Quand l'Afrique brise les stéréotypes

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L'Afrique n'est pas que guerre et pauvreté. Las de voir ces stéréotypes perdurer, des internautes africains s'emploient depuis quelques mois à révéler au monde «l'Afrique que les médias ne vous montrent jamais». Et ce n'est pas la première campagne populaire sur les réseaux sociaux en provenance d'Afrique. Survol de cinq sujets tendance récents.

#TheAfricaTheMediaNeverShowsYou [L'Afrique que les médias ne vous montrent jamais]

Paysages époustouflants, gens heureux et initiatives fructueuses défilent par milliers sur Twitter depuis le mois de juin. Lancé par une étudiante américano-somalienne de 22 ans, le mot-clic #TheAfricaTheMediaNeverShowsYou se voulait une réponse aux clichés qui projettent une image négative de l'Afrique. Il démontre aussi que le continent est aujourd'hui très connecté, notamment grâce à l'explosion des téléphones cellulaires au cours de la dernière décennie et, plus récemment, des téléphones intelligents. «Ce que les médias sociaux ont permis d'établir, c'est une conversation transcontinentale», affirme Daudi Were de la firme kényane Ushahidi, dont le nom signifie «témoignage», en swahili. L'entreprise spécialisée dans les nouvelles technologies est née au moment des violences postélectorales de 2008, au Kenya, qu'elle avait cartographiées.

Congo Désir

À un peu plus d'un an des élections présidentielle et législatives en République démocratique du Congo, le parti Démocratie chrétienne a lancé hier la campagne Congo Désir sur les réseaux sociaux. Le mot-clic a rapidement pris pour cible l'actuel président Joseph Kabila, arrivé au pouvoir en 2001 après l'assassinat de son père, qui semble vouloir modifier la constitution du pays afin de solliciter un troisième mandat. «La technologie commence à mettre à l'avant-plan les grandes questions, les grands problèmes sociaux, et là, on va voir le véritable impact que ça aura, affirme Daudi Were. C'est en train de se produire, on est au début de l'histoire», ajoute-t-il, évoquant les crises burundaise et sud-soudanaise, dans lesquelles les réseaux sociaux ont joué un grand rôle.

#BringBackOurGirls [Ramenez nos filles]

L'enlèvement de 276 adolescentes par le groupe terroriste Boko Haram en avril 2014 à Chibok, au Nigeria, avait donné lieu à l'un des plus importants mots-clics venus d'Afrique: #BringBackOurGirls, campagne qui encore aujourd'hui fait pression sur les autorités nigérianes. Les Africains «revendiquent une transparence accrue» et remettent en question «la façon dont ils sont dirigés», estime Robert Watkinson, associé chez Portland. La firme réalise tous les deux ans depuis 2012 l'étude How Africa Tweets («Comment gazouille l'Afrique»). Selon lui, l'utilisation des médias sociaux en Afrique subsaharienne s'inspire «de ce qui est survenu lors du Printemps arabe».

#AfricaStopEbola [Afrique, stoppe Ebola]

Les médias sociaux ont également été mis à contribution pour combattre l'épidémie d'Ebola, qui a éclaté en Afrique de l'Ouest il y a plus d'un an et demi. La campagne #AfricaStopEbola («Afrique, stoppe Ebola») a notamment fait appel à des artistes de renom pour faire de la sensibilisation auprès de la population, notamment au moyen d'une chanson, mais aussi pour amasser des fonds servant à financer l'organisation Médecins sans frontières, sur la ligne de front de la guerre contre le virus mortel. Cette campagne, bien qu'humanitaire, témoigne d'une «transformation majeure des mots-clics», qui sont maintenant «clairement utilisés pour des campagnes politiques et des campagnes commerciales», relève Robert Watkinson.

#MyRoadIsWorseThanYours [Ma route est pire que la tienne]

Comme en Occident, les réseaux sociaux en Afrique génèrent aussi leur lot de railleries. Le mot-clic #MyRoadIsWorseThanYours a fait fureur l'an dernier au Nigeria, prenant des allures de concours pour trouver la route la moins bien entretenue du pays. Or, la chose n'est pas aussi anodine qu'il n'y paraît, les médias sociaux ayant dans certains pays d'Afrique «brisé les barrières entre les dirigeants, qui étaient auparavant inaccessibles, et les citoyens», souligne Daudi Were. Robert Watkinson ajoute que les médias sociaux sont maintenant parfois utilisés pour «des campagnes locales axées sur des enjeux précis», ce qui se traduit par «une utilisation beaucoup plus sophistiquée de Twitter».

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