active pas les dispositions constitutionnelles relatives à la défaillance provisoire du Président de la République, on aura commis une grave violation de l'ordre constitutionnel du Venezuela, qui affectera l'essence de la démocratie», a écrit dans sa lettre la coalition de l'opposition vénézuélienne, la Table de l'unité démocratique (MUD).

Peu après, le chef de file de l'opposition Henrique Capriles a demandé au Tribunal suprême de justice (TSJ) de «se prononcer» sur ce «conflit de nature constitutionnelle». «Il faut qu'il y ait un arbitrage», a-t-il dit devant la presse, alors que cette institution est régulièrement décriée pour sa proximité avec le gouvernement.

«Nous ne sommes pas dans un système cubain» où l'on se passe le pouvoir «d'individu à individu», a-t-il lancé.

Pour l'opposant, «le 10 janvier marque la fin d'un mandat présidentiel et le début d'un autre». «Si le président ne prête pas serment, il cesse d'être président», a-t-il encore assuré.

M. Capriles, battu par Hugo Chavez à la présidentielle du 7 octobre dernier, a par ailleurs demandé aux présidents latino-américains de ne pas «se prêter au jeu» du gouvernement en répondant à son invitation à se rendre au Venezuela jeudi, alors que les chefs d'État bolivien Evo Morales - très proche d'Hugo Chavez - et uruguayen Jose Mujica ont déjà confirmé leur venue.

Lundi, Diosdado Cabello avait évoqué la présence de «nombreux chefs d'État de pays amis» jeudi en marge d'une «grande manifestation» de soutien à Hugo Chavez prévue à Caracas.

Cette manifestation a été qualifiée par M. Capriles de «message terrible, comme s'il s'agissait d'une guerre», assurant qu'il n'allait pas appeler ses partisans à se mobiliser jeudi afin d'éviter toute confrontation.

Hugo Chavez n'est pas apparu en public depuis près de quatre semaines. Les dernières images du président ont été tournées à son départ vers Cuba pour y être opéré une quatrième fois d'un cancer dans la zone pelvienne diagnostiqué en juin 2011. La nature et la localisation exactes de ce cancer sont tenues secrètes par les autorités.

Le gouvernement a annoncé lundi qu'il se trouvait dans un état «stable» et qu'il «assimile son traitement» après avoir été victime d'une grave infection pulmonaire, sans donner plus de précisions.

La porte-parole du département d'État Victoria Nuland a déclaré mardi que Washington était «inquiet pour sa santé» et exprimé les souhaits de «prompt rétablissement» des États-Unis, qui  entretiennent des relations très tendues avec Caracas.

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