Afrique du Sud: les étudiants font plier le président Zuma

Un étudiant brandit une pancarte où l'on peut... (PHOTO MARCO LONGARI, AFP)

Agrandir

Un étudiant brandit une pancarte où l'on peut lire: «Zuma doit tomber», lors d'une manifestation devant les quartiers généraux du parti présidentiel (l'ANC), à Johannesburg, le 22 octobre.

PHOTO MARCO LONGARI, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Stephanie FINDLAY
Agence France-Presse
PRETORIA

Les étudiants sud-africains ont obtenu vendredi du gouvernement l'annulation de l'augmentation de leurs frais de scolarité pour l'année 2016 après plusieurs jours de manifestations qui ont paralysé le fonctionnement des universités dans tout le pays.

Un étudiant s'accroche à un camion policier muni... (PHOTO SIPHIWE SIBEKO, REUTERS) - image 1.0

Agrandir

Un étudiant s'accroche à un camion policier muni d'un canon à eau, lors d'une manifestation devant le siège du gouvernement à Pretoria, le 23 octobre. 

PHOTO SIPHIWE SIBEKO, REUTERS

Dans une allocution télévisée, vendredi après-midi, le Président Jacob Zuma a annoncé qu'il n'y aurait «aucune augmentation des frais de scolarité en 2016», à l'issue d'une réunion avec les leaders de la contestation et les dirigeants des universités.

«Les discussions se poursuivront sur des problèmes plus larges que les frais de scolarité. De nombreux problèmes ont été soulevés et devront être suivis, comme l'éducation gratuite, l'indépendance des universités et le racisme», a-t-il poursuivi.

«J'espère que les frais vont diminuer jusqu'à ce que l'éducation soit gratuite, ce n'est qu'une première étape», a réagi Citizen Mbatha, un étudiant de 22 ans.

Le Président devait s'adresser directement à la foule, mais le rassemblement a dégénéré lorsque quelques étudiants parmi les milliers qui manifestaient devant le siège du gouvernement où se tenait la réunion ont jeté des pierres sur la police et brûlé des toilettes mobiles.

La police a dispersé les fauteurs de troubles avec des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes.

Après le discours, malgré la joie suscitée par l'annonce, le chaos régnait devant le siège du gouvernement, les étudiants étant littéralement chassés par la police à coups de flashball (lanceur de balles de défense) et de gaz lacrymogènes.

«Ce n'est vraiment pas juste, pourquoi la police nous tire dessus? Je ne me sens pas en sécurité alors que je me bats pour mes droits», explique Citizen Mbatha.

«Je n'ai jamais été violent, jamais lancé une seule pierre. Ce que je veux c'est aller étudier, l'éducation est la clé», affirmait de son côté Phineas Masigo, un étudiant en sciences de 24 ans qui manifeste depuis trois jours.

Des milliers d'étudiants manifestaient devant l'Union Buildings, où... (PHOTO SIPHIWE SIBEKO, REUTERS) - image 2.0

Agrandir

Des milliers d'étudiants manifestaient devant l'Union Buildings, où siège le gouvernement sud-africain, à Pretoria, le 23 octobre.  

PHOTO SIPHIWE SIBEKO, REUTERS

«Former les leaders de demain»

Dans la matinée, les manifestants des différentes universités de Pretoria et Johannesburg avaient défilé sans incident dans les rues de la capitale sud-africaine pour rejoindre Union Buildings, où la présence policière avait été renforcée.

«Les gens doivent savoir que nous nous battons pour nos droits, pour une éducation gratuite», avait expliqué Nosi Makab, 20 ans, étudiant dans la capitale sud-africaine.

«L'Afrique du Sud doit investir davantage dans l'éducation pour former ses leaders de demain», avait déclaré Kgotsi Genge, un étudiant de 22 ans de l'Université de Pretoria.

Mercredi, des heurts entre étudiants et policiers anti-émeutes avaient éclaté devant le Parlement sud-africain au Cap. La police avait déjà dispersé les manifestants à coups de grenades assourdissantes.

Les étudiants ont commencé à manifester la semaine dernière pour protester à travers tout le pays contre l'augmentation des frais de scolarité qui empêchera, selon eux, les plus pauvres d'accéder à l'enseignement supérieur.

Ils dénoncent plus généralement le manque d'opportunités dans un pays où la moitié des jeunes est au chômage.

L'augmentation des frais de scolarité prévue était variable selon les universités : au Witwatersrand à Johannesburg, 10,5 % d'augmentation étaient par exemple prévus alors que l'année universitaire coûte entre 29 620 rands (environ 2890 $) et 58 140 rands (environ 5670 $), sans compter le logement ou les fournitures.

Ces sommes rendent les universités inaccessibles pour une majorité de Sud-Africains : le revenu mensuel moyen d'un salarié ne dépasse pas 14 700 rands (environ 1435 $) et plus d'un quart de la population est sans emploi.

Les manifestations estudiantines ont une forte résonance en Afrique du Sud où les émeutes de Soweto contre l'enseignement en afrikaans avaient été brutalement réprimées par le gouvernement de l'apartheid en 1976.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer