Ouganda: un roi inculpé de meurtre après des combats ayant fait 87 morts

Un policier prend une photo du roi du... (photo James Akena, REUTERS)

Agrandir

Un policier prend une photo du roi du Rwenzururu, Charles Wesley Mumbere, lors de son arrestation près de la localité de Kasese, le 29 novembre.

photo James Akena, REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Grace Matsiko, Grace MATSIKO
Agence France-Presse
KAMPALA

Un monarque local de l'ouest de l'Ouganda, accusé de soutenir une rébellion séparatiste, a été inculpé de meurtre mardi pour les combats ayant éclaté au cours du week-end entre les forces de sécurité et ses gardes royaux, affrontements dont le bilan est désormais de 87 morts.

Interpellé dimanche après la prise de son palais par la police, le roi du Rwenzururu, Charles Wesley Mumbere, qui nie tout lien avec une milice séparatiste, a comparu devant un tribunal de Jinja, dans l'est du pays.

« Le tribunal a siégé cet après-midi, il (Mumbere) a été inculpé de meurtre », a déclaré à l'AFP Solomon Muyita, porte-parole de la justice ougandaise. Le souverain a ensuite été transféré dans la prison à haute sécurité de Luzira, en périphérie de la capitale, Kampala.

Selon la police, les combats ont éclaté samedi à Kasese (ouest) lorsque des policiers ont été attaqués par des gardes du roi qui, d'après elle, font partie d'une milice liée à un mouvement prônant la création d'une « république de Yiira » sur la zone frontalière entre l'ouest de l'Ouganda et une partie du Nord-Kivu, en RD Congo.

Les combats s'étaient poursuivis dimanche matin dans certains quartiers de Kasese, puis s'étaient étendus en dehors de la ville, et avaient pris fin lorsque la police avait pris d'assaut dimanche le palais du roi.

La police ougandaise a annoncé mardi avoir retrouvé 25 corps supplémentaires lundi dans deux localités rurales proches de Kasese. « Nous ne savons pas si ce sont des corps de gardes royaux ou de civils tués samedi et dimanche », a déclaré à l'AFP Sam Odong, commandant de la police du district de Kasese, excluant qu'il s'agisse de policiers.

Le bilan officiel est désormais d'au moins 87 morts. Les autorités avaient précédemment fourni un bilan de 62 morts : 16 policiers et 46 gardes royaux. 139 gardes royaux avaient été arrêtés lors des troubles.

Possibles exécutions sommaires et extrajudiciaires

Appelant à une enquête transparente, les organisations de défense des droits de l'homme avaient dénoncé lundi de possibles exécutions sommaires et extrajudiciaires.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole du royaume de Rwezururu, Clarence Bwambale, a assuré que le palais avait été « saccagé ».

« Nous n'avons pas le nombre de personnes tuées dans nos rangs parce qu'on nous a interdit l'accès au palais (...), mais nous avons perdu beaucoup de monde », a-t-il précisé. Il ne s'est pas prononcé sur la responsabilité des combats et indiqué que le royaume, en tant qu'institution, « n'est pas prêt pour une déclaration ».

Parallèlement, une amnistie a été décrétée par le président ougandais Yoweri Museveni pour tous les gardes royaux qui se rendraient à partir de mercredi aux autorités.

Appel à la reddition des gardes royaux

Clarence Bwambale a d'ailleurs appelé les gardes royaux en fuite à se rendre. « Nous souhaitons vous voir vivants, les héros sont ceux qui vivent », a-t-il déclaré. « Nous ne voulons plus de bain de sang ».

Le royaume du Rwenzururu est une monarchie traditionnelle, près des monts Rwenzori, à cheval sur la frontière entre l'Ouganda et la RD Congo, dont les membres sont de l'ethnie bakonzo, présente dans les deux pays.

La monarchie s'est transformée en mouvement séparatiste lorsque les Bakonzo ont proclamé leur royaume en 1962. Les troubles ont pris fin en 1982 avec le dépôt des armes par les militants séparatistes en échange d'une autonomie locale.

Yoweri Museveni a officiellement reconnu le royaume en 2009, mais le conflit ethnique et politique a continué, nourri d'un sentiment de déclassement des populations locales. Depuis 2014, la population locale a mené quelques attaques contre les forces de police.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer